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Le Message Islam
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12 décembre 2014

Celui qui veut qu’on lui élargisse sa subsistance

 

السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

 

بسم الله الرحمن الرحيم

CELUI QUI VEUT QU’ON LUI ÉLARGISSE SA SUBSISTANCE

 

 Al-Imâm Muhyî ad-Dîn Abî Zakaria Yahyah Ibn Charaf an-Nawawî رحمه الله

Anas Ibn Malik رضي الله عنه a déclaré avoir entendu le Prophète صلى الله عليه و سلم dire : « Que celui qui veut qu’on lui élargisse la subsistance et lui prolonge la vie, entretienne bien ses liens de parenté »
Rapporté par al-Bukhârî et Muslim

 

L’Imâm An-Nawawî رحمه الله a dit [dans son commentaire] :

Le terme : « Younassâ » signifie reporter, retarder. Le terme : « Athar » signifie trace, qui marque l’aboutissement d’une vie. L’expression : « Bast ar-Rizq » signifie augmenter la subsistance. On dit aussi, que c’est la rendre bénie [Barakah].

Quant au report du terme d’une vie, il soulève une interrogation bien connu : le terme de la vie et la subsistance à recevoir n’ont-ils pas été prédéterminés de sorte à ne pouvoir subir ni augmentation ni diminution comme l’indique ce verset :

« Quand leur terme arrive, ils ne peuvent ni le retarder d’une heure ni l’avancer. » Coran, 10/49

Les savants ont répondu à cette question d’une réponse authentique [Sahîh]. La plus juste [de cette réponse] se présente comme telle :

1] Augmenter une vie, c’est la bénir, la faire remplir par des actes bénéfiques et d’obéissance [à Allah], la remplir d’actes utiles et ne pas la passer de sorte qu’elle soit [cette vie] inutile dans l’Au-delà.

2] L’augmentation ou la diminution correspond à ce qui apparaît aux anges sur la Tablette bien gardée [Lawh il-Mahfoûdh] ou autre que cela. Car il peut leur apparaître que la vie d’un tel est de 60 ans, mais s’il entretient bien ses liens de parenté, on lui accordera 40 années de plus. Allah عز و جل sait parfaitement ce qui arrivera. Cette réponse est en accord avec le sens [Ma'na] de la Parole d’Allah عز و جل :

« Allah efface ou confirme ce qu’Il veut et l’Écriture primordiale est auprès de Lui. » Coran, 13/39

Par rapport à la Science d’Allah عز و جل et Son décret éternel [Qadar], l’augmentation est impossible. Mais par rapport à ce qui apparaît aux créatures, l’augmentation est concevable. Tel est le sens voulu du hadîth.

3] Ce qui est voulu, c’est la faveur [les bienfaits] après cela, comme s’il ne mourrait pas. Cela est l’avis de al-Qadhî, mais il est faible [dha'îf] ou vain [Bâtil] – Wa Allahu A’Lam. Charh Muslim, 16/114

 

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12 décembre 2014

Le sommeil et l’éveil

 

Cheikh Muhammad Ibn Abî Bakr Ibn Qayyîm al-jawziya رحمه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

LE SOMMEIL ET L’ÉVEIL

 

Le sommeil modéré consolide les forces naturelles, apaise les forces psychologiques, augmente la nature de ce qui les porte, au point que son repos empêche la décomposition des âmes.

Le sommeil pendant la journée est mauvais car il entraîne des maladies d’humidités et de congestions, gâte le teint, provoque des inflammations de la rate, mollesse et paresse, il affaiblit le désir, sauf en été, pendant les fortes chaleurs.

Le plus mauvais sommeil est celui du début de journée, et pire encore le sommeil en fin de journée, aprés la prière du ‘Asr.

‘Abd Allah Ibn Abbâs vit un de ses enfants dormir le matin et lui dit : « Lève-toi ! Dors-tu au moment où la subsistance est distribuée ? »

On dit que le sommeil la journée est de 3 types : une bienséance, une perte et une stupidité

  • La bienséance est le somme lors de la forte chaleur et c’était l’habitude du messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
  • La perte est le somme de la matinée qui détourne le dormeur des affaires de la vie présente et de l’au-delà.
  • Et la stupidité est le somme après Al ‘Asr.

Un pieux prédécesseur a dit : « Quiconque dort après Al ‘Asr et perd la raison, ne doit blâmer que lui-même. »

Un poète a dit : « Le somme de la matinée amène au jeune abrutissement * Et celui de la fin de la journée, folie »

Le somme de la matinée empêche la subsistance, car c’est le moment où les gens cherchent leur subsistance, et le moment où elle est partagée. 

Ce somme est donc une privation sauf en cas d’évènement ou de nécessité. 

