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Le Message Islam
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30 novembre 2014

Les trois Compagnons qui restèrent en arrière lors de l’expédition de Tabuk

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Voici un récit de gens qui étaient sincères avec Allah, et qu’Allah عز و جل a crus, dont Il a accepté le repentir et dont Il a pardonné tous les péchés.

L’histoire des trois Compagnons qui restèrent en arrière lors de l’expédition de Tabuk.

 

Ka’b Ibn Mâlik رضي الله عنه a dit :

Je n’ai faussé compagnie au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dans aucune de ses campagnes sauf dans celle de Tabûk.
Je n’ai pas participé à la bataille de Badr et, néanmoins, aucun de ceux qui s’en étaient absentés ne reçut pour cette raison de reproche.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم n’était alors sorti avec les musulmans qu’à la recherche de la caravane (commerciale) de Quraysh, jusqu’à ce qu’Allah les mît face à leur ennemi, sans préavis. Mais j’étais présent avec le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم durant la nuit d’Al-Aqaba où nous avons scellé notre pacte sur l’Islam.
Et je ne voudrais pas échanger un tel honneur en contrepartie de ma participation à la bataille de Badr, bien que les gens la mentionnent plus souvent que le pacte d’Al-Aqaba en question.

En ce qui concerne l’histoire de ma défection de l’expédition de Tabûk, je n’ai jamais été aussi fort ni aussi riche que lorsque j’y fis défaut. Par Allah, je n’avais jamais réussi à avoir deux montures à la fois avant cela ; par contre, cette-fois-là, j’avais réussi à les posséder.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم entreprit cette expédition dans la période de très fortes chaleurs. Il se préparait pour un long voyage dans un immense pays désertique et aride. Il devait rencontrer également un grand nombre d’ennemis.
Aussi, cette fois-ci, Il informa les musulmans de leur destination afin qu’ils prennent leurs dispositions. Les musulmans étaient nombreux avec le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 sauf qu’il n’existait aucun registre qui les mentionnent.

Ka’b poursuit en disant :

Celui qui voulait s’absenter avait la certitude de passer inaperçu, à moins qu’Allah exalté ne fasse une révélation coranique à son sujet. Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم entreprit cette expédition lorsque les fruits et l’ombre étaient bien tentantes.
Et en effet, j’avais envie de profiter de ces fruits et de cette ombre.
Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 s’était préparé ainsi que les musulmans avec lui. Quand à moi, je sortais chaque jour pour m’équiper mais je rentrais sans n’avoir rien fait, me disant à chaque fois que je pourrais le faire l’heure venue.

Cette situation dura à tel point que les musulmans s’étaient déjà sérieusement équipés et, le lendemain matin, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 prit la route et les musulmans avec lui, alors que je n’avais toujours rien préparé. Puis je continuais à sortir de chez moi et je rentrais également sans avoir rien fait ; cela dura jusqu’à ce qu’ils eurent pris une grande avance sur moi.
Et puis, je voulus partir les rattraper -si seulement je l’avais fait- mais tel ne fut pas mon destin. Après le départ du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
, lorsque je sortais de chez moi, cela me mettait en peine de me voir semblable à une personne connue pour son hypocrisie, ou à une personne qu’Allah avait exempté pour cause de maladie ou de vieillesse.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 ne se rappela de moi qu’à son arrivée à Tabûk. Il dit aux gens alors qu’Il était assis parmi eux : « Qu’a donc fait Ka’b ibn Mâlik ? » 

Un homme de la tribu des Banû Salamâ dit :

« Ô Messager d’Allah ! Ce qui l’a retenu, c’est la beauté de ses habits et sa vanité. »

Alors Mu’âdh ibn Jabal رضي الله عنه lui dit :

« C’est mal ce que tu viens de dire là ! Ô Messager d’Allah ! Je jure par Allah, nous ne connaissons de lui que du bien. »

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ne dit rien. Dans ces entre-faits, Il vit à l’horizon un homme portant des habits blancs s’avançant dans le mirage.
Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 dit :

« Sois Abû Khaythama ! »

et ce fut effectivement Abû Khaythama Al-Ansârî, celui qui avait fait l’aumône de quelques poignées de dattes et dont les hypocrites s’étaient moqués.

Ka’b poursuivit son récit :

Lorsque j’appris que le Messager d’Allah était sur le chemin du retour de l’expédition de Tabûk, un grand chagrin me prit et je songeait à trouver quelque mensonge pour me tirer d’affaire, en disant à moi-même :

« Comment pourrai-je bien échapper à sa colère demain ? »

et je pris pour cela conseil auprès des gens avisés de ma famille.

Et lorsque l’on m’annonça l’arrivée imminente du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم, toute idée de mensonge se dissipa de mon esprit à tel point que je savais que rien ne pourrait m’épargner son courroux.
Alors, je me décidai à lui dire la vérité.

Le lendemain matin, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم arriva, et il avait l’habitude quand Il rentrait d’un voyage de commencer par la mosquée pour y prier deux Rak’ât et puis de s’asseoir pour accueillir les gens.
Dès qu’il eut fini sa prière, ceux qui n’avaient pas participé à l’expédition vinrent à lui pour lui présenter leurs excuses et jurer de leur bonne foi. Ils étaient un peu plus de quatre-vingt hommes.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم accepta d’eux leur état apparent et leur serment d’allégeance et implora pour eux le pardon d’Allah, tout en confiant à Allah le soin de les juger pour leurs sentiments cachés.
C’est alors que j’arrivai et lorsque je le saluai, Il me sourit avec le sourire d’un homme irrité, puis il me dit :

« viens ici ! »

Je m’avançai donc jusqu’à m’assoir devant lui. Il me dit :

« Qu’est ce qui t’a retenu ? n’avais-tu pas acheté ta monture ? »

Je dis :

« Ô Messager d’Allah ! Par Allah, si je me trouvais en présence d’une autre personne que toi parmi tous les habitants de ce monde, j’échapperais certainement à sa colère par quelque excuse car effectivement, je suis un bon polémiste. 
Mais par Allah, je sais bien que si je te raconte aujourd’hui un mensonge pour obtenir ta satisfaction, Allah attirerait certes, sur moi ta colère.
Par contre, si je te dis la vérité qui engendrera ton courroux contre moi, je pourrai espérer par là une fin heureuse de la part d’Allah (exalté soit-il).
Par Allah, je n’ai aucune excuse et je n’ai jamais été aussi fort, ni aussi aisé qu’au moment où je suis resté en arrière sans participer à l’expédition. »

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dit :

« Quand à celui-là, il a dit la vérité. Lève-toi, et attends qu’Allah décide à ton sujet ce qu’Il voudra »

Je sortis et des hommes de la tribu des Banû Salama me suivirent et me dirent :

« Par Allah, nous n’avons jamais appris que tu avais commis de péché avant celui-là. Or, tu aurais pu t’excuser auprès du Messager d’Allah comme l’avaient fait ceux qui ont manqué à l’appel. 
Il t’aurait amplement suffi que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 demande le pardon [d'Allah] pour ton péché. »
Il dit :
Par Allah, Ils ne cessèrent de me faire des reproches jusqu’à ce que j’eus envie de retourner auprès du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 pour revenir sur mes premières paroles.

Puis je leur demandai :

« Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre que moi qui se trouve dans mon cas ? »

Ils dirent :

« Oui, il y a deux hommes qui tinrent les mêmes propos que toi et ont eu la même réponse. »

Je dis :

« Qui sont-ils ? »

Ils dirent :

« Marâra ibn Ar-RabîaAL-Âmirî et Hilâl ibn Umayya Al-Wâqifi. »

Il dit :

Ils m’ont cité deux hommes vertueux qui avaient participé à la bataille de Badr et qui étaient dignes d’être pris en exemple. Et quand on me les cita, je m’en allai.

Il continua son récit :

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم avait ordonné aux musulmans de ne plus adresser la parole à aucun des trois de ceux qui étaient restés en arrière.
Les gens nous évitaient et ils changèrent leur attitude envers nous à tel point que la terre elle-même ne m’était plus reconnaissable. Nous restâmes dans cet état cinquante nuits.

Quand à mes deux compagnons, ils se résignèrent à leur sort, gardèrent leurs maisons et passaient leur temps à pleurer. En ce qui me concerne, j’étais le plus jeune et le plus énergique des trois. 
Je sortais pour faire la prière avec les musulmans et je me promenais dans les marchés ; cependant, personne ne m’adressait la parole. Et j’allais souvent trouver le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
, je le saluai quand il était assis après la prière.

Je me demandais en moi-même :

« Est-ce qu’il avait bien remué les lèvres pour répondre au salut ou non ? 
Puis je priais tout près de lui pour le dérober du regard. Quand je me concentrais dans ma prière, il me regardait et quand je me tournais vers lui, il se détournait de moi. »

Quand l’éloignement des musulmans dura trop longtemps pour moi, je marchai jusqu’à ce que j’escaladai le mur du jardin d’Abû Qatâda. 
Il était mon cousin et l’un de mes plus chers ami. Je le saluai. Par Allah, il n’avait même pas pris la peine de me rendre le salut.

Je lui dis :

« Ô Abû Qatada ! Je te conjure au nom d’Allah, ne sais-tu pas que j’aime Allah et Son Messager. »

Il se tut. Je revins de nouveau en lui posant la même question et il se tut également. J’insistai encore une fois,

Il me dit alors :

« Allah et Son Messager le savent mieux que moi ».

Mes yeux fondirent en larmes et je m’en allai en escaladant à nouveau le mur. Pendant que je traversai le marché de Médine, un Nabatéen (paysan) de Syrie parmi ceux venus vendre des vivres, se mit à demander aux gens :

« Qui peut me montrer où se trouve Ka’b ibn Mâlik ? »

Aussitôt que les gens me désignèrent à lui, il s’avança vers moi et me remit une lettre du roi de Ghassân. Je savais lire et je lus cette lettre.

Elle contenait les propos suivant :

« Soit, nous avons eu connaissance que ton compagnon s’est détourné de toi, alors qu’Allah ne t’a jamais placé dans une position d’abandon ou d’humiliation. Rejoins-nous donc et nous te consolerons. »

Je dis :

« Ceci est encore l’une de ces nombreuses épreuves que me touchent. »

Et je jetai la lettre dans le four à pain. Ainsi quarante jours sur les cinquante étaient déjà passés, et la révélation d’Allah tardait à venir.

