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Le Message Islam

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12 décembre 2014

Les dix dernières nuits du Ramadhan

 

بسم الله الرحمن الرحيم

De l’Erudit ibn Rajab el Hanbalî رحمه الله

 

 

Selon ‘Âicha رضي الله عنها :

« Arrivé aux dix derniers jours, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم serrait son Izâr [Pièce d'étoffe qui se porte à la taille  ou pagne. (N. du T.)], veillait ses nuits, et réveillait sa famille. »

Dans une version, il est précisé : « il veillait ses nuits, réveillait sa famille, redoublait d’efforts, et serrait son Izâr. » [ Rapporté par el Bukhârî et Muslim]

Au cours des dix derniers jours du Ramadhan, le Prophète صلى الله عليه و سلم privilégiait de faire certaines œuvres qu’il ne faisait pas le reste du mois. Entre autres, il veillait ses nuits. Il est possible que cela signifie qu’il restait éveillé la nuit entière. Dans un Hadith de ‘Âisha رضي الله عنها en effet, celle-ci explique : « Le Prophète صلى الله عليه و سلم alternait les vingt premiers jours entre la prière et le sommeil, mais lorsque survenait les dix derniers jours, il ‘’retroussait ses manches » et serrait son Izâr. » [ Rapporté par Ahmed].

Cela peut vouloir dire également qu’il faisait vivre la plus grande partie de la nuit. Cette hypothèse se fonde sur le propos que nous rapporte Muslim dans son recueil Sahîh, selon lequel ‘Âisha رضي الله عنها déclare :« Je ne pense pas qu’il صلى الله عليه و سلم ait passé la nuit en prière jusqu’à l’aube. » Par ailleurs, le Prophète صلى الله عليه و سلم veillait à réveiller sa famille au cours des dix dernières nuits indépendamment des autres jours. Sufiân e-Thawrî affirme : « Quand viennent les dix derniers jours, je préfère que quelqu’un prît la nuit, qu’il redouble d’effort, qu’il réveille son épouse et ses enfants pour la prière s’ils se sentent capables de le faire. » Il est certifié à cet effet que le Prophète صلى الله عليه و سلم frappait à la porte de Fatima et de ‘Ali pour leur dire : « Ne devriez-vous pas vous lever pour prier ! » [ Rapporté par el Bukhârî et Muslim]

 

Il avait pour habitude de réveiller ‘Âisha رضي الله عنها avant de faire le Witr, au terme de sa veillée qu’il consacrait à la prière. Les Textes encouragent les époux à se réveiller mutuellement la nuit pour se vouer à la prière et éventuellement asperger de l’eau sur le visage du conjoint dont le sommeil est trop lourd. D’après el Mawatta, ‘Omar ibn el Khattab رضي الله عنه priait la nuit la durée qu’Allah voulait. Au milieu de la nuit, il réveillait sa famille en s’écriant : « La prière ! La prière ! » Il récitait notamment ce Verset :

{Ordonne la prière à ta famille et endure-la} [ Tâ-Ha ; 132]

La femme d’Abû Mohammed Habîb el Fârisî lui répétait la nuit : « La nuit s’est s’effacée alors qu’entre nos mains le chemin est long et nos provisions sont bien maigres. La caravane des pieux est passée devant nous et nous, sommes restés sur place. »

 

Ô dormeur de la nuit ! A quel point tu dors !

Lève-toi mon amour [Le terme Habîb signifie amoureux en arabe, ici en l'occurrence c'est le nom de son mari mais il sous-entend certainement les deux sens (N. du T.)]  ! Le rendez-vous est proche

Prends de la nuit et de ses instants                      

Un passage quand le dormeur a pris sa couche   

Qui dort au terme de la nuit                                     

N’atteint aucun rang ni s’en approche

 

À cette occasion, le Prophète صلى الله عليه و سلم serrait notamment son Izâr. Les avis sont partagés pour expliquer le sens de cette expression. Certains savants prétendent que c’est une façon d’exprimer les efforts intensifs et intenses qu’il consacrait à l’adoration, mais cette hypothèse est sujette à discussion. En réalité, elle signifie qu’il s’isolait de ses femmes ; c’est ainsi que les prédécesseurs et les références anciennes comme Sufiân e-Tawrî l’ont interprété. Une autre hypothèse avance qu’il ne se mettait plus au lit jusqu’à la fin du Ramadhan. Dans le Hadith d’Anas رضي الله عنه en effet, il est précisé : « Il pliait son lit et s’isolait de ses femmes. »

 

Certains anciens assument concernant l’exégèse du Verset suivant :

{maintenant vous pouvez les approcher, et recherchez ce qu’Allah vous a prescrit} [ La vache ; 187]

que cela correspond à rechercher la Nuit du Destin. Cela voudrait dire qu’Allah عز و جل a autorisé d’approcher les femmes pendant les nuits du Ramadhan jusqu’au moment de distinguer entre le fil blanc et le fil noir de l’aube. Il a enjoint avec cela de rechercher la Nuit du Destin, afin que les musulmans ne passent pas toutes les nuits du mois à profiter des relations licites avec leurs femmes au risque de laisser échapper cette nuit. En outre, Il a ordonné de rechercher cette fameuse nuit à travers la prière nocturne, surtout lors des nuits où il est plus propice de s’y trouver. À partir de là, on peut comprendre pourquoi le Prophète صلى الله عليه و سلم voyait ses femmes les vingt premiers jours pour ensuite s’isoler d’elles afin de se concentrer à sa quête de la Nuit du Destin les dix derniers jours.

 

En outre, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم prenait son repas du matin juste avant l’aurore. Selon ‘Âisha رضي الله عنها et Anas رضي الله عنه , les dix derniers jours, il صلى الله عليه و سلم prenait son repas du soir avant l’aurore. Les termes de ‘Âisha رضي الله عنها sont les suivants : « Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dormait et priait pendant le Ramadhan. Les dix derniers jours, il serrait son Izâr, s’éloignait de ses femmes, se douchait entre les deux Edhân, et prenait avant l’aube son repas du soir. » [ Rapporté par ibn abî ‘Âsim]. Selon Abû Sa’îd el Khudrî, le Prophète a dit صلى الله عليه و سلم :

« Ne jeûnez pas sans interruption ; quiconque voudrait le faire sans interruption doit s’arrêter au moins juste avant l’aurore.