Il est très nuisible au corps car il le ramollit, corrompt les excédents qui doivent être décomposés par l’exercice, et ainsi provoquent abattement, peine, et faiblesse.

S’il survient avant la selle, le déplacement, l’exercice et la mise en activité de l’estomac, c’est la maladie incurable qui provoque plusieurs sortes de maladies.

 "L’authentique de la médecine prophétique », Chapitre Intitulé" Concernant le sommeil et l’éveil", page 238

Cheikh Muhammad Ibn Abî Bakr Ibn Qayyîm al-jawziya رحمه الله

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Dans le livre "L'Esprit de l'Âme", de Al-Ghazalî رحمه الله, ibn Al-Jawzî رحمه الله et ibn Qudâmah رحمه الله, dans le chapitre réservé au "Livre des phases de ressourcement spirituel", il est indiqué :

"Sache que la nuit et le jour comptent vingt-quatre heures. Le juste milieu consiste à en dormir le tiers, soit huit heures. Celui qui dort moins que cela n'est pas à l'abri de troubles physiques, et celui qui dort plus que cela voit sa paresse grandir. S'il dort plus que cela la nuit, il n'y a aucune raison pour qu'il dorme le jour, au contraire, s'il manque une part de sommeil, on la rattrape le jour."

12 décembre 2014

Retarder l’accomplissement du Ghusl au fajr pendant Ramadan

 

السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Retarder l’accomplissement du Ghusl au fajr pendant Ramadan


Question :

Est-il permis de retarder la lotion qui fait suite aux rapports sexuels, jusqu’à l’aube ?

Et est-il permis aux femmes de retarder la lotion liée à la rupture des règles ou de la période de couches, jusqu’à l’aube ?

 

Réponse :

Si la femme constate avant l’aube, qu’elle n’est plus en période de menstrues, il lui est obligatoire de jeûner. Il n’y a pas d’objection dans le retard des grandes ablutions jusqu’après l’aube. Toutefois il ne lui est pas permis de retarder les grandes ablutions jusqu’au lever du soleil. Il est également obligatoire pour l’homme de ne pas retarder ses grandes ablutions, et cela afin d’être présent et d’effectuer la prière de l’aube en commun [à la mosquée]

Cheikh Ibn Baz رحمه الله

12 décembre 2014

Rester ferme après Ramadan

 

Shaykh ‘Abdullah Ibn Salih Al-Fawzan حفظه الله

 

 بسم الله الرحمن الرحيم

 

Rester ferme après Ramadan

 

Sufyan Ibn ‘Abdillah رضي الله عنه a dit : "Ô messager d’Allah, dis-moi quelque chose sur l’islam, sur laquelle je n’interrogerai personne après toi. Il  dit : Dis : "Je crois en Allah" et ensuite reste ferme (sur cela)."
Sahih Muslim (n°38) 

Ce hadith est la preuve que le serviteur est obligé, après avoir cru en Allah, de persévérer et d’être ferme dans son obéissance à Lui, en accomplissant les actes obligatoires et en évitant les interdits. Ceci est réalisé en suivant le Chemin Droit, qui est la Religion ferme, sans s’en éloigner à droite ou à gauche.

Si un musulman a vécu pendant Ramadan et a passé ses jours dans le jeûne et ses nuits dans la prière et que pendant ce mois il s’est habitué à faire des actes de bien, il doit rester sur cette obéissance à Allah à tout moment (après cela). Ceci est le vrai état du serviteur (‘abd), en effet, le Seigneur des mois est Unique et Il est Vigilant et Témoin de Ses serviteurs à tout moment.

En effet, le fait d’être ferme après Ramadan et de rectifier ses paroles et actes est parmi les plus grands signes que la personne a tiré avantage du mois de Ramadan et qu’elle a lutté dans l’obéissance. Ce sont les signes de l’acceptation et du succès.

 

En outre, les actes d’un serviteur ne s’arrêtent pas avec la fin d’un mois et le commencement d’un autre. Plutôt ils continuent et s’étendent jusqu’à ce que vienne la mort, car Allah dit :

 {et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude (la mort).} [sourate Al-Hijr : 99]

Si le jeûne de Ramadan prend fin, le jeûne volontaire est toujours prescrit pendant l’année entière et la louange est à Allah. Etre debout dans la prière la nuit pendant Ramadan prend fin, mais l’année entière est un temps pour accomplir la prière de nuit. Et si Zakatul-Fitr prend fin, il y a toujours la Zakat  obligatoire, de même que l’aumône volontaire qui dure l’année entière. De même pour la récitation du Qur’an et la réflexion sur sa signification et tous les autres actes pieux qui sont aimés, ils peuvent être faits à tout moment. Parmi les nombreuses générosités qu’Allah a accordé à Ses serviteurs est qu’Il a placé pour eux de nombreux types différents d’actes d’adoration et Il a fourni beaucoup de moyens pour faire de bonnes actions. Donc, l’enthousiasme et l’ardeur du musulman doivent être constants et il doit rester au service de son Maître.