C’est alors qu’un émissaire du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم vint me dire :

« Le Messager d’Allah t’ordonne de te séparer de ta femme. »

« Dois-je la répudier, ou que dois-je faire ? » lui dis-je.

Il dit :

« Non, mais isole-toi d’elle et ne l’approche plus. »

Il envoya le même message à mes deux compagnons.

Je dis à ma femme :

« Rejoins ta famille et reste chez eux jusqu’à ce qu’Allah prononce Son jugement dans cette affaire. »

La femme de Hilâl ibn Umayya vint au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلمet lui dit :

« Ô Messager d’Allah ! Hilâl ibn Umayya est un vieillard fatigué ne possédant aucun domestique. Te déplairait-il que je continue à le servir ? »

Il dit :

« Non, mais qu’il ne t’approche pas. »

Elle dit :

« Par Allah, il n’a envie de rien et par Allah, il n’a pas cessé de pleurer depuis le début de cette affaire jusqu’à ce jour. »

Certains membre de ma famille me dirent :

« Pourquoi ne demandes-tu pas au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم la permission de garder ta femme étant donné qu’il a autorisé la femme de hilâl ibn umayya de le servir ? »

Je dis :

« Je ne demanderai nullement la permission au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم de la garder et comment me répondra t-il si je lui demande cette permission alors que je suis un homme jeune et fort ? »

Je restai comme cela durant dix nuit, et ainsi s’achevèrent les cinquante nuits au cours desquelles il était interdit de nous parler. 
Puis je fis la prière de l’aube de la cinquantième nuit sur le toit de l’une de nos demeures. Alors que je me sentais oppressé tel qu’Allah l’a décrit dans son livre :

« …Si bien que toute vaste qu’elle fût, la terre leur paraissait exiguë… »

 (Le repentir, v118)

 

J’entendis la voix de quelqu’un qui criait du sommet du mont Sala’ d’une voix très forte :

« Ô Ka’b inb Mâlik ! réjouis-toi de la bonne nouvelle ! »

Je me jetai en prosternation sachant que l’heure de la délivrance était venue. Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم avait annoncé lors de la prière de l’aube qu’Allah (béni soit-Il), avait bel et bien agréé notre repentir.

Les hommes partirent pour nous annoncer la bonne nouvelle ; un groupe de gens alla l’annoncer à mes deux compagnons tandis qu’un cavalier se lançait à ma rencontre au galop. 
Un autre homme de la tribu d’Aslam se dirigea à toute vitesse vers moi, gagna le mont et sa voix fut plus rapide que le cheval. Lorsque vint à moi celui dont j’avais entendu la voix annonciatrice de bonne nouvelle, je lui donnai les deux tuniques que je portai, en remerciement.

Par Allah, je ne possédais que celles-là ce jour-là. Je dus emprunter deux vêtements pour me couvrir. Dès lors, je partis voir le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم.

Cependant, les gens m’accueillaient par groupes pour me féliciter du repentir et me disaient :

« Réjouis-toi qu’Allah a accepté ton repentir. »

Finalement, j’entrai à la mosquée ; le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم y était assis au milieu des gens. Talha ibn ubaydillah رضي الله عنه se leva et se précipita à ma rencontre.
Il me serra la main et me félicita. Par Allah, aucune autre personne parmi les Muhâjirîn ne se leva pour se porter à ma rencontre sauf lui. Je n’ai jamais oublié ce geste amical de Talha.

Ka’b dit :

Aussitôt que j’eus salué le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم, son visage rayonnait de joie.

Il me dit :

« Réjouis-toi du plus beau jour que ta as passé depuis que ta mère t’a enfanté ! »

Je dis :

« Ce pardon provient-il de toi, ô Messager d’Allah ou est -il de la par d’Allah ? »

Il dit :

« Plutôt de la part d’Allah. »

Et nous savions bien que lorsque le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم était content son visage s’illuminait comme une face de la lune dans son éclat.

Et une fois assis devant lui, je lui dis :

« Ô Messager d’Allah ! Mon repentir m’incite à faire l’aumoône de tout ce que je possède pour Allah et son Messager. »

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dit :

« Garde une partie de tes biens, cela est préférable pour toi. »

Je dis :

« Je garde donc ma part de butin de Khaybar. »

Je dis ensuite :

« Ô Messager d’Allah ! Allah exalté m’a sauvé par ma sincérité, et comme preuve de mon repentir, dorénavant, je ne dirai plus que la vérité jusqu’à la fin de mes jours. »

Par Allah, je n’ai connu jusqu’à ce jour, aucun musulman auquel Allah ait accordé la grâce d’être plus sincère que moi depuis que j’ai dit cela au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم, et je n’ai jamais eu l’intention de dire des mensonges, et j’espère qu’Allah me préservera pour les jours qui me restent à vivre.

Il dit :

Allah exalté fit alors descendre ces versets :

« Allah a agréé le repentir du Prophète, des Muhâjrîn et des Ansâr qui l’ont suivi dans les moments difficiles après que les coeurs d’un groupe d’entre eux étaient sur le point de dévier. Puis Il accueillit leur repentir car Il est Compatissant et Miséricordieux à leur égard. Et les trois qui avaient été laissés de côté, si bien que toute vaste qu’elle fût, la terre paraissait exiguë, ils se sentaient à l’étroit… »

 

Jusqu’à ce qu’il arrivât à ces paroles :

« Ô vous qui avez cru ! Craignez pieusement Allah et soyez avec les véridiques. »

 (Le repentir, v 117-119)

 

Ka’b dit :

« Par Allah, je n’ai jamais reçu d’Allah une plus grande grâce qu’il m’ait guidé vers l’Islam, que celle d’avoir été sincère avec le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم et de ne pas lui avoir dit de mensonges qui auraient causé ma perte comme cela s’est produit avec ceux qui avaient menti. »

Allah exalté a révélé à propos de ceux qui avaient menti, la chose la plus dure qu’Il ait dite à propos de que quelqu’un :

« Ils vous ferons des serments par Allah, quand vous rentrerez vers eux afin que vous les excusiez. Détournez-vous d’eux car ils sont une impureté et leur refuge est l’Enfer, en rétribution de ce qu’ils acquéraient. Ils vous font des serments pour que vous les agréiez ; même si vous les agréez, Allah n’agrée pas les gens pervers. »

 

(Le repentir, v95-96)

 

Ka’b dit :

« Nous étions nous les trois mis à l’écart de ceux qui avaient juré de leur sincérité au Messager d’Allah , lequel accepta leurs excuses et leur serment d’allégeance et pria pour leur pardon. 
Quand à nous, il avait laissé notre cas en suspens jusqu’à ce qu’Allah décidât de notre sort. »

Allah exalté avait alors dit :

« Et [Il accueillit le repentir] des trois qui avaient été laissés de côté… »

(Le repentir, v118)

 

Le verset ne signifie pas que nous étions resté en arrière lors de l’expédition de Tabûk, mais que nous avions été laissés de côté par rapport à ceux qui avaient faussement juré de leur sincérité.

 

(Bukhari,Muslim)

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30 novembre 2014

Uthmân Ibn Mad’ûn رضي الله عنه

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

‘Uthmân Ibn Mad’ûn était parmi les tous premiers convertis à l’Islam. D’une nature calme et austère, il avait un penchant marqué pour la vie ascétique. Il abhorrait, depuis sa plus tendre enfance, l’esprit libertin et obscurantiste de ses concitoyens et semblait toujours à la recherche d’une voie susceptible de le mener vers la Vérité. L’élan de son âme vers la révélation coranique fut donc des plus naturels dès lors qu’il avait trouvé la réponse à tous ses questionnements existentiels.

 

En effet, dès le moment où les lueurs de la Révélation commencèrent à poindre, illuminant les cœurs des chercheurs de Dieu, ‘Uthmân Ibn Mad’ûn n’hésita pas à aller rejoindre le groupe des disciples de Mohammed صلى الله عليه و سلم, les « compagnons » comme il sera d’usage de les appeler. Il deviendra ainsi un des habitués de la demeure  d’Al-Arqam, lieu où le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلمtransmettait et expliquait les versets révélés. Comme tous les musulmans faibles et sans défense, il sera la victime des persécutions et des exactions des païens qui s’acharnèrent sur lui. Il fera donc partie de ceux qui émigreront en Abyssinie pour échapper aux persécutions des qurayshites. Il y sera lors de la première et de la deuxième émigration en compagnie de son fils As-sayb. En Abyssinie, il gardera toujours sa foi en l’unicité de Dieu et la mission prophétique de Mohammed صلى الله عليه و سلم. Il restera fidèle au message en qui il avait trouvé paix spirituelle et sérénité.

 

Et les mois passèrent. ‘Uthmân et ses compagnons d’exil attendaient avec impatience le jour où ils pourraient revenir chez eux. Un jour, une rumeur parvint à nos exilés disant que la Mecque s’était convertie à l’Islam et que les qurayshites avaient fini par se prosterner devant le Dieu unique. Ce fut la joie chez Ibn Mad’ûn et ses compagnons, heureux d’entendre une telle nouvelle. Ils firent leurs adieux à l’accueillante et tolérante Abyssinie et reprirent le chemin du retour. Or, une déception les attendait. La conversion des qurayshites n’était qu’une rumeur sans fondement. La Mecque, du moins une grande partie de sa population, restait hostile au Message du Prophète صلى الله عليه و سلم. Il ne leur restait plus que la vieille pratique arabe du jiwâr, le droit de protection à un homme menacé ou traqué. Celui qui jouissait de ce droit de la part d’un noble était immunisé contre toute poursuite ou violence. Seuls, quelques exilés pouvaient se permettre ce privilège. Ibn Mad’ûn était de ceux-là. Il se mit sous la protection du chef qurayshite Al-Walîd Ibn Al-Mughîra et put, de ce fait, entrer librement à la Mecque. Plus personne ne pouvaient s’en prendre à lui, et il pouvait aller et venir à sa guise dans les rues de la Mecque. Ce n’était pas le cas, par contre, pour les autres croyants qui n’avaient pas eu le bonheur d’être protégés comme lui. Pour eux, les brimades continuèrent comme avant. C’est pourquoi, ne pouvant supporter de voir ses compagnons maltraités alors qu’il jouissait d’une protection, il alla trouver Al-Walîd Ibn Al-Mughîra et lui demanda de lever son immunité. Etonné, ce dernier lui dit : « pourquoi ô fils de mon frère ! Un des hommes de mon clan t’a-t-il fait du tort ? » – « Non, mais la protection de Dieu me suffit et je ne veux pas que quelqu’un d’autre me protège. » Al-Walîd lui dit alors : « Allons à la Ka’ba pour déclarer publiquement que tu n’es plus sous ma protection. » Devant l’oratoire, Al-Walîd déclara solennellement qu’Ibn Mad’ûn n’était plus, selon son désir, sous sa protection. Ibn Mad’ûn en fit de même et déclara qu’il avait demandé lui-même la levée de la protection.