-  Toi, tu jeûnes bien sans interruption lui a-t-on fait remarquer !

-  Je ne suis pas comme vous a-t-il répliqué, quelqu’un la nuit me nourrit et m’abreuve. » [ Rapporté par el Bukhârî]

 

Visiblement, il صلى الله عليه و سلم continuait de jeûner toute la nuit. Il le faisait probablement pour mieux affronter les dix dernières nuits. Il n’en était pas plus affaibli étant donné qu’Allah le nourrissait et l’abreuvait.

 

De plus, le Prophète صلى الله عليه و سلم se douchait entre les deux prières de la nuit. Comme nous l’avons déjà vu avec le Hadith de ‘Âisha رضي الله عنها, il se douchait entre les deux appels à la prière (Adhân). Autrement dit, entre l’Adhân du Maghreb et celui du ‘Ishâ. Ibn Jarîr a souligné : « Les anciens appréciaient se doucher toutes les nuits des dix derniers jours. E-Nakha’î s’y douchait toutes les nuits. Certains se douchaient et se parfumaient les nuits les plus propices à la Nuit du Destin. Ayyûb e-Sikhtiyânî consacrait sa douche la nuit du vingt-trois et celle du vingt-quatre. Il revêtait deux vêtements neufs, se parfumait à l’encens, et disait : « La vingt-troisième nuit, c’est la nuit des gens de Médine, et la suivante c’est la notre », il entendait par-là les habitants de Bassora. »

 

Il devient clair à travers cela qu’il est recommandé les nuits où l’on espère coïncider avec la Nuit du Destin de se laver et de se faire beau. Cela consiste à se faire propre en se douchant, se parfumant, et en portant des beaux vêtements comme il est légiféré de le faire le vendredi et les jours de fête. Il est légiféré également de se faire beau pour les prières en général. On ne peut embellir pleinement son extérieur sans embellir par-là même son intérieur à travers le repentir et le retour à Dieu عز و جل en se purifiant le cœur des souillures des péchés. Il ne sert à rien d’entretenir son aspect extérieur et de laisser l’intérieur complètement délabré.

Il n’est pas décent de s’entretenir avec les rois en privé sans peaufiner et purifier le corps et l’esprit en même temps. Que dire des relations avec le Roi des rois, Lui qui connaît les secrets les plus cachés. Il ne se contente pas de regarder vos aspects extérieurs, mais Il considère vos cœurs et vos actes. Quiconque se tient devant Lui doit embellir son corps par sa tenue et son cœur par le manteau de la piété.

 

Si quelqu’un ne revêt pas l’habit de la piété,  Il est véritablement nu même s’il est tout habillé

 

Il est propice à l’occasion des dix derniers jours de faire l’I'tikâf (retraite spirituelle). D’après el Bukhârî et Muslim, selon ‘Âisha رضي الله عنهاle Prophète صلى الله عليه و سلم faisait l’I'tikâf les dix derniers jours du Ramadhan, et cela, jusqu’à sa mort. D’après Sahîh el Bukhârî, selon Abou Huraïra رضي الله عنه : « Tous les Ramadhan, le Prophète faisait une retraite de dix jours. L’année où il est mort, il a fait une retraite de vingt jours. »

 

 Il faisait une retraite ces dix fameux jours, au cours desquels chacun est à l’affût de la Nuit du Destin, pour se couper de toute occupation mondaine. Il en profitait pour se vider l’esprit, pour s’entretenir en privé avec Son Seigneur afin de l’invoquer et de l’évoquer.

 

La personne en retraite s’isole pour mieux se soumettre à Allah et se consacrer au Dhikr (l’évocation d’Allah). Elle décide de couper tout lien avec le monde extérieur susceptible de lui perturber l’esprit. Elle se tourne corps et âme vers Son Seigneur et se voue complètement à Allah. Sa seule préoccupation est Son Seigneur et la recherche de Son agrément. Une fois que les liens, les sentiments, et une certaine complicité se créent, la personne peut dès lors s’abandonner pleinement à Allah dans toutes les autres situations.

 

Allah عز و جل dit :

{Nous l’avons descendu la Nuit du Destin. Et qui te dira ce qu’est la nuit du Destin ? La nuit du Destin est meilleure que mille mois.}. [ Le Destin ; 1-3]

Selon Abû Huraïra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit au sujet du mois du Ramadhan :

« Il y a une nuit qui est meilleure que mille mois, quiconque est privé de ses bienfaits, sera démuni. » [ Rapporté par Ahmed et e-Nasâî]

 

Mâlik a confié : « On m’a rapporté qu’il fut montré au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم les œuvres des générations passées, ou ce qu’Allah a voulu lui montrer. Il eut l’impression que celles de sa communauté étaient trop justes et qu’elles ne pouvaient rivaliser avec celles des prédécesseurs dont la durée de vie était plus longue. Allah lui offrit donc la Nuit du Destin qui est meilleure que mille mois. »

 

Concernant les œuvres liées à cette fameuse nuit, il est certifié que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Quiconque veille la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, il se verra pardonner ses péchés passés. »

« Veiller » consiste ici à la passer dans l’adoration et la prière nocturne. En outre, il a recommandé à ‘Âisha رضي الله عنها de se consacrer aux invocations. Sufiân e-Thawrî a dit : « Cette nuit-là, les invocations sont meilleures à mes yeux que la prière. » Il veut dire par là qu’il vaut mieux multiplier les invocations que de faire des prières comportant peu d’invocations. Néanmoins, si l’adorateur alternait entre les invocations et la lecture cela reste une bonne initiative. Le Prophète صلى الله عليه و سلم se consacrait à l’adoration les nuits du Ramadhan et psalmodiait le Coran. Il ne lisait pas un verset évoquant la Miséricorde sans la solliciter ni un verset évoquant le châtiment sans demander la protection d’Allah. Il alliait la prière avec la récitation, l’invocation avec la méditation. Voici la meilleure combinaison à mettre en pratique au cours des dix dernières nuits ou autre. ‘Âisha رضي الله عنها a demandé au Prophète صلى الله عليه و سلم :

« Si je coïncidais avec la Nuit du Destin, quelle invocation dois-je y consacrer ?

 - Tu n’as qu’à dire : Ô Allah ! Tu es Absoluteur et tu aimes le pardon, alors pardonne-moi ! »

 

 L’absoluteur fait partie des Noms d’Allah, il signifie qu’Allah passe outre les péchés de Ses serviteurs et qu’Il en efface les traces. Il aime qu’on sollicite Son Pardon et aime pardonner à Ses Serviteurs comme Il aime de la part de Ses Serviteurs qu’ils se pardonnent les uns les autres. S’ils venaient à se pardonner entre eux, Il userait de Son Pardon envers eux. Son Pardon a un ascendant sur à Son Châtiment. Le Prophète disait à cet effet صلى الله عليه و سلم :

« Je cherche protection auprès de Ton Agrément contre Ta Colère et de Ton Pardon contre Ton châtiment. » [ Rapporté par Muslim]

 

Il est donc conseillé de demander pardon la Nuit du Destin après avoir redoublé d’efforts dans les bonnes œuvres au cours de cette nuit en question et des dix dernières nuits en général. Cela, parce que les initiés, même s’ils s’appliquent dans les actes de dévotion, ils ne se voient pour autant dans une situation privilégiée. Ils s’en remettent alors à Son Pardon à la manière des pécheurs et des insouciants.

 

Selon Abû Huraïra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit  :

« Quiconque jeûne pendant le mois du Ramadhan avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. Quiconque prie la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. »

 

Toujours selon Abû Huraïra رضي الله عنه, ce dernier صلى الله عليه و سلم a dit :

« Quiconque prie les nuits du Ramadhan avec foi et en aspirant à la récompense se verra pardonné ses péchés passés. » [ Rapporté par el Bukhârî et Muslim]

 

Ce Hadith recense trois moyens de se faire pardonner les péchés commis dans le passé. Autrement dit, il faut jeûner le mois du Ramadhan, prier durant ses nuits, et durant la Nuit du Destin en particulier. À elle seule, la Nuit du Destin efface les fautes qui ont pu se produire au début, au milieu, ou à la fin des dix derniers jours. Que la personne s’en rende compte ou non, l’absolution des péchés n’attend pas la fin du mois pour se voir effective ; contrairement au Ramadhan et à la prière nocturne pour lesquels il faut attendre la fin du mois pour en savourer les fruits. En effet, dès que le mois se termine, le fidèle achève le jeûne et les veillées spirituelles. L’absolution des péchés a lieu tout de suite après l’interruption des deux moyens qui ont permis de l’obtenir. Ces deux moyens sont le jeûne pour les journées et la prière pour les nuits du mois du Ramadhan.

 

Une fois les limites du mois franchies, les jeûneurs ont rempli leur devoir. Ils n’ont plus qu’à attendre la récompense qui se traduit par le pardon. En allant à la prière de l’Aïd, leurs récompenses leur sont distribuées. Quand ils rentrent chez eux, ils ont déjà perçu leur dû en entier. La récompense est proportionnelle à l’effort requis ; celui qui n’a pas rempli correctement son devoir devra s’en prendre à lui-même. Salmân affirme à ce sujet : « La prière est une balance, celui qui donne la bonne mesure sera pleinement rétribué, et pour celui qui voudrait tricher : vous connaissez pertinemment le sort des tricheurs. »

 

Le jeûne et les bonnes œuvres en général sont de cet ordre. Celui qui s’acquitte de sa dette compte parmi les serviteurs d’Allah les plus loyaux tandis que celui qui veut tricher, alors malheur aux tricheurs ! Honte à celui qui remplit avec soin la mesure de ses passions alors qu’il néglige injustement la balance de  son jeûne et de sa prière !

 

Demain les âmes seront gratifiées de leurs œuvres,

 

Et les laboureurs auront le fruit de leur labeur

 

S’ils font du bien, ils le font pour eux-mêmes,

 

 Et s’ils font du mal alors quel mauvais labeur

 

Les pieux prédécesseurs faisaient en sorte d’achever leur effort avec soin et perfection. Se voir accepter les œuvres étant leur second souci, ils avaient la peur au ventre à l’idée de se les voir refuser, et ils

{font ce qu’ils font le cœur rempli de crainte} [ Les croyants ; 60]

 

‘Ali رضي الله عنه aurait dit : « Soyez plus préoccupés de vous voir accepter les œuvres que de les accomplir. N’avez-vous pas entendu les Paroles d’Allah عز و جل :

{Allah accepte les œuvres des gens pieux} [ Le Repas Céleste ; 27] »

 

Selon el Hasan : « Allah a fait du Ramadhan une arène pour Sa création où ils rivalisent dans Son obéissance pour atteindre Sa satisfaction. Les premiers ont eu la victoire tandis que les retardataires ont tout perdu. » Comment peut-on avoir le sourire aux lèvres le jour où les bienfaiteurs sont les vainqueurs et où les paresseux sont les perdants !

 

Parmi les moyens permettant également de gagner le pardon divin, nous avons le fait de nourrir les jeûneurs et d’alléger la tâche aux esclaves. Il y a de surcroît l’évocation d’Allah et le repentir qui consiste à demander pardon au Seigneur.

 

Les invocations du jeûneur lui sont acceptées aussi bien la journée qu’au moment où il entame son repas. En outre, les anges invoquent le pardon en faveur des jeûneurs jusqu’au soir. Ainsi, il existe de multiples façons de se faire pardonner à l’occasion de ce mois bénit.

 

C’est pourquoi ne pas obtenir à cette occasion le pardon, c’est vraiment être le plus démuni du monde !

 

Quand les péchés seront-ils pardonnés à celui qui n’aura pas profité de l’opportunité ?

 

Quand ses oeuvres lui seront-elles acceptées, si elles ne l’ont pas été au cours de ce mois ?

 

Quand va-t-il se corriger s’il ne l’a pas fait pendant Ramadhan ?

 

Quand va-t-il guérir de son ignorance et de sa négligence ?

 

Toutes les branches qui ne donnent pas de fruits à l’heure de la cueillette sont coupées pour servir de brasier au feu. Si la terre est mal semée à la saison des graines, il y n’aura d’autre labeur le jour de la récolte que la déchéance et le remord.