 

C’était sa façon à lui de partager les souffrances de ses frères. Du jour au lendemain, il se retrouva comme eux, sans défense autre que celle de dieu. Un jour, alors qu’il passait devant une assemblée de qurayshites, il entendit le poète Labîd Ibn Rabî’a réciter des vers. Il s’assit devant eux tandis que Labîd déclamait les vers suivants : « toute chose en dehors de Dieu n’est que vanité. » Ibn Mad’ûn répliqua : « Tu dis vrai. » Labîd reprit : «  Tout bienfait est fait pour ne pas durer. » Ibn Mad’ûn répliqua : « Tu mens car les bienfaits du Paradis sont éternels. » Vexé, Labid se tourna vers ses auditeurs et  leur dit : « Ô peuple de quraysh ! Par Dieu, jamais auparavant un membre de votre assemblée ne se faisait traiter ainsi. Comment acceptez-vous cela ? » Une personne de l’assistance lui répondit : « Celui-là est insolent, il a apostasié notre religion. Ne fais pas attention à lui. »  Uthmân répliqua à l’homme et vice versa jusqu’à ce que la polémique se transforma en dispute. L’homme se leva et donna un coup de poing l’atteignant à l’œil. Al-Walîd Ibn Al-Mughîra qui avait assisté à la scène, dit à Ibn Mad’ûn : « Par Dieu ! Ô fils de mon frère, si ti étais sous ma protection, ton œil n’aurait pas été atteint. » Ce dernier lui dit : « Par Dieu, mon œil sain voudrait bien recevoir ce qu’à reçu l’autre œil pour l’amour de Dieu. Et sois assuré, je suis sous la protection de Celui qui est plus fort et plus puissant que toi. » Ibn Al-Mughîra lui proposa une nouvelle fois de revenir sous sa protection mais il déclina l’offre, confiant en sa foi en Dieu. Son destin et celui de ses frères parmi les faibles et les persécutés ne faisaient qu’un et il ne pouvait en être autrement.

 

C’est alors qu’eut lieu l’émigration de Médine des exilés d’Abyssinie qui purent échapper ainsi et d’une façon définitive aux persécutions des infidèles de Quraysh. La miséricorde de Dieu n’avait pas de limites. Après les épreuves et les vicissitudes, vint le temps de la quiétude et de la paix. A Médine, les croyants pouvaient se consacrer à l’adoration de Dieu sans craindre les exactions de qui que ce soit.

 

La vie de ‘Uthmân Ibn Mad’ûn était faite d’adoration passionnée et de renoncement aux plaisirs de ce monde. Il jeûnait le jour et s’absorbait dans les prières la nuit. Sa vie était devenue un hymne continuel à la gloire du Seigneur. Ayant renoncé d’une façon définitive aux attraits de la vie, il ne mangeait que des repas simples et ne portait que des habits en haillons ou en étoffes rugueuses. La vie  n’avait plus d’intérêt pour lui. Un jour, il entra à la mosquée, alors que le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم s’y trouvait avec un groupe de compagnons. Il portait un habit déchiré qu’il avait rafistolé avec un morceau de fourrure. En le voyant ainsi, le Prophète صلى الله عليه و سلم eut de la compassion pour lui et ses compagnons se mirent à pleurer. L’Envoyé de Dieu leur dit : « Qu’en êtes-vous du jour où l’un de vous portera le matin un vêtement et le soir un autre, où vous enveloppez vos demeures comme on enveloppe la Ka’ba ? » Les compagnons répondirent : « Nous souhaitons que tout cela se produise, ô Messager de Dieu et que nous soyons dans le bien-être et le confort. » Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم leur rétorqua : «  Certes ce jour arrivera mais sachez que la façon dont vous vivez aujourd’hui est préférable à celle que vous vivrez ce jour-là. »

 

Le renoncement de ‘Uthmân était tel qu’il alla jusqu’à négliger ses devoirs conjugaux. Le Messager l’appela un jour et lui dit : « Ô ‘Uthmân ! Tu as des obligations vis-à-vis de ta femme. C’est ainsi qu’est ma sunna en ce domaine. » Il revint à sa femme, mais continua sa vie de renoncement et d’ascétisme avec plus de rigueur. Car c’était là son tempérament et sa vocation. Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم savait cela et lui manifestait un grand amour. Le jour de sa mort, il le pleura tellement que ses larmes inondèrent son visage. Il l’embrassa sur le front en lui disant : « Que Dieu te soit miséricordieux, ô Abû As-sayb ! Tu es parti de ce monde sans qu’il n’ait rien pris de toi, et sans que tu n’aies rien pris de lui. »

 

Le jour de sa mort, ‘Umar رضي الله عنه  dira : « Lorsque ‘Uthmân Ibn Mad’ûn décéda de mort naturelle, il perdit un peu de mon estime dans mon cœur. Je me suis dit : ‘Regardez un peu celui d’entre nous qui était le plus renonçant à ce monde. Voilà qu’il meurt de mort naturelle.’ Mais lorsque le Prophète صلى الله عليه و سلم décéda de mort naturelle et après lui Abû Bakr رضي الله عنه, je me suis dit : ‘Malheur à toi, les meilleurs d’entre nous meurent de mort naturelle.’ Et il reprit l’estime qu’il avait dans mon cœur. »

‘Umar رضي الله عنه s’attendait à ce que ‘Uthân meure sur le champ de bataille en martyr.  ‘Uthmân Ibn Mad’ûn, l’ascète, le sage, sera le premier musulman à mourir à Médine. Il sera aussi le premier à être enterré au cimetière d’Al-Baqî’. Que Dieu soit satisfait de lui !

 

Tiré du livre : Les compagnons du Prophète (tome1)
Les premiers hommes de l’Islam
Messaoud Abou Oussama

30 novembre 2014

Salâm, l’affranchi d’Abû Hudayfa رضي الله عنه

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Salâm l’affranchit de hudayfa était un ancien esclave converti très tôt à l’Islam. Il appartenait à un noble qurashite, Abû Hudayfa Ibn ‘Uthba, lui aussi converti, qui l’avait affranchi. On n’appela plus Salâm que sous le nom de « l’affranchi d’Abû Hudayfa ».

 

Avant, Salâm était considéré comme fils adoptif de Hudayfa Ibn Uthba. Une fois le verset révélé abrogeant et interdisant l’adoption, il reprit son nom. Or, comme on ne connaissait pas le nom de son père, on ne le désigna plus que par le nom de Salâm, l’affranchi d’Abû Hudayfa. Quoi qu’il en soit, les deux hommes devenus musulmans devinrent inséparables autant par les liens affectifs qui les unissaient à la suite d’une enfance passée ensemble que par la foi et la piété qui étaient des traits communs aux deux compagnons.

 

C’était là, l’admirable esprit égalitaire de l’Islam qui avait pu réunir deux hommes que tous séparait : l’origine sociale aussi bien que l’esprit de caste. Mais le Coran ne dit-il pas que le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux ? C’est ainsi que Salâm devînt une partie intégrante de la famille de ‘Uthba qui le compta parmi ses membres. On lui accorda même la main d’un membre de la famille, nommée Fâtima Bint Al-Walîd Ibn ‘Utba. C’est dire l’estime et le respect que cet homme admirable suscitait autour de lui.

 

C’est un savant confirmé dans la parole divine et son interprétation. Le Prophète صلى الله عليه و سلم à dit de lui :  » Prenez les sciences du Coran de ces quatre personnes :Abdallah Ibn Mas’ûd, Salâm, l’affranchi d’Abû Hudayfa, Ubay Ibn  Ka’b et Mu’âdh Ibn Jabal. »

 

Après l’établissement des musulmans à Médine, Salâm fut chargé de mener la prière à la mosquée de Qubâ. Il devint ainsi le premier imâm des musulmans après l’émigration. C’est un privilège qui prouve d’une façon incontestable le mérite qu’avait ce compagnon en matière de piété et de savoir.

 

« Un jour, rapporte ‘Aïcha رضي الله عنها, je me suis attardée plus que de coutume à la mosquée. En revenant à la maison, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم m’a dit : ‘où étais-tu ?’ J’ai répondu : ‘Nous étions en train d’écouter un de tes compagnons nous réciter le Coran à la mosquée. ‘Ô Messager de Dieu, je n’ai jamais entendu pareille lecture, ni pareille voix parmi tes compagnons. Il se leva et nous partîmes ensemble à la mosquée. L’Envoyer de Dieu صلى الله عليه و سلم se mit à écouter puis se tourna vers moi et me dit : ‘C’est Salâm l’affranchi d’Abû Hudayfa ! Louange à Dieu qui a mis au sein de ma communauté un homme comme lui.’ L’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم savait juger les hommes.  

 

Abû Hudayfa ne supportait jamais les injustices, dussent-elles être des plus illustres des musulmans. Sa fameuse querelle verbale avec Khâlid Ibn Walîd en constitue un parfait exemple à ce sujet. On rapporte que lors d’une expédition de musulman dirigée par Khâlid Ibn Walîd, qui fut envoyé par le Messager pour prêcher l’Islam dans les tribus arabes de la péninsule arabique, à la suite d’un regrettable malentendu, Khâlid fut amené à combattre et à tuer des hommes bien que ceux-ci aient annoncé leur conversion à l’Islam. Dès qu’il fut informé de cet événement, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلمdemanda pardon à Dieu en disant : « Mon dieu, je désapprouve ce qu’a fait Khâlid. » Parmi les nombreux compagnons qui prirent cette position, il y avait notre illustre Salâm qui, fort de ses connaissances des sources (Coran et sounna), engagea la polémique avec Khâlid en lui reprochant son acte contraire aux principes de l’Islam. Khâlid venait de commettre une grave erreur et Salâm n’était pas homme à laisser faire une injustice sans réagir. D’ailleurs, la première chose que demanda le Messager صلى الله عليه و سلم après ce triste événement, c’est de savoir si quelqu’un avait polémiqué avec le chef de l’expédition en désapprouvant son acte. A Cette réponse, la colère du Prophète صلى الله عليه و سلم s’apaisa car il savait que tant qu’il y avait des hommes justes au sein de sa communauté, et Salâm en était un, l’injustice et l’erreur ne pouvaient être cautionnées ni admises. 