 

Concernant la fin du mois, les personnes inondées par les fautes et dont les grands péchés leur font mériter l’Enfer, sont affranchies de ses flammes. Le jour de l’Aïd, Allah affranchit de la Géhenne, les grands pécheurs parmi les jeûneurs ; les pervers peuvent rejoindre ainsi les dévots. Etant donné que le pardon et l’affranchissement du feu étaient le fruit du jeûne et des veillées pieuses, le Seigneur a ordonné au serviteur d’achever cette période en exprimant sa reconnaissance et en proclamant Sa Grandeur en disant :

{afin que vous finissiez ses jours et que vous proclamiez la Grandeur d’Allah qui vous a guidé, ainsi serez-vous reconnaissants} [ La vache ; 185]

La façon d’être reconnaissant envers Celui qui par Sa Faveur a permis à Ses serviteurs de jeûner le mois de Ramadhan tout en les soutenant dans leur besogne, c’est de l’évoquer et de le remercier tout en Le craignant comme il se doit ; Lui qui leur a pardonné et qui les a affranchis de l’Enfer.

 

Ô toi dont le Maître a affranchi des flammes ! Méfie-toi de ne pas retomber dans les chaînes de la faute après t’en être délivré. Ton Maître t’éloignerait-Il de l’Enfer vers lequel tu es attiré ? À quoi bon t’en sauver si toi tu y replonges sans y manquer ! Il incombe à quiconque veut délivrer son âme du feu à l’occasion du Ramadhan de se donner les moyens de le faire, en sachant qu’à cette occasion, ils sont plus que disponibles.

 

Dans e-Sahîh d’ibn Khuzaïma, il est dit : « Faites en sorte d’abonder de ces quatre choses : deux d’entre elles servent à satisfaire Votre Seigneur, et vous ne pouvez vous passer des deux autres. Celles dont vous vous servez pour satisfaire Votre Seigneur, ce sont : l’attestation qu’il n’y de dieu en dehors d’Allah et le repentir. Et celles dont vous ne pouvez vous passer, ce sont : quand vous demandez à Allah le Paradis, et quand vous cherchez Sa protection contre l’Enfer. »

 

Chacune des quatre particularités mentionnées dans ce Hadith constitue en elle-même une raison d’être affranchi et pardonné. La parole d’unicité pulvérise et efface les péchés. Elle n’omet aucune faute et rien parmi les œuvres ne peut la devancer en mérite. Elle équivaut à l’affranchissement d’un esclave qui implique l’affranchissement du feu. La parole du repentir quant à elle, constitue l’un des plus grands moyens pour se faire pardonner. Si l’on sait que le repentir consiste à invoquer Allah d’absoudre les péchés, il faut alors garder à l’esprit que l’invocation du jeûneur est exaucée quand il est à jeun et juste au moment de rompre son jeûne. Au demeurant, le plus efficace des repentirs s’avère quand celui-ci est accompagné d’un regret sincère.

 

Quiconque demande pardon du bout des lèvres, avec le cœur attaché à la faute, et la ferme intention à la fin du mois de la retrouver, verra son abstinence lui retourner, et les portes de l’acceptation lui seront fermées. Quant au fait d’implorer l’entrée au Paradis et d’être protégé de l’Enfer, ce sont les invocations, les plus essentielles et au sujet desquelles le Prophète صلى الله عليه و سلم a déclaré :

« C’est autour de cela que nous tournons. » [ Rapporté par Abou Dawûd et ibn Mâja]

 

Serviteurs d’Allah ! Ramadhan a pris l’initiative de partir, il n’en reste pratiquement plus rien. Celui qui parmi vous en a profité pour faire le bien, doit finir ainsi, mais celui qui a gaspillé ses heures peut encore finir bien. La dernière œuvre est celle qui prévaut. Jouissez donc du peu de jours et de nuits qui vous restent et quittez-le sur une bonne action ; elle pourra témoigner en votre faveur auprès du Roi Omniscient. Faites-lui vos adieux au moment du départ avec les meilleures salutations.

 

Ô Ramadhan ! Compatis ! Les larmes des bien-aimés affluent et leurs cœurs devant la douleur du départ se fendent. Un instant au moment des adieux peut étouffer ce que les flammes du désir ont brûlé. Un instant de pardon et de regret peut récupérer des empans entiers de jeûne détruits par le feu. Un cavalier isolé parmi les admis peut très bien regagner la caravane. L’individu enchaîné dans ses fautes peut tout aussi se libérer. Un individu méritant le feu peut autant en être délivré et un rebelle peut certainement être atteint par la Miséricorde du Maître.

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur notre maître Mohammed, ainsi que sur ses proches, et tous ses Compagnons !

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12 décembre 2014

Ramadan, un rappel d’unité

 

Shaykh  Muhammad Nasirud-Din Al-Albani رحمه الله

 

 

 بسم الله الرحمن الرحيم

 

 Abû Hurayra رضي الله عنه a rapporté que le prophète صلى الله عليه و سلم a dit : « Jeûnez quand ils jeûnent, rompez le jeûne quand ils rompent le leur et sacrifiez le jour où ils sacrifient. »

 

Sahih : rapporté par At-Tirmidhi (2/37). Shaykh Al-Albani رحمه الله l’authentifié dans As-Sahiha (n°224).

 

Al-Bayhaqi rapporte d’après Abû Hanifa, qui a dit : « ‘Ali ibn Al-Aqmar m’a rapporté, de Masruq, qui a dit : je suis entré chez ‘Aisha le jour de ‘Arafat, et elle a dit : « Servez à Masruq du gruau et faites-le plus doux. » Masruq a dit : « Rien ne m’a empêché de jeûner ce jour si ce n’est que j’ai craint que cela puisse être le jour du Sacrifice. Ainsi, ‘Aisha m’a dit : « Le jour du Sacrifice vient lorsque les gens sacrifient et le jour de la rupture quand les gens finissent leur jeûne. »

Cette chaîne de narration est jayid (bonne) en raison de ce qui a précédé.