 

Après la mort du Messager صلى الله عليه و سلم, salâm resta fidèle au serment et fut de ceux qui luttèrent avec acharnement pour protéger et consolider l’Etat central de Médine menacé par les complots des apostats et les soulèvements des tribus menées par de faux Prophètes. Et ce fut la fameuse journée d’Al-Yamâma. Ce jour là, les musulmans affrontèrent les apostats dans une terrible bataille qui décida du destin de l’Islam. Salâm et son frère en Islam Hudayfa furent parmi les premiers combattants à porter les armes pour la défense de l’Islam. La bataille avait mal commencé pour les musulmans. Les apostats, plus nombreux, attaquèrent avec férocité obligeant les musulmans à ce replié un peu. Mais le chef des armées musulmanes, Khâlid Ibn Al-Walîd, réussit, grâce à son grand génie militaire, à regrouper ses soldats et la bataille continua de plus belle. Et c’est alors que survint, portant l’emblème, avec à ses côtés un autre pieux compagnon, Thâbit Ibn Quays. Haranguant les musulmans pour stimuler davantage, il s’écria : « Ce n’est pas cette façon que l’on combattait avec le Messager صلى الله عليه و سلم. » Joignant le geste à la parole, nos deux compagnons creusèrent un fossé et y entrèrent. Ils luttèrent dans cette position avec acharnement jusqu’à ce qu’ils tombèrent martyrs au champ d’honneur. Salâm continua à haranguer les musulmans en récitant ce verset de la révélation :

« Combien de Prophètes ont combattu, en compagnie de beaucoup de disciple, ceux-ci ne fléchirent pas à cause de ce qui les atteignit dans le sentier de Dieu. Ils ne faiblirent pas et ils ne cédèrent point. Et Dieu aime les endurants. » Coran 3/146

Hélas, encerclé de toute part, il ne tarda pas à succomber sous les coups des apostats. Peut importe pour lui de mourir maintenant. Dans un dernier soupir, il demanda des nouvelles de son frère en islam, Hudayfa Ibn ‘Utba, qui combattait lui aussi. On lui répondit qu’il était tombé en martyr. Il demanda qu’on les mette côte à côte pour qu’ils puissent mourir unis comme ils avaient vécu unis. Aussitôt après, il rendit l’âme, le sourire aux lèvres. Ainsi mourut cet homme juste et véridique à propos duquel ‘Umar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه avait dit, sur le point de mourir : « Si Salâm était encore vivant, c’est à lui que j’aurais confié le commandement. » Comme hommage, on ne pouvait trouver mieux.

 

Source : Les conpagnons du Prophète (tome1)
Les premiers hommes de l’Islam
Messaoud Abou Oussama

 

30 novembre 2014

La biographie de la compagnonne Umm Soulaym رضي الله عنها

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Voici l’histoire d’une grande dame musulmane : Ummu Soulaym رضي الله عنها, mère de Anas bin Malik رضي الله عنه et épouse de Abu Talha.

D’après Anas رضي الله عنه, Malick abu Anas dit à sa femme, Umm Soulaym, la mère d’Anas, : « Cet homme (le Prophète) interdit le vin ». Et puis il regagna la Syrie où il périt (c’est-à-dire qu’il quitta Médine suite à l’arrivée du Prophète صلى الله عليه و سلم dans cette ville parce que l’interdiction du vin ne lui plaisait pas. C’est pourquoi il partit pour la Syrie et y mourut mécréant.)

Par la suite Abou Talha s’adressa à Umm Soulaym, histoire de lui demander sa main. La dame répondit en ces termes : « Abou Talha, un homme comme toi ne peut pas être éconduit, mais tu es encore mécréant et moi je suis musulmane, ce qui rend notre mariage impossible ».

 

- «Dis, quel en est le coût ?»

 

- «De quel coût s’agit-il ? »

 

- «De l’or et de l’argent. » (Il entend lui faire désirer une importante dot en or et en argent.

 

- «Je ne veux ni or ni argent, mais je veux que tu deviennes musulman. Si tu te convertis, je m’en contenterai à titre de dot et je ne veux rien d’autre. »

 

- « Comment m’y prendre (c’est-à-dire qui va m’aider à le faire) ? »

 

- « le Messager d’Allah. »

Abou Talha alla sur le champ retrouver le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم au milieu d’un groupe de ses compagnons. Quand le Messager le vit venir, il leur dit « Voilà Abou Talha qui arrive le visage éclairé par l’Islam. »

 

Abou Talha lui raconta ce qu’Umm Soulaym رضي الله عنها avait dit et il la lui donna en mariage.

Thait al-Banani (l’un des rapporteurs du hadith d’après Anas) a dit : « Nous ne connaissions pas une dot qui fût plus importante que la sienne puisqu’elle se contenta de l’adhésion à l’Islam (de son mari). Cette épouse était de petite taille aux yeux charmants. Elle resta auprès de son mari qui l’aimait très fort et ils eurent un enfant. Ensuite celui-ci tomba gravement malade. Ce qui toucha Abou Talha رضي الله عنهprofondément.

Abou Talha رضي الله عنه se levait à l’aube, faisait ses ablutions et se rendait auprès du Prophète صلى الله عليه و سلم pour prier avec lui et restait en sa compagnie jusqu’au milieu de la journée. Et puis il rentrait chez lui pour manger et se reposer. Après avoir accompli la prière du zuhr, il repartit pour rejoindre le Prophète صلى الله عليه و سلم et ne revenait qu’après la prière du crépuscule.

Une fois Abou Talha رضي الله عنه alla retrouver le Prophète صلى الله عليه و سلم dans la soirée (une version précise : à la mosquée) et l’enfant décéda (pendant son absence). Um Soulaym رضي الله عنها se dit : personne n’informera Abou Talha du décès de son fils avant moi. Elle prépara le corps de l’enfant, le couvrit et le plaça dans un coin de la maison comme s’il dormait. Abou Talha رضي الله عنه revint de chez le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم en compagnie d’un groupe de ses compagnons et co-utilisateurs de la mosquée.

- « Comment va mon fils ? » Dit-il.

 

- «Ô Abou Talha, il est aujourd’hui plus calme qu’il ne l’a jamais été depuis le début de sa souffrance et j’espère qu’il s’est reposé. » Dit-elle.

 

Et puis elle servit le dîner et ils mangèrent. Puis les gens prirent congé de lui. Et Il alla se coucher. Sa femme se mit dans sa meilleure toilette.

 

Elle vint se coucher à côté de lui. Dès qu’il sentit l’odeur du parfum, il fit avec elle ce qu’un homme fait à sa femme.

 

Vers la fin de la nuit, elle dit : « Abou Talha, dis-moi ! Si des gens prêtaient à d’autres un objet et venaient le leur réclamer ensuite, les emprunteurs pourraient-ils refuser la restitution de l’emprunt ? »

 

- « Non. »

 

- « Allah le Puissant, le Majestueux t’avait prêté ton fils et Il l’a repris. Sois patient et espère en être compensé par Allah. »

 

Il fut furieux et lui dit : « Tu me laisses faire ce que j’ai fait (les rapports intimes) puis tu m’annonces le décès de mon fils ?! » Et puis il dit : « Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous retournerons » et loua Allah.

Au matin, il prit un bain, se rendit auprès du Messager d’Allah v, pria avec lui et l’informa de ce qui s’était passé. Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dit : « Puisse Allah faire de la nuit dernière une nuit bénie pour vous ». Cette prière prophétique profita à Umm Soulaym رضي الله عنها et elle conçut un enfant.

Elle accompagnait le Messager صلى الله عليه و سلم dans ses voyages et ne le quittait nulle part. Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dit : « Si elle accouche, amenez-moi l’enfant. »
Une fois, elle l’accompagna dans un voyage et le Prophète صلى الله عليه و سلم
 avait l’habitude, à son retour à Médine, de ne pas y entrer en pleine nuit. Quand ils arrivèrent à proximité de Médine, Umm Soulaym رضي الله عنها commença le travail d’accouchement. Abou Talha رضي الله عنه alla s’occuper d’elle tandis que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم poursuivait son voyage. Abou Talha رضي الله عنه dit : « Ô Maître, tu sais qu’il me plaît de sortir avec ton Prophète et de rentrer avec lui. Mais voilà que je me trouve retenu par ce que Tu vois.. ».

Umm Soulaym رضي الله عنها lui dit : « Abou Talha, je ne sens plus ce que je sentais. ».

 

Le couple reprit son voyage et la femme ne recommença son travail d’accouchement qu’après leur arrivée à Médine. Elle eut un garçon et dit à son fils Anas : « Anas, je ne l’allaiterai que quand tu l’aurais montré au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم et elle lui remit des dattes avec le bébé.

 

Anas رضي الله عنه dit : « Le bébé pleura toute la nuit et je m’en occupais jusqu’au matin.

Puis je le portai au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم que je trouvai vêtu d’un manteau et entrain de marquer des chameaux et des moutons (il s’agissait du marquage des chameaux issus de la zakat pour éviter leur perte). Quand il regarda le bébé, il dit :

 

- « Est-ce que la fille de Malhane a accouché ? »

 

- « Oui» Lui dit Anas رضي الله عنه.

 

- « Attends que je sois entièrement à vous. » Et puis il jeta ce qu’il avait en main, saisit le bébé et dit : « Est-ce qu’il est venu avec quelque chose ? »
- « Oui, des dattes » Lui dirent-ils. Et puis, le Prophète صلى الله عليه و سلم
 prit quelques dattes, les mit dans sa bouche pour les mouiller avec sa salive. Puis il ouvrit la bouche du bébé, y introduisit les dattes et les fit passer à la partie supérieure de la bouche Le bébé se mit à lécher les dattes et les sucer. Ainsi la première nourriture reçue par l’estomac de ce bébé fut mélangée avec la salive du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم. Celui-ci dit : « Voyez comment les Ansars aiment les dattes !»