 

COMPRÉHENSION DU HADITH

 

L’imam At-Tirmidhi dit après avoir cité ce hadith : « Quelqu’un parmi les gens de science a expliqué ce hadith en disant : Son sens est de jeûner et de rompre le jeûne avec la Jama’a et la majorité des gens. »

 

As-San’ani dit dans Subulus-Salam (2/72) : « Dans ce hadith est une preuve qu’être en accord avec les gens est accepté dans l’établissement du jour du ‘Id et que la personne seule qui croit que c’est le jour du ‘Id – par la vision de la lune – alors il lui est obligatoire d’être en accord avec les gens et que la décision des gens – concernant la prière, la rupture du jeûne et le sacrifice – est obligatoire sur la personne. » 

 

Ibn Al-Qayim – a mentionné cette signification dans Tahdhibus-Sunan (3/214) et a dit : « Il est dit : Il y a en cela une réfutation de ceux qui disent que quiconque connaît les positions de la lune par les calculs astronomiques, alors il lui est permis de jeûner et de rompre le jeûne, même si d’autres ne le savent pas. Il est aussi dit : que le témoin seul qui voit la lune, mais dont le qadi (le juge) n’a pas accepté le témoignage, alors il n’y a pas de jeûne pour lui, de même qu’il n’y a aucun jeûne pour les gens. »

 

Abul-Hasan As-Sindi dit dans Hashiya ‘ala Ibn Majah, après la mention du hadith d’Abû Hurayra رضي الله عنه qui a été rapporté par At-Tirmidhi : « Et son sens apparent est : qu’il n’y a pas de place pour l’opinion individuelle dans ces questions, ni pour agir seul en cela. Plutôt cette affaire revient à l’imam (le gouverneur des musulmans) et la Jama’a (le groupe des musulmans sous l’imam). Il obligatoire aux gens de suivre l’imam et la Jama’a. C’est pourquoi, si un homme seul voit la lune, mais que le qadi rejette son témoignage, alors l’individu n’a aucun droit en ces questions, mais il doit suivre la Jama’a en cela. »  

Et ceci est le sens évident du hadith et qui est souligné par le fait que ‘Aisha رضي الله عنها l’a employé avec Masruq quand il s’est retenu de jeûner le jour de ‘Arafat, craignant que cela puisse être le jour du Sacrifice. Donc elle lui a expliqué qu’il n’y a aucun poids pour son avis personnel en cela et qu’il doit suivre la Jama’a. Donc elle lui a dit : « Le jour du Sacrifice vient quand les gens sacrifient et le jour de la rupture quand les gens rompent leur jeûne. »

 

Et c’est ce qui convient à la Shari’a facile et tolérante, dont l’un des buts est d’unir les gens, unifier leurs rangs et tenir loin d’eux tout ce qui fendrait leur unité complète – parmi les avis isolés. Donc la Shari’a ne donne pas de poids à l’avis isolé dans des questions concernant les actes collectifs d’adoration (‘ibada jama’iya), comme le jeûne, le  ‘Id et la prière en congrégation – même si l’avis est correct, d’un point de vue. Ne voyez-vous pas que les compagnons رضي الله عنه priaient l’un derrière l’autre. Ainsi, parmi eux, certains ont tenu l’avis que le toucher d’une femme, ou l’écoulement de sang annulait les ablutions, et d’autres n’ont pas tenu cet avis. Parmi eux, certains complétaient la prière pendant le voyage, alors que d’autres raccourcissaient. Ceci et d’autres différences, ne les ont pas empêchés de prier ensemble derrière un même imam et de considérer cela acceptable. Et ceci, parce qu’ils savaient que tafaruq (division) dans la religion est plus mauvaise que l’ikhtilaf (divergence) sur quelques avis. En effet, la question avec l’un d’entre eux a atteint le point qu’il ne considérait pas même acceptable la divergence d’avis avec le grand imam dans les grandes réunions; comme la réunion à Mina (pendant le Hajj), au point qu’il abandonnait totalement la pratique de son avis dans cette réunion – fuyant ce qui pourrait résulter de ce mal, s’il agissait selon son propre avis.

 

Ainsi, Abû Dawud rapporte (1/307) que ‘Uthman رضي الله عنه a prié quatre rak’a à Mina, ‘Abdullah ibn Mas’ud l’a critiqué en disant : « J’ai prié deux rak’a avec le prophète صلى الله عليه و سلم et deux rak’a avec Abû Bakr رضي الله عنه et deux rak’a avec ‘Umar رضي الله عنه et deux rak’a avec ‘Uthman رضي الله عنه au début de son commandement, puis il l’a complétée (c’est-à-dire en priant quatre rak’a). Après cela les voies se sont divisées avec vous tous. Donc j’espère de ces quatre rak’a, que deux d’entre elles seront acceptées. » Puis, Ibn Mas’ud a prié quatre rak’a. Donc on lui a dit : « Tu critiques ‘Uthman, et tu pries quatre ? » Donc il a dit : « La divergence est mauvaise. »

 

Sa chaîne de narration est sahih (authentique) et quelque chose de semblable a été rapporté dans le Musnad (5/155) de l’imam Ahmad, d’après Abû Dharr رضي الله عنه

 

Donc ceux qui continuent à se diviser en ce qui concerne la prière et refusent de suivre les imams dans les mosquées – particulièrement dans la prière du witr pendant Ramadan – donnant comme preuve que c’est contre leur madhab, doivent réfléchir sur le hadith mentionné ci-dessus et les athar. De même, ceux qui revendiquent la connaissance de l’astronomie et qui, en raison de leur avis, jeûnent et rompent leur jeûne seuls – en précédant ou retardant de la majorité des musulmans, et ne voient aucun problème en cela – doivent aussi réfléchir sur les preuves précédemment citées. Tous doivent considérer et réfléchir sur la science qui a été mentionnée. Peut-être trouveront-ils un remède à leur ignorance et aveuglement, pour qu’ils soient un rang unifié avec leurs frères musulmans – en effet la Main d’Allah est avec la Jama’a.