 

Anas رضي الله عنه dit : je lui dit : ô Messager d’Allah donne-lui un nom. Il essuya son visage et l’appela Abd Allah.

Aucun jeune des Ansars n’était meilleur que lui. Il eut beaucoup de descendants et subit le martyr pendant la conquête de la Perse par les Musulmans. Ceci fait partie des effets de la prière bénie du Prophète صلى الله عليه و سلم.

 

 

Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmad at-Tayalissi (auteur de la présente version) et d’autres. Shaikh al-Albani رحمه الله a rassemblé les différentes versions du hadith dans « Ahkam al-Djanaïz », p. 26).

 

  

29 novembre 2014

La biographie du compagnon Sa’îd Ibn Amar رضي الله عنه

 

بسم الله الرحمن الرحيم

Parmi la foule de mecquois qui assistait au supplice du martyr Al-Khabbâb Ibn’Adiy dans les environs de la Mecque, il y avait un jeune homme, imposant par sa haute taille et sa force physique, qui jouait des coudes pour voir le glorieux Al- Khabbâb subir les tortures et la crucifixion avec courage et dignité. Bien qu’étant encore polythéiste,  Sa’îd Ibn Amar n’en était pas moins sensible aux manifestations de la Vérité. Et ce jour-là, son âme et son cœur virent dans l’attitude héroïque d’ Al- Khabbâb une manifestations de cette Vérité. Comment pouvait-il en être autrement lorsqu’il voit que cet homme que l’on mène à la mort, songe à faire sa prière dans la sérénité et la quiétude sans se soucier de ce qui va lui arriver ? Comment accepter qu’il se résigne à son sort en refusant catégoriquement que Mohammed صلى الله عليه و سلم soit à sa place comme le lui suggéraient ses tortionnaires ?

La scène que vécut  Sa’îd Ibn Amar, ce jour-là, le hanta longtemps après. Il ne pouvait chasser de son esprit l’image d’Al-khabbâb crucifié et le corps lacéré. Mais, plus que cela, le sacrifice d’Al-khabbâb lui appris plusieurs choses. Il lui a appris que la foi en un idéal vrai et sacré mérite qu’on se sacrifie pour elle. Il lui a appris également que la vrai foi vécue intensément suscite des miracles et des prodiges. Il lui a appris enfin que cet homme -Mohammed صلى الله عليه و سلم – aimé autant par ses compagnons ne pouvait être un imposteur. Toutes ces choses-là vont le préoccuper pendant plusieurs jours. Il ne cessait de penser à cela, et l’image d’Al- Khabbâb succombant sous les tortures sans renier sa foi, défilait sans cesse devant ses yeux.  Après plusieurs jours de réflexion, le cœur de Sa’îd Ibn Amar commença à s’ouvrir à la lumière divine. Et c’est solennellement qu’il proclama sa conversion à l’Islam au milieu d’une foule de gens.

Quelque temps après, il émigra à Médine où il fréquentera assidûment le cercle du Messager de dieu. Il participera à la bataille de Khaybar et à d’autres expéditions. D’un tempérament calme et pondéré, il était discret et effacé, ce qui explique qu’il ne soit pas aussi connu que les autres compagnons. Mais ceci n’enlève rien au mérite de cet illustre homme.

Un jour, entrant chez Umar رضي الله عنه, il l’interpella en ces termes : «  Ô Umar, crains dieu pour les hommes et ne crains pas les hommes pour dieu ! Que tes actes ne contredisent pas tes paroles ! Ô Umar, sois toujours attentif à ceux qui t’ont chargé de cette responsabilité, qu’ils soient ici ou ailleurs ! Aime pour eux ce que tu aime pour toi et pour tes proches, et déteste pour eux ce que tu déteste pout toi et pour tes proches. Fonce lorsque le droit et la justice l’exigent et ne crains pas dans la voie de Dieu les reproches des gens. »

Umar lui rétorqua : « Et qui peut faire toutes ces choses-là, ô Sa’îd ? »

Il lui répondit : « Un homme comme toi que Dieu a investi de la responsabilité de la communauté de Mohammed صلى الله عليه و سلم et qui ne met rien d’autre entre lui et Dieu. »

Umar qui aimait qu’on lui donne des conseils (et qui disait souvent : « Dieu fasse miséricorde à celui qui me montre mes faiblesses. » fut très content d’entendre de tels conseils venant de la part d’un illustre compagnon. C’est alors qu’il lui proposa de gouverner Hims qui était vacant et qui aurait besoin d’un homme de sa stature.

Mais, contre toute attente, Sa’îd lui répondit : « Je te conjure, ô Umar, ne me mets pas à l’épreuve ! »

Umar, visiblement vexé, lui rétorqua : « Malheur à vous ! M’avez-vous chargé de la responsabilité du califat en me laissant seul ? » Il ajouta : «  Par Dieu, je ne te laisserai pas te dérober à cette responsabilité ! » Et il insista tant et si bien qu’il finit par le convaincre. Il lui dit : « Veux-tu qu’on te fixe une source de revenus ? »

Sa’îd répondit : « Pourquoi faire, mon salaire du bayt al-mâl (trésor public) me suffit amplement. »  Et il partit pour Hims en compagnie de son épouse. Quelque temps après, des nobles de Hims vinrent en visite à Médine. Umar, qui les avait reçus, leur demanda de lui établir la liste de tous les nécessiteux de Hims afin de leur venir en aide. Lorsqu’il reçut la liste il fut surpris de voir le nom de Sa’îd Ibn Amar mentionné. Il demanda des explications et on lui répondit : « Nous avons remarqué qu’il se passait plusieurs jours sans qu’un feu ne soit allumé chez lui. » Umar pleura jusqu’à ce que les larmes mouillent sa barbe. Un gouverneur nécessiteux, cela ne pouvait arriver qu’à un compagnon du Messager de dieu صلى الله عليه و سلم qui  avait vendu la vie d’ici-bas pour celle de l’Eternité. Le califat prit une somme de mille dinars et la donna à la délégation en leur disant : «Transmettez mon salut à Sa’îd et dites lui :’ voici une somme d’argent qui te permettra de subvenir à tes besoins.’ »

En recevant cet argent, notre pieux compagnon eut une réaction de rejet qui fit accourir son épouse.

Celle-ci lui demanda : « Qu’y a-t-il ? L’Emir des croyants est-il décédé ? »

Il lui répondit : « C’est plus grave que cela ! »

Elle ajouta : « Les musulmans ont-ils perdu une bataille ? »

Il lui rétorqua : « Non, c’est plus grave que cela ! »

Elle dit : «Mais qu’est ce qui est plus grave que cela ? »

Il lui répondit alors : «Ce bas monde vient d’entrer chez moi pour me faire perdre l’au-delà et la tentation s’est installée dans ma demeure ! »

Ne sachant pas de quoi il parlait, elle lui dit : « débarrasse-toi d’eux ! »

Il lui dit : « M’aideras-tu dans ma tâche ? »

Elle répondit : « Oui, bien sûr ! »

Alors, il sortit l’argent et lui dit : « Je vais le distribuer aux pauvres parmi les gens de Hims. »

Ainsi était cet homme admirable que les attraits de ce bas monde n’ont jamais pu éblouir. Un jour le califat Umar, venu en visite à Hims, reçut les doléances de ses habitants. Certains d’entre eux lui présentèrent une plainte des plus saugrenues contre leur gouverneur Sa’îd Ibn Amar . Cette plainte se résumait en quatre points :

gifs fleches pour webmaster Le gouverneur ne se montre à eux que lorsque le jour montre toute sa clarté.

gifs fleches pour webmaster Il ne répond à personne la nuit.

gifs fleches pour webmaster Une fois par mois, il disparaît complètement et personne ne le voit.

gifs fleches pour webmaster De temps à autre, il est sujet à des pertes de connaissance.

Devant cet état de fait, Umar convoqua Sa’îd en se disant : « Ô Dieu, ne me déçois pas à son sujet car j’ai une grande confiance en lui…. » Lorsqu’il fut en face de lui, Umar lui dit : « voilà ce que disent les habitants de Hims à ton sujet. Qu’as- tu à dire, ô Sa’îd ? »

Gêné, mais obligé de dire la vérité, notre pieux compagnon répondit :  «Par Dieu, je ne voulais pas parler de cela, mais puisqu’il le faut, qu’on en parle. Ils disent qu’ils ne Me voient que lorsque le jour atteint sa pleine clarté. Bien sûr, puisque ma femme n’ayant pas de domestique, c’est moi-même qui pétris ma farine, la laisse fermenter puis cuis mon pain. Ensuite, je fais mes ablutions pour la prière d’ad-duha -prière surérogatoire du matin- avant de sortir à leur rencontre. »

Umar loua Dieu et lui dit : « Et pour le deuxième reproche ? »

Sa’îd dit «  Bien que je répugne à le dévoiler, je consacre jour à recevoir les gens et la nuit pour adorer Mon Seigneur. » Il continua : « Quand au fait que je disparais un jour par mois, j’ai déjà dit que je n’avais pas de domestique. Aussi, c’est moi-même qui lave mon seul vêtement. C’est pourquoi j’attends toute la journée jusqu’à ce qu’il sèche pour sortir. Enfin, pour ce qui concerne mes pertes de connaissance, je vais vous en donner la raison. J’étais présent le jour où les qurayshites torturèrent à mort Al-Khabbâb Ibn’Adiy. J’ai vu comment ils lacéraient son corps en lui disant :  «aimes-tu que Mohammed صلى الله عليه و سلم soit à ta place. » Et lui de répondre : « Non par Dieu, je ne voudrais jamais être en sécurité avec ma famille alors que le Messager de Dieu souffre de la piqûre d’une épine. » A chaque fois que je me souviens de cette scène, et que je prends conscience que je ne suis pas venu en aide à Al-Khabbâb, j’ai peur du châtiment de Dieu et je perds connaissance. »

A la fin de ces belles et émouvantes paroles, Umar s’écria : « Je rends grâce à Dieu de ne pas m’avoir déçu ! » Et il entoura Sa’îd de ses bras en l’embrassant sur le front.