12 décembre 2014

Les préjugés

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

Abou Hureyra رضي الله عنه rapporte que le messager d’ Allah صلى الله عليه و سلم a dit:

 

« Prenez gardes des préjugés, qui sont trompeurs! Ne cherchez pas à vous immiscer dans ce qui ne vous regarde pas, ne vous espionnez pas, ne vous rivalisez pas, ne vous enviez pas, ne vous détestez pas, ne vous détournez pas les uns des autres, et soyez tous des serviteurs d’ Allah unis par la fraternité comme Il vous l’ a ordonné. le musulman est le frère du musulman, il ne l’opprime pas, ne l’abandonne pas et ne le méprise pas… »

 

Authentique : rapporté par el Bukhâry (5134), Muslim (2563-2564) 

12 décembre 2014

Le délaissement de la prière de L’Aid pour l’homme ou la femme

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question:

Est il permit au musulman de délaisser sans raison la prière de L’Aid? Et est-il permis d’empêcher la femme de l’accomplir avec les gens?

 

Réponse :

Pour de nombreux savants, la prière de l’Aid est « fard kifaya » (obligation collective) et donc le délaissement est permis pour une partie des musulmans. Toutefois y assister et y participer avec leurs frère musulmans est une Sounnah Mû’kkada (recommandée).

Il ne convient donc pas de la délaisser, si ce n’est pour une raison valable.

D’autres savants, quant à eux, jugent que cette prière est « fard aine » (obligation individuelle), au même titre que la prière du vendredi. Donc, qu’il n est pas permis aux personnes responsables parmi les hommes libres et résidents, de la délaisser. Ce point de vue est ce qui se révèle, compte tenu des preuves, être le plus proche de la vérité.

Il est sounnah que les femmes assistent à cette prière, en faisant attention de porter le voile (hijab), et ne pas découvrir une quelconque partie de son corps, et de ne pas se mettre de parfum, conformément à ce qui a été rapporté par « ummu ‘atîyya » رضي الله عنها dans les deux sahih :

« Nous reçûmes l’ordre de sortir pour les deux fêtes, les femmes impubères et celles qui ont leur menstrues, afin qu’elles assistent à une réunion pieuse et aux invocations des musulmans. Les femmes ayant leurs menstrues se tenaient a l’écart du lieu de prière …. » Dans une autres version une femme dit au Prophète صلى الله عليه و سلم : ô Envoyé d’Allah, une d’entre nous n’a pas de manteau (jilbeb) pour sortir. Il صلى الله عليه و سلم répondit : « que sa sœur la revête de son manteau (jilbeb) « 

Pas de doute que cela confirme la permission qu’ont les femmes de sortir pour la prière des deux Aid afin d’assister à cette réunion pieuse et aux invocations des musulmans. Et Allah est le seul détenteur du succès.

Cheikh Ibn Baz رحمه الله

 

 

Le délaissement de la prière de L'Aid pour l'homme ou la femme dans I- LA PRIERE line6

 

 

Question :

La prière de l’ Aîd est-elle obligatoire pour la femme ? Si oui doit-elle l’accomplir à la Maison ou à la Mosquée ?

 

Réponse : 

La prière de la Aîd n’est pas obligatoire pour la femme, elle est plutôt une Sunnah [très Recommandé]
 . Elle accomplit cette prière avec les musulmans dans leur lieu de prière car c’est ce que le messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a ordonné aux femmes.

Sources : Majmou Fatawa Lajna Daîma Vol 8 p 284

 

 

 

line6 dans K- LE RAMADAN

 


Question : 


Quel est le mieux pour une femme, sortir à la prière de « al-‘Aîd » ou rester à la maison ?

 

Réponse : 

Il est meilleur qu’elle sorte pour la prière de « al-‘Aîd », parce que le prophète صلى الله عليه و سلم
 a commandé que les femmes sortent à la prière de « al-‘Aîd », jusqu’aux fillettes et aux vierges adolescentes – c’est-à-dire, les femmes qui d’habitude ne sortent pas. Il leur a commandées de sortir, en dehors de celles qui se trouvent en période de menstrues, à qui il a demandé de sortir mais en se gardant éloignées du lieu de prière [Rapporté par al-Bukhârî et Muslim] de « al-‘Aîd ».

 

Les femmes en période de menstrues doivent ainsi sortir avec les autres femmes pour al-‘Aîd, mais elles ne doivent pas entrer dans le lieu de prière [al-Mousallah], car le lieu de prière de « al-‘Aîd » prend le statut d’une mosquée, et il n’est pas permis qu’une femme en période de menstrues reste dans la mosquée, mais il lui est permis de passer à travers [la mosquée] ou d’aller prendre quelque chose dont elle aurait besoin, sans y rester.

Sur cette base nous disons : les femmes doivent sortir à la prière de « al-‘Aîd » et rejoindre ainsi les hommes dans cette prière, en raison du bien, des exhortations et invocations qu’elles peuvent y faire.
Madjmu’ Fatâwa de Sheikh Ibn Uthaymîne رحمه الله
, vol-16 p.210-211

12 décembre 2014

Trois points dont l’apprentissage est obligatoires à tout musulman et musulmane

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Le grand savant et imâm de la Sounnah Mouhammad bnou ‘Abdel Wahhâb رحمه الله a dit :

 

Saches, qu’Allah te fasse miséricorde, qu’il est obligatoire à tout musulman et musulmane d’apprendre trois points :

 

Le premier point , c’est qu’Allah nous a créés, et ne nous a pas créés sans but, Il ne nous a pas abandonnés à nous-même. Au contraire, Il nous a envoyé un messager avec un livre. Quiconque lui obéit entre au paradis, et quiconque lui désobéit entre en enfer. La preuve de cela est la parole d’Allah عز و جل :

{Nous vous avons envoyé un Messager pour être témoin contre vous, de même que Nous avions envoyé un Messager à Pharaon. Pharaon désobéit alors au Messager. Nous le saisîmes donc rudement.} (Sourate 73 versets 15 et 16)

 

Le deuxième point, la chose la plus importante venue avec ce messager est qu’on ne peut associer aucune chose à Allah dans Son adoration, la preuve de cela est Sa parole عز و جل :

{Et les mosquées sont pour Allah, alors n’invoquez personne avec Allah} (Sourate 72 verset 18)

 

Le troisième point, est que quiconque pratique le monothéisme et adore Allah, il ne lui est pas permis de prendre pour ami celui qui s’oppose à Allah et Son messager, même si c’est son père, ou son fils, ou son frère ou un membre de sa tribu, et la preuve de cela est la parole d’Allah :

{Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leur fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L’agréent. Ceux- là sont le parti d’Allah. Le parti d’Allah est celui de ceux qui réussissent.} (Sourate 58 verset 22)

 

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12 décembre 2014

La quête de la nuit du destin et de la manière de la célébrer

 

بسم الله الرحمن الرحيم
 

 

Question : 

 

Quels sont les actes méritoires à accomplir pendant Laylat Al-Qadr (la nuit du Destin) ?