Un gouverneur qui se comporte ainsi, ne peut être, comme nous l’avons dit, qu’un homme sorti tout droit de l’école du Prophète صلى الله عليه و سلم, une école où l’on apprend que ce bas monde n’est pas une fin en soi, un but, mais une passerelle vers le vrai monde, la vraie vie, la vie éternelle. Sa’îd était un pur produit de cette école.

Un jour, on lui dit : «  Dépense pour toi et pour ta famille et profite des délices de la vie. » Et lui de répondre : « Non, je ne serai pas en reste des premiers croyants après avoir entendu l’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم dire :‘Dieu qu’Il soit glorifié, rassemblera les gens le jour du jugement dernier. C’est alors que les pauvres parmi les croyants viendront d’un pas léger et s’envoleront comme s’envolent les colombes. On leur dira : ‘Attendez d’être jugé.’ Mais eux répondront : ‘Nous n’avons aucun compte à rendre.’ Alors Dieu dira : ‘Mes serviteurs ont raison.’ Et ils franchiront les portes du paradis…. »

C’est en l’an vingt de l’hégire que cet illustre compagnon rendit son âme à Dieu. Il avait attendu longtemps pour pouvoir rejoindre le bien-aimé Prophète صلى الله عليه و سلم et les compagnons qui l’avaient précédé. Qu’il se réjouisse maintenant de leur compagnie pour l’éternité !

 

Tiré du livre : les compagnons du Prophète صلى الله عليه و سلم (Tome1) Les premiers hommes de l’Islam par Messaoud Abou Oussama.                    

 

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29 novembre 2014

La biographie du compagnon Khalid ibn Said رضي الله عنه

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Il faisait partie d’une des familles les plus aisées et les plus nobles de la Mecque. Son père, Sa’îd Ibn Al-’Âs, était en effet issu de la célèbre tribu qurayshite des ‘Abd Manâf. C’est donc au sein d’une grande tente que vit le jour et grandit notre noble illustre compagnon Khâlid Ibn Saîd. Comme tous les jeunes des familles aisées de la Mecque, Kâlid vivait dans l’insouciance matérielle, profitant de la vie et de ses plaisirs. Il faisait la joie de ses parents qui le croyaient et accédaient à toutes ses demandes.

 

Or, depuis quelque temps, Kâlid n’était plus le même homme, joyeux et insouciant. Il semblait préoccupé par quelque chose qui troublait son esprit et l’empêchait de se concentrer sur quoi que ce soit. C’est que la nouvelle de la révélation faite à Mohammed صلى الله عليه و سلم à la grotte de Hirâ commençait à se propager dans la Mecque pour devenir le sujet de discussion de tous les qurayshites. Kâlid non plus ne pouvait échapper à cette terrible interrogation : Mohammed صلى الله عليه و سلم était-il sincère ? Comme tous les habitants de la Mecque, il connaissait la sincérité et l’honnêteté de son concitoyen. Tout ce qu’il préférait dans cette vie, c’était la retraite et la solitude dans une grotte des environs de la Mecque appelée Ghâr Hirâ. C’est là qu’il avait l’habitude de se retirer pour méditer des journées entières. C’est là, dira-t-il, que l’Ange Gabriel est venu lui apporter la révélation pour quelle raison mentirait-il, se demandait sans cesse Kâlid, et pour récolter quoi, puisqu’il ne voulait ni de ce monde ni de ses plaisirs ?

Et les questions harcelaient l’esprit de Kâlid durant des jours et des jours jusqu’à ce que la lumière divine pénétrât son cœur. Une nuit, alors qu’il dormait, il fit un rêve étrange. Il s’est vu devant un grand feu au milieu duquel son père voulait le jeter, en le poussant de ses deux mains. Il vit ensuite le Prophète صلى الله عليه و سلم s’approcher de lui et s’interposer entre lui et le feu en le protégeant de son manteau. Cette vision bouleversa Kâlid qui vit là un signe du destin. Le lendemain matin, il se hâta vers Abû Bakr رضي الله عنه et lui raconta ce qu’il avait vu en rêve. Ce dernier lui dit : « Ô Kâlid, c’est le bien que je veux pour toi. C’est le Messager de dieu صلى الله عليه و سلم que tu as vu. Suis-le, car l’Islam te sera une barrière contre le feu. »

 

Et cet homme illustre, que la quête de dieu attirait, s’en alla à la recherche du Messager de dieu صلى الله عليه و سلم pour proclamer sa conversion à l’Islam. A partir de ce jour, une métamorphose totale s’opéra en lui. Kâlid devint un autre homme. Il venait de découvrir les jouissances que procurent la foi, la spiritualité et l’amour de dieu. Il n’allait vivre que pour cet idéal. Il va de soi que sa conversion ne resta pas secrète. Son père, mis au courant, l’appela et l’interrogea en ces termes : « Est-ce vrai que tu viens de rejoindre Mohammed صلى الله عليه و سلم qui ne cesse de dire du mal de nos divinités ? »

 

Notre illustre compagnon répondit : « Oui, je l’ai rejoint et j’ai cru en lui, par Dieu, il est sincère et ce qu’il dit est vrai ! » Excédé, son père le frappa durement puis l’emprisonna dans une pièce et le soumit au supplice de la soif. Mais rien n’y fit, et notre glorieux compagnon ne cessait de répéter comme un leitmotiv : « Par Dieu, il est sincère et je crois en lui. » Son père, qu’une telle proclamation mettait hors de lui, l’emmena alors dans le dessert aride de la Mecque et le laissait des heures durant dans la chaleur caniculaire et suffocante sans une goute d’eau ou un coin d’ombre. Les séances de torture alternaient avec les promesses et les tentatives de séduction, mais Kâlid, imperturbable, répondait : « Je n’abandonnerai jamais l’Islam et je mourrai musulman, advienne que pourra ! » Alors, désespéré de voir revenir à ses anciennes croyances, son père lui dit : « Va-t-en, ô insolent, par Lât, je te priverai de ressources ! » Kâlid lui répondit : « Dieu est le meilleur dispensateur de ressources. »

 

Kâlid quitta le luxe et l’opulence de la maison paternelle sans aucun regret, tant il est vrai qu’il savait que sa nouvelle foi exigeait de lui ascétisme et détachement des choses de ce monde. Mais qu’importe. Notre illustre compagnon était prêt à tout abandonner pour préserver sa foi ; les richesses, la vie facile et les honneurs, il n’en a que faire. Son choix était fait. Il sera musulman et advienne que pourra.

 

Lors de la deuxième émigration en Abyssinie, il sera du nombre de ceux qui partiront pour échapper aux persécutions des qurayshites. Il restera là-bas jusqu’à la prise de Khaybar par les musulmans. La société islamique était en train de se constituer doucement mais sûrement. Kâlid y prit sa place et contribua avec ses compétences et ses atouts à leur édification et à leur défense. Certes, il avait regretté de ne pas avoir assisté à la bataille de Badr, mais le Messager de dieu صلى الله عليه و سلم lui avait dit :  » Ne regrette rien, ô Kâlid, car les gens ont eu une seule émigration alors que vous en avez eu deux. Vous êtes partis chez le roi d’Abyssinie et vous êtes revenus auprès de moi. »

Le Prophète صلى الله عليه و سلم l’estimait beaucoup et lui vouait une grande confiance. C’est ainsi qu’il l’envoya comme gouverneur au Yémen d’où il ne revint qu’après la mort du Prophète صلى الله عليه و سلم. C’était lors de l’investiture d’Abû Bakr رضي الله عنه comme calife. On rapporte que notre illustre compagnon resta plus de trois mois avant de faire allégeance à Abû Bakr رضي الله عنه. Il semble qu’il ait préféré que le califat soit confié a ‘Ali رضي الله عنه ou à ‘Uthmân رضي الله عنه. Quoi qu’il en soit, ceci n’altéra en rien les relatons cordiales et fraternelles avec Abû Bakr رضي الله عنه qui l’estimait beaucoup. C’est à lui, en effet, qu’il confia le commandement des armées en route vers la Syrie pour combattre les troupes romaines. Cependant, suite à l’intervention de ‘Umar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه, le commandement lui fut retiré et confié à Shurahbil Ibn Hasna. Khâlid accepta d’être un simple soldat sous le commandement de Shurahbil et n’en tint nullement rancune à ‘Umar رضي الله عنه. Il continua à l’aimer et à l’estimer jusqu’à sa mort, nous rapporte sa fille Um Khâlid. Avant le départ des armées en Syrie, Abû Bakr رضي الله عنه fit à Shurahbil les recommandations suivantes :

 

« Observe Khâlid Ibn sa’îd, et sache que tu as des obligations vis-à-vis de lui, comme tu aurais aimé qu’il ait des obligations vis-à-vis de toi, si tu étais à sa place et lui à la tienne. Et tu n’ignores pas la place qu’il occupe parmi les musulmans. Et tu n’ignores pas qu’il était gouverneur du temps du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم. Je lui avais confié, certes, le commandement et je le lui avais retiré. Et il se peut que cela lui soit profitable pour sa foi, car je n’envie jamais quelqu’un pour le pouvoir. Je lui ai laissé la liberté de choisir avec quel commandement il préférait être, et il t’a préféré à son cousin ‘Amar. » En effet, Khâlid avait choisi d’être avec Shurahbil plutôt qu’avec son cousin ‘Amar Ibn Al-‘Âs. Il dit à Abû Bakr رضي الله عنه: « Mon cousin m’est préférable par la parenté et Shurahbil par la ferveur religieuse. » Et c’est ainsi que notre illustre compagnon accepta de guerroyer comme simple soldat sous le commandement de Shurahbil Ibn Hasna. Durant la terrible bataille de Marj As-Sufr contre les romains, Khâlid s’illustra glorieusement en donnant toute la mesure de sa bravoure et de son aspiration au martyr. De se fait, à la fin de la bataille, on trouva son corps parmi les dizaines de martyrs tombés ce jour-là, dont ses frères ‘Amr et ‘Abbân. Que Dieu soit satisfait d’eux et de tous les compagnons du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم.