Serait-ce par la prière ou bien par la récitation du Saint Coran, la lecture de la biographie du Prophète, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam, l’écoute de sermons et de prêches et la célébration de cette nuit dans la mosquée ?

 

Réponse  : 

 

Premièrement : Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم s’évertuait au cours des dix derniers jours de Ramadan à accomplir des pratiques cultuelles plus qu’il ne le faisait au cours de n’importe quel autre moment de l’année, et ce par la prière, la récitation du Coran et la multiplication des invocations.

A cet égard, Al-Boukhârî et Mouslim rapportèrent, d’après `A’îcha رضي الله عنها ce Hadith : 

« Dès l’arrivée de la dernière décade (du Ramadan), le Prophète صلى الله عليه و سلم passait les nuits en priant, éveillait ses femmes (pour rendre culte à Allah, elles aussi), s’appliquait avec zèle aux pratiques cultuelles et s’abstenait de tout rapport charnel (avec ses femmes) . » 

Ahmad et Mouslim rapportèrent également ce Hadith: : 

« Durant la dernière décade du Ramadan, le Prophète صلى الله عليه و سلم s’appliquait aux pratiques cultuelles plus qu’il ne le faisait au cours de n’importe quel autre moment de l’année . »

 

Deuxièmement : Le Prophète صلى الله عليه و سلم incita à accomplir la prière nocturne lors de la nuit d’Al-Qadr avec une foi sincère et en toute pureté d’intention.

A ce sujet, d’après ’Abou Horayrah رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit : 

« Quiconque accomplit la prière nocturne pendant la nuit d’Al-Qadr, avec une foi sincère et en toute pureté d’intention, se verra pardonnés ses péchés antérieurs »  
(Rapporté par les sept compilateurs de Hadith, à savoir: Al-Boukhârî, Mouslim, Ahmad, Abou Dâwoud, An-Nassâ’î, At-Tirmidhî, exception faite de Ibn Mâdja. C’est de ce Hadith que l’on tire argument quant à légitimité de célébrer cette nuit s’appliquant à accomplir le Qiyâm – prière nocturne).

 

Troisièmement : Parmi les meilleures invocations à faire lors de la nuit d’Al-Qadr, celle que le Prophète صلى الله عليه و سلم fit apprendre à `A’îcha رضي الله عنها . A cet égard, At-Tirmidhî rapporta et jugea Sahîh (authentique), le Hadith narré par `A’îcha رضي الله عنها où elle dit :

J’ai dit: « O Messager d’Allah! S’il m’arrivait de savoir quelle nuit est celle d’Al-Qadr, dis-moi ce que je devrais y dire ». Il lui dit: « Dis: ‘O, Allah! Tu es Pardonneur et Tu aimes le pardon. Aussi pardonne- moi !’» 

 

Quatrièmement : Quant au fait d’indiquer une des nuits de Ramadan en particulier et considérer que telle est la nuit d’Al-Qadr, ceci doit se fonder sur un argument qui attribue exclusivement à cette nuit ce statut.

Cependant, les nuits impaires des dix derniers jours de Ramadan sont estimées plus méritoires d’avoir parmi elles cette nuit glorieuse.

De même la vingt septième nuit est à plus forte raison plus méritoire que les autres nuits du mois de se voir attribuer ce statut éminent.

L’on tire argument à cet égard des Hadiths étayant ce qu’on vient de mentionner.

 

Cinquièmement : Quant aux « Bid`as » (innovations religieuses), elles ne sont pas autorisées ni pendant le Ramadan ni en aucun autre mois de l’année.

A cet égard, il fut authentiquement prouvé que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dit :

« Quiconque introduit une innovation en matière de religion, verra son acte rejeté » 

et dans une autre narration : 

« Quiconque accomplit un acte sans être conforme à la Sunna, son acte sera rejeté « 

Ceci dit, les célébrations organisées lors de certaines nuits de Ramadan ne reposent sur aucun fondement et vont ainsi à l’encontre de la Sunna de Mohammad صلى الله عليه و سلم ; or, les pires des choses sont les innovations religieuses.

Qu’Allah vous accorde la réussite; que l’éloge et le salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammad, sa famille et ses Compagnons 

Comité permanent [des savants] de l’Ifta

 

  

12 décembre 2014

Ceux à qui est versée la Zakât de la rupture du jeûne

 

بسم الله الرحمن الرحيم
 

 

Question :

Il arrive que des hommes réclament la Zakat Al Fitr (aumône de la rupture du jeûne) dans les marchés, et l’on ignore s’ils sont pieux ou non. D’autres sont bien dans l’apparence, or ce qu’ils recoivent de la Zakat, ils le consacrent entièrement à l’entretien de leurs enfants. Certains touchent un salaire mais ils ne sont pas de bons pratiquants. Le cas échéant, serait-il permis de leur verser la Zakat?

 

Réponse :

 

 

Zakat Al-Fitr est payée aux musulmans pauvres, même si ceux-ci enfreignaient les consignes de la religion, et ce pourvu que leur désobéissance ne soit pas de nature à les faire sortir de l’Islam même. Le critère de pauvreté à cet égard est l’apparence de la personne, fût-ce une personne riche en réalité. Celui qui paye la Zakat doit rechercher, tant que possible, les pauvres qui soient bons au fond. Si jamais la richesse de celui qui aurait bénéficié de la Zakat apparaît plus tard, ceci n’affectera en rien la validité de la Zakat, elle demeure valable, louange à Allah.

Qu’Allah vous accorde la réussite, que l’éloge et le salut soit sur notre Prophète Mohammed, sur sa famille et ses compagnons.