 

Tiré du livre : Les compagnons du Prophète (tome1) Les premiers hommes de l’Islam. Par Messaoud Abou Oussama

 

 

25 novembre 2014

Détester et insulter les Compagnons

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Al-imâm Al-Bukhârî رحمه الله a dit :

« Toute personne ayant vue ou accompagnée le Prophète صلى الله عليه و سلم est [considérée] comme l’un de ses Compagnons. »
[Son Recueil Authentique : livre 62 : chapitre « Le mérite des Compagnons du Prophète صلى الله عليه و سلم
 et sur ces dernier l'agrément d'Allah. »]

Voici ce qu’Allah عز و جل dit à propos des Nobles Compagnons :

 

 

فَإِنْ آمَنُواْ بِمِثْلِ مَا آمَنتُم بِهِ فَقَدِ اهْتَدَواْ وَّإِن تَوَلَّوْاْ فَإِنَّمَا هُمْ فِي شِقَاقٍ فَسَيَكْفِيكَهُمُ اللّهُ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ

{Alors, s’ils croient à ce à quoi vous croyez, ils seront certainement sur la bonne voie. Et s’ils s’en détournent, ils seront certes dans le schisme ! Alors Allah te suffira contre eux. Il est l’Audient, l’Omniscient.} (2/137)

 

 

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كُنتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنكَرِ وَتُؤْمِنُونَ بِاللّهِ وَلَوْ آمَنَ أَهْلُ الْكِتَابِ لَكَانَ خَيْرًا لَّهُم مِّنْهُمُ الْمُؤْمِنُونَ وَأَكْثَرُهُمُ الْفَاسِقُونَ

{Vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. } (3/110)

 

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وَالسَّابِقُونَ الأَوَّلُونَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالأَنصَارِ وَالَّذِينَ اتَّبَعُوهُم بِإِحْسَانٍ رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي تَحْتَهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ


{Les tout premiers [croyants] parmi les Emigrés (Mecquois) et les Auxiliaires (Médinois) et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils L’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l’énorme succès !} (9/100)

 

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مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ فَمِنْهُم مَّن قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُم مَّن يَنتَظِرُ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا

{Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement)} (33 /23)

 

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لَقَدْ رَضِيَ اللَّهُ عَنِ الْمُؤْمِنِينَ إِذْ يُبَايِعُونَكَ تَحْتَ الشَّجَرَةِ فَعَلِمَ مَا فِي قُلُوبِهِمْ فَأَنزَلَ السَّكِينَةَ عَلَيْهِمْ وَأَثَابَهُمْ فَتْحًا قَرِيبًا

{ Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté le serment d’allégeance sous l’arbre (à Hudaybîyyah près de la Mecque). Il a su ce qu’il y avait dans leurs cœurs, et a fait descendre sur eux la quiétude, et Il les a récompensés par une victoire proche.} (48/18)

 

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مُّحَمَّدٌ رَّسُولُ اللَّهِ وَالَّذِينَ مَعَهُ أَشِدَّاء عَلَى الْكُفَّارِ رُحَمَاء بَيْنَهُمْ تَرَاهُمْ رُكَّعًا سُجَّدًا يَبْتَغُونَ فَضْلًا مِّنَ اللَّهِ وَرِضْوَانًا سِيمَاهُمْ فِي وُجُوهِهِم مِّنْ أَثَرِ السُّجُودِ ذَلِكَ مَثَلُهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَمَثَلُهُمْ فِي الْإِنجِيلِ كَزَرْعٍ أَخْرَجَ شَطْأَهُ فَآزَرَهُ فَاسْتَغْلَظَ فَاسْتَوَى عَلَى سُوقِهِ يُعْجِبُ الزُّرَّاعَ لِيَغِيظَ بِهِمُ الْكُفَّارَ وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ مِنْهُم مَّغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِيمًا

{Mohammed est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation. Telle est leur image dans la Thora. Et l’image que l’on donne d’eux dans l’Evangile est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s’épaissit, et ensuite se dresse sur sa tige, à l’émerveillement des semeurs. [Allah] par eux [les croyants] remplit de dépit les mécréants. Allah promet à ceux d’entre eux qui croient et font de bonnes œuvres, un pardon et une énorme récompense}(48/29)

 

 

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لِلْفُقَرَاء الْمُهَاجِرِينَ الَّذِينَ أُخْرِجُوا مِن دِيارِهِمْ وَأَمْوَالِهِمْ يَبْتَغُونَ فَضْلًا مِّنَ اللَّهِ وَرِضْوَانًا وَيَنصُرُونَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ أُوْلَئِكَ هُمُ الصَّادِقُونَ
وَالَّذِينَ تَبَوَّؤُوا الدَّارَ وَالْإِيمَانَ مِن قَبْلِهِمْ يُحِبُّونَ مَنْ هَاجَرَ إِلَيْهِمْ وَلَا يَجِدُونَ فِي صُدُورِهِمْ حَاجَةً مِّمَّا أُوتُوا وَيُؤْثِرُونَ عَلَى أَنفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ وَمَن يُوقَ شُحَّ نَفْسِهِ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ
وَالَّذِينَ جَاؤُوا مِن بَعْدِهِمْ يَقُولُونَ رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلِإِخْوَانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بِالْإِيمَانِ وَلَا تَجْعَلْ فِي قُلُوبِنَا غِلًّا لِّلَّذِينَ آمَنُوا رَبَّنَا إِنَّكَ رَؤُوفٌ رَّحِيمٌ

{Il appartient aussi (le butin)] aux émigrés besogneux (réfugiés Mecquois) qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu’ils recherchaient une grâce et un agrément d’Allah, et qu’ils portaient secours à (la cause d’) Allah et à Son Messager. Ceux-là sont les véridiques. Il [appartient également] à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays (Médine) et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s’il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant : « Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux ».} (59/8-10)

 

 

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Voyons à présent quelques grands mérites sur les quatre premiers Califes de l’Islâm :

 

 

 Abû Bakr رضي الله عنه 

 

* Il était lié au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم car sa fille ‘Âichah رضي الله عنها était marié à lui (Muslim : 4399).

* Parmi les hommes, il est le premier que le Messager صلى الله عليه و سلم aimait : il éprouvait du respect à son égard et l’affectionnait beaucoup (Muslim : 4396).

* Il est la personne de confiance vis-à-vis du Messager صلى الله عليه و سلم au point qu’il avait conseillé une femme – qui lui posait des questions – de retourner à Abû Bakr رضي الله عنه s’il mourait (Muslim : 4398).

* Il est le premier Calife de l’Islâm : Allah puis le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم le voulaient ainsi (Muslim : 4399).

* Il était le plus informé sur le Messager صلى الله عليه و سلم et comprenait ce que les gens ne saisissaient pas (Muslim : 2382).

* Il a offert son amitié et sa fortune au service du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم (Muslim : 2382).

* Sur ordre du Messager صلى الله عليه و سلم toutes les portes des demeures donnant dans la mosquée furent fermées hormis celle d’Abû Bakr رضي الله عنه (Muslim : 2382).

* Les Compagnons plaçaient son mérite après celui de l’Envoyé صلى الله عليه و سلم(Al-Bukhârî : 3655).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم l’a appelé « sâhibî »: mon Compagnon (Al-Bukhârî : 3661).

* Il a été le premier homme libre à croire sans douter à la prophétie du Messager صلى الله عليه و سلم d’où son surnom : « as-siddîq »: le véridique (Al-Bukhârî : 3661, 3363, 3674 et 3855).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a sollicité le pardon d’Allah pour lui. Il a sur lui l’Indulgence divine (Al-Bukhârî : 3661, 3664).

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a espéré que dans l’Au-delà, il soit appelé par les huit portes du Paradis ! (Al-Bukhârî : 3666).

* Il a éclairé et rappelé à ‘Umar رضي الله عنه ainsi qu’aux gens le jour du décès du Messager صلى الله عليه و سلم les versets (39/30 et 3/144).

* Il a défendu par sa propre personne, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم qui était entrain d’être étranglé par un polythéiste (Al-Bukhârî : 3678).

* Il eu l’honneur de diriger la prière lors de la maladie du Prophète صلى الله عليه و سلم (Al-Bukhârî : 4448).

* Allah glorifié soit-Il l’a mentionné en compagnie du Prophète صلى الله عليه و سلم caché dans la grotte sous Sa protection (Muslim : 4389).

* Il a embrassé le Prophète صلى الله عليه و سلم après sa mort (Al-Bukhârî : 4452, 4455).

 

 

 

   Umar  رضي الله عنه  


* Il est lié au Messager صلى الله عليه و سلم
 car sa fille Hafsah était l’une des femmes du Messager صلى الله عليه و سلم.

* ‘Âichah رضي الله عنها  voulant être inhumée dans sa demeure à côté de son mari ; l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه و سلم et son père Abû Bakr رضي الله عنه , elle préféra laisser sa place à ‘Umar رضي الله عنه  ! (Al-Bukhârî : 3674, 3700).

* Il avait une grande place auprès de l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه و سلم, il lui tenait énormément compagnie (Muslim n° 4402).

* Le Messager صلى الله عليه و سلم faisait des songes et il y voyait souvent ‘Umar رضي الله عنه  (Muslim : 4404, 4408).

* Le Messager صلى الله عليه و سلم même a attesté de l’érudition de ‘Umar رضي الله عنه (Muslim : 4404).

* Son entrée au Paradis est garanti et il lui sera octroyé un palais (Muslim : 4408).

* Il aimait le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم et le vénérait au point d’en pleurer (Muslim : 4409).

* Il était fort, imposant et révéré au point que les gens se dérobaient de lui ainsi que les démons sur sa route ! (Muslim : 4410 et Al-Bukhârî : 3682).

* Il a été inspiré par Allah glorifié soit-Il sur trois points (le maqâm d’Ibrâhîm, le hidjâb et les prisonniers de Badr) (Muslim : 2399 et Al-Bukhârî : 3689).

* Depuis sa conversion à l’Islâm, sa considération n’a cessé de croître dans les cœurs des gens (Al-Bukhârî : 3684).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم, lui a annoncé qu’il allait mourir martyr (Al-Bukhârî : 3686).

* Après la mort du Prophète صلى الله عليه و سلم, sa générosité et son vigourisme augmentaient de plus en plus (Al-Bukhârî : 3687).

* Il a accomplis certaines actions qu’aucun autre n’a pu faire (Al-Bukhârî : 3688).

* C’était quelqu’un de très religieux et attaché fermement à l’Islâm (Al-Bukhârî : 3691).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم et Abû Bakr رضي الله عنه sont morts satisfaits de ‘Umar رضي الله عنه (Al-Bukhârî : 3691).

* Il craignait énormément le châtiment d’Allah (Al-Bukhârî : 3693).

 

 

 Uthmân  رضي الله عنه 

 


* Le Messager صلى الله عليه و سلم
, lui a annoncé l’entrée au Paradis (Muslim : 4416).

* Il l’a informé qu’il mourra martyre ! (Al-Bukhârî : 3675).

* Les anges éprouvaient de la pudeur envers lui ! (Muslim : 4414 et Ahmad 24060).

* Alors que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم avait ses jambes découvertes dans un verger, il les couvrit à l’entrée de ‘Uthmân رضي الله عنه par pudeur à son égard ! (Al-Bukhârî : 3695).

* Il a creusé le puit de « rûmah » et équipé l’armé de « ‘usrah » ; il aura donc le Paradis pour demeure ! (Al-Bukhârî : 3695).

* Il a accomplit les deux hégires : celle de la Mecque vers Médine et celle de l’Abyssinie (Al-Bukhârî : 3696).

* Les gens ont reconnus ses mérites (Al-Bukhârî : 3696).

* Il a été désigné troisième calife de l’Islâm après Abû Bakr رضي الله عنه et ‘Umar رضي الله عنه (Al-Bukhârî : 3696).

* Après Abû Bakr رضي الله عنه et ‘Umar رضي الله عنه il était le préféré des musulmans (Al-Bukhârî : 3697).

* Lors du Pacte d’Allégeance de « ridwân » sous l’arbre, ‘Uthmân رضي الله عنه était absent, le Prophète صلى الله عليه و سلم leva sa main droite et frappa l’autre à la place de ce dernier (Al-Bukhârî : 3698).

* Les grandes qualités de ‘Uthmân رضي الله عنه ont été vantés par Ibnu ‘Umar رضي الله عنه (Al-Bukhârî : 3704).

 

 

 Ali  رضي الله عنه 

 


* Il est lié par deux fois au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 : premièrement c’était son cousin paternel et deuxièmement il était son gendre car il avait épousé sa fille Fâtimah Az-Zahrah (Al-Bukhârî : 3729).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم a affirmé son lien avec Alî رضي الله عنه (Al-Bukhârî : au-dessus du 3701).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم est mort satisfait de lui (Al-Bukhârî : au-dessus du 3701).

* Le Messager صلى الله عليه و سلم le considérait beaucoup au point qu’il le compara au Prophète Hârûn sur lui la paix vis-à-vis du Prophète Mûsâ sur lui la paix ! (Muslim : 4418).

* Il a eu l’honneur d’être aimé par Allah et Son Messager صلى الله عليه و سلم ! (Muslim : 4424).

* Il a eu le privilège d’être le porteur de l’étendard des musulmans lors de l’expédition de Khaybar (Muslim : 4424).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم le surnomma « abû turâb » ; le père de la terre, poussière et c’était son surnom préféré (Voir la raison : Al-Bukhârî : 3703).

* Il était soucieux de mourir comme ses prédécesseurs ; Abû Bakr رضي الله عنه, ‘Umar رضي الله عنه et ‘Uthmân رضي الله عنه (Al-Bukhârî : 3707).

 

Concernant ces quatre grands Compagnons, ils sont les premiers Califes de l’Islâm. A ce sujet l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه و سلم :

« Je vous somme de craindre Allah ainsi que d’écouter et obéir [au gouverneur] même si ce dernier est un esclave abyssin. Vous verrez après moi de grandes divergences ; alors attachez-vous à ma Sunnah et à la sunnah des Califes bien-guidés (Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân et ‘Alî) : mordez-y à pleine à l’aide de vos incisives et prenez garde aux nouveautés [dans la Religion] car toute innovation est un égarement. »

(Ibn Mâdjah authentifié par Al-Albânî رحمه الله dans le « sahîh d’Ibn Mâdjah » : 42)

 

 

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 Âichah  رضي الله عنها 

 


* Elle a été marié au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 par Allah glorifié soit-Il par l’intermédiaire d’un songe (Muslim : 4468).

* Lorsque un Compagnon voulait offrir un cadeau à l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه و سلم, il attendait qu’il soit chez ‘Âichah رضي الله عنها pour le lui offrir car il savait qu’il l’aimait beaucoup (Muslim : 4471).

* Alors qu’il restait peu de temps à vivre à notre bien aimé صلى الله عليه و سلم, il désirait ardemment l’arrivé du jour pour être en compagnie de ‘Âichah رضي الله عنها (Muslim : 4473).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم à rendu sa noble âme dans le giron de ‘Âichah رضي الله عنها (Al-Bukhârî : 4446).

*  La dernière chose que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a goûté était la salive de ‘Âichah رضي الله عنها qui lui avait ramollis un morceau de siwak (Al-Bukhârî : 4449, 4450).

* Elle a reçu le salut de Djibrîl paix sur lui par l’intermédiaire du Prophète صلى الله عليه و سلم (Muslim : 4479).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم a confirmé sa supériorité sur les autres femmes hormis Maryam la fille de ‘Imrân et Âsiyah qui elles, ont atteintes la perfection (Muslim : 4478 et Al-Bukhârî : 3769).

* Lors de l’affaire du « ifk » ; la calomnie à son encontre, Allah عز و جل l’a innocenté dans Son Livre ! (Muslim : 4974).

* Elle a été l’occasion de la prescription du « tayammum » ; ablution sèche (Al-Bukhârî : 3672).

* Elle sera la femme de l’Envoyé صلى الله عليه و سلم dans l’Au-delà (Al-Bukhârî : 3772).

 

 

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 les Ansâr ou Auxiliaires 

habitants de Médine qui ont accueilli les Mecquois persécutés lors de l’Hégire

 


* C’est Allah glorifié soit-Il qui leur a donné cette appellation (Al-Bukhârî : 3776).

* Pour s’attirer l’amour d’Allah glorifié soit-il il faut aimer les Ansar car cela est obligatoire et fait partie de la croyance. Tandis que celui qui les haït est un hypocrite et s’appâtera la haine d’Allah (Al-Bukhârî : 3783, 3784).

* Ils ont offert l’asile et leur soutient au Prophète صلى الله عليه و سلم et aux Emigrés Mecquois persécutés (Al-Bukhârî : 3779).

* Ils ont partagés leurs biens avec les émigrés Mecquois ! (Al-Bukhârî : 3782).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم, si ce n’était l’Hégire, il aurait souhaité être un Ansârî ! (Al-Bukhârî : 3779).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم leur prouve sa confiance (Al-Bukhârî : 3779).

* L’Envoyé صلى الله عليه و سلم a invoqué Allah en faveur des Ansâr, de leur fils et petits-fils ; le Pardon d’Allah (Muslim : 4561).

* Ils étaient les plus chers des êtres pour le Messager صلى الله عليه و سلم (Muslim : 4564).

* Il leur a exprimé et manifesté directement son amour (Muslim : 2508).

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم les a considéré comme ses Compagnons intimes et Confidents (Muslim : 4565).

* Il nous a ordonné d’estimer ceux qui font le bien et de pardonner à ceux qui font du mal ! (Muslim : 4565).

* Après avoir vu le dévouement des Ansâr à l’égard du Messager صلى الله عليه و سلم, un Compagnon a juré de toujours les servir ! (Muslim : 4570).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم a invoqué Allah glorifié soit-il afin que ceux qui suivent les Ansâr soit considérés parmi eux (Al-Bukhârî : 3787).

* Le Prophète صلى الله عليه و سلم leur a enjoint la patience jusqu’à ce qu’ils puissent le retrouver près du « hawd » ; le bassin dans l’Au-delà (Al-Bukhârî : 3792).

 

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 les Muhâdjirîn 

 

 

* Ils sont les musulmans habitants de la Mecque forcés à la quitter à cause des persécutions. Ils ont une place grandiose auprès d’Allah glorifié soit-Il car ils ont laissé derrière eux tout leur bien et ont émigré pour le visage d’Allah !

* Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم invoqua Allah glorifé soit-Il afin qu’Il leur accorde le bien, le pardon et Son honneur (Al-Bukhârî : 3795, 3796 et 3797).

* Il y a d’autres mérites sur ces différents hommes et femmes qui ont tout sacrifiés. Veuillez consulter le recueil authentique de Bukhârî : livre 63, chapitre : « L’expatriation (hidjrah) du Prophète صلى الله عليه و سلم et de ses Compagnons vers Médine. »

 

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 En général sur TOUS les Compagnons 

 


* Ils sont les meilleurs des hommes sur la terre (après les Prophètes) de même ceux qui viennent après et ceux venant après ces derniers (Al-Bukhârî : 3651 et Muslim : 2532).

* Les Compagnons sont une sûreté pour la Communauté Musulmane (Muslim : 2531).

* Allah a accordé la victoire aux premières troupes musulmanes par la présence en leur sein, d’un compagnon, d’un tabî’î ou d’un tâbi’ at-tâbi’în ! (Muslim : 2532).

* Ils sont la cause de l’expansion de l’Islâm sur la surface de terre. A part eux, qui nous aurait transmis la saine Compréhension, le Coran et la Sunnah de Son Messager صلى الله عليه و سلم ?

* Il est prohibé de les insulter… D’après Abû Sa’îd رضي الله عنه :
« … L’Envoyé d’Allah صلى الله عليه و سلم
 a dit :

« N’injuriez aucun de mes Compagnons, car si l’un de vous dépense [en aumône] une somme égale à un monceau d’or du volume du mont Uhud, il n’atteindra pas [le même mérite que] celui d’entre eux qui a donné un mudd ou même la moitié d’un mudd. » »
(Muslim : 4611)

Il est à préciser qu’il existe aussi des mérites particuliers sur les Compagnons. Pour cela, nous vous invitons à consulter les recueils de ahâdîth authentiques comme celui d’Al-Bukhârî et de Muslim.

Voici la croyance (‘aqîdah) des Gens de la Sunnah et du Consensus (ahlu-ssunnati wa-ldjamâ’ah) à l’égard des nobles Compagnons : ce qui est mentionné dans le Livre d’Allah et la Sunnah purifiée de Son Envoyé صلى الله عليه و سلم.

Wè Allahou allem

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