 

Comité permanent [des savants] de l’Ifta

Question 3 de la fatwa n°3055

 

Numéro de la partie: 9,  Numéro de la page: 377

12 décembre 2014

Comment s’effectue la prière des deux fêtes [al-‘Aîdayn] ?

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

La prière des deux fêtes est, quand l’imâm arrive, il dirige la prière des gens en deux Raka’ah en faisant un premier « Takbîr al-Ihrâm » [Proclamation de la grandeur d'Allâh tel que : Allâhu Akbâr], ensuite il fait six « Takbîrât », puis il récite la « Fâtiha » et la sourate « Qaf » dans la première Raka’ah, et dans la deuxième Raka’ah, il se lève en faisant le « Takbîr ». Après s’être levé, il prononce cinq « Takbîrât », et il récite sourate « al-Fâtiha » et ensuite la sourate « al-Qamar ». C’est ainsi que le Prophète صلى الله عليه و سلم récitait dans les prières des deux fêtes. Mais si l’imâm le veut, il peut réciter la sourate « al-A’la » dans la première Raka’ah, et la sourate « al-Ghâchiyah » dans la deuxième [Rapporté par Muslim].

 

Sache, que la prière du vendredi [al-Djumu'ah] et la prière des deux fêtes [al-‘Aîdayn] ont deux sourates en commun, et deux sourates qui les différencient. Quant aux sourates qui les rapprochent, ce sont les sourates « al-A’la » et « al-Ghâchiyah ». Et quant à celles sur lesquelles elles diffèrent, ce sont, dans la prière des deux fêtes, les sourates « Qaf » et « al-Qamar », et dans la prière du vendredi, les sourates « al-Djumu’ah » et « al-Munâfiqoûn ». L’imâm se doit de refaire vivre la Sounnah avec la récitation de ces deux sourates, jusqu’à ce que les musulmans sachent cela [cette Sounnah] et qu’ils ne la désapprouvent pas quand elle est appliquée. Après cela, il prononce le sermon [Khotbah], et il doit réserver une partie de son sermon aux femmes, afin de leur transmettre leurs obligations, et de les mettre en garde contre ce qui leur est défendu, comme le Prophète صلى الله عليه و سلم l’a fait [Rapporté par al-Bukhârî et Muslim].

Madjmu’ Fatâwa de Ibn ‘Uthaymîne رحمه الله, Vol-16 p.238-239

12 décembre 2014

Lorsque le vendredi et le jour de l’Aid tombent le même jour

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

Si le vendredi et la fête tombent le même jour, le vendredi n’est plus obligatoire pour celui qui a accomplit la prière de la fête.

Zayd ibn Al-Arqam رضي الله عنه a dit :

« Le Prophète صلى الله عليه و سلم a accomplit la prière de la fête puis il donna le choix aux gens de se rendre ou non au vendredi, il صلى الله عليه و سلم dit : « Que celui qui désire, le fasse » ».
Rapporté par Al Boukhary, Mouslim, Abou Dawud et ibn Maja

 

Extrait du livre : Les règles du vendredi De Sheykh El-Albani رحمه الله

 

 

Lorsque le vendredi et le jour de l’Aid tombent le même jour dans K- LE RAMADAN varrow

 

 

Quand « al-Djumu’ah » [la prière du vendredi] et « al-’Aîd » tombent le même jour, la prière de « al-’Aîd » doit être maintenue, comme doit être maintenue la prière de « al-Djumu’ah », comme l’indique le sens apparent du hadîth de an-Nu’mân Ibn Bashîr rapporté par Muslim dans son Sahîh.


Ceci dit, ceux qui assistent à la prière de « al-’Aîd » avec l’imâm peuvent aussi assister à [à la prière] du « Djumu’ah » s’ils le souhaitent, ou ils peuvent prier « adh-Dhuhr » [la prière du zénith].

Madjmu’ Fatâwa de Sheikh Ibn ‘Uthaymîne رحمه الله, vol-16 p.216-222

12 décembre 2014

Ne pas frapper le visage

 

SHeikh ‘Abdel-‘Azîz Ibn ‘Abdullâh Ibn BâZ  رحمه الله

 

 

 

 بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

Il y a un hadîth rapporté du Prophète صلى الله عليه و سلم dans lequel il interdit d’enlaidir le visage, et où il est dit qu’AllAh a créé Adam à Son image. Quelle est la croyance correcte quant à ce hadîth ?

 

Réponse :

Ce hadîth est authentifié du Prophète صلى الله عليه و سلم et il y dit : « Si l’un d’entre vous frappe [une personne] qu’il évite le visage, certes AllAh a crée Adam à Son image. »« A l’image du Tout Miséricordieux. » d’après une autre version : Cela n’implique pas la ressemblance et l’exemple.

 

Le sens voulu d’après les gens de science [Ahl al-‘Ilm] est qu’Allah a créé Adam avec la capacité d’entendre [Samî'an], de voir [Bassîran] et de parler quand il le souhaite. Et ce sont aussi des attributs d’Allah, car certes Il entend, voit et parle quand Il le souhaite et Il a un Visage – Djalla wa ‘Ala.

 

Mais cela ne veut pas dire qu’Il ressemble et [qu'Il] est à l’exemple [de ces créatures]. Bien au contraire, l’image d’Allah est différente de l’image de Ses créatures. Et le sens voulu dans le fait qu’Il entend, voit et parle quand Il veut, est qu’Il a aussi créé Adam capable d’entendre et de voir, avec un visage, des mains et des pieds. Mais l’audition [de Ses créatures] n’est pas comme Allah entend, comme Il voit et comme Il parle. Plutôt, Allah a des attributs qui conviennent à Sa Majesté et à Sa Grandeur, et Ses créatures ont des attributs qui leurs conviennent, attributs qui sont limités et imparfaits, alors que les attributs d’Allah sont parfaits, sans défauts, illimités et sans fin. Et c’est pour cela qu’Allâh عز و جل dit :

 

{ Il n’y a rien qui Lui ressemble ; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. } [Coran, 42/11]

 

Et Il عز و جل dit :

{ Et nul n’est égal à Lui. } [Coran, 112/4]

 

Et il n’est donc pas permis de taper et d’enlaidir le visage. 

 

Madjmu Fatâwa de SHeikh Ibn BâZ رحمه الله, 4/226

 

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