 

Il est malheureux de trouver certaines personnes accomplissant différents types d’actes pieux pendant Ramadan – préserver strictement leurs cinq prières quotidiennes dans le masjid, réciter abondamment le Qur’an et donner l’aumône. Mais quand Ramadan prend fin, ils deviennent paresseux dans leur adoration. Parfois, ils abandonnent même les obligations, et généralement la prière en congrégation et spécifiquement, la prière du Fajr !

Et ils commettent même des actes interdits comme de dormir aux temps des prières, se rendre aux lieux de sottise et de divertissement et se mélanger dans les parcs, particulièrement le jour du ‘Id ! L’aide contre ces maux vient seulement par la Grâce d’Allah. Ainsi, ils démolissent ce qu’ils ont construit et ils détruisent ce qu’ils ont établi. C’est une indication de privation et un signe de perdition. Nous demandons à Allah Sa protection !

 

En effet, ces gens prennent le repentir et l’arrêt des mauvaises actions comme quelque chose de spécifique et limité (seulement) au mois de Ramadan. Donc ils arrêtent de faire ces (bons) actes quand le mois s’arrête. Ainsi, c’est comme s’ils avaient abandonné des péchés pour Ramadan et pas par crainte d’Allah ! Combien est grand le mal de ces gens qui ne connaissent Allah que pendant Ramadan!

 

Vraiment, le succès qu’Allah accorde à Son serviteur réside dans le jeûne de Ramadan. Et Allah l’aide à faire ce qui est une grande bénédiction. Ainsi, cela appelle le serviteur à être reconnaissant envers son Seigneur. Et cette compréhension peut être trouvée dans la Parole d’Allah, après avoir achevé la faveur du mois de jeûne :

{Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants} [sourate Al-Baqara : 185]

Donc celui qui est reconnaissant en l’ayant jeûné, restera sur cette condition et continuera à accomplir des actes pieux.

 

En effet, la vrai musulman est celui qui loue et remercie son Seigneur pour lui avoir accordé la capacité de jeûner et d’accomplir le qiyam (la prière de nuit). Sa condition après Ramadan est meilleure que celle avant Ramadan. Il est plus prêt à obéir, désirant faire de bonnes actions et s’empresse d’accomplir les actes obligatoires. Car il a tiré avantage de cette grande école (Ramadan). Celui qui craint que son jeûne ne soit pas accepté, en effet Allah accepte seulement de ceux qui ont la taqwa (crainte emprunte de piété et plus encore, obéissance à Allah et éloignement de Ses interdits).

 

Les pieux prédécesseurs luttaient pour compléter et perfectionner leurs actes, espérant ensuite, qu’ils seraient acceptés et craignant qu’ils soient rejetés. Des narrations de ‘Ali رضي الله عنه rapportent qu’il a dit : « Soyez plus concerné par l’acceptation de vos actes que par l’acte lui-même. N’avez-vous pas entendu Allah dire :

 {Allah n’accepte que de ceux qui ont taqwa} [sourate Al-Ma'ida : 27] [2]

Aisha رضي الله عنها a dit : « J’ai interrogé le messager d’Allah صلى الله عليه و سلم concernant le verset:

 {Et ceux qui donnent ce qu’ils donnent (c’est-à-dire, l’aumône et d’autres bonnes actions), tandis que leurs cœurs tremblent par crainte.}

Sont-ils ceux qui boivent de l’alcool et volent ? » Il صلى الله عليه و سلم a dit : "Non, ô fille de As-Siddiq. Mais plutôt ils sont ceux qui jeûnent et prient et donnent l’aumône, craignent qu’ils ne soient pas acceptés d’eux. Ils sont ceux qui se précipitent pour faire de bonnes actions et ils sont les premiers pour les faire."

 

Donc prenez garde, prenez garde de retourner en arrière après avoir atteint la guidée, de s’égarer après la persévérance! Et demandez à Allah de vous donner l’endurance dans l’accomplissement des actes pieux et la constance dans l’accomplissement des bonnes actions. Et demandez à Allah qu’Il vous accorde une bonne fin, afin qu’Il accepte notre Ramadan. 

 

Lata’if-ul-Ma’arif (pg. 246)

 

12 décembre 2014

Les Chayâtînes [Satans] enchaînés pendant le mois de Ramadan

 

SHeikh al-Imâm Taqî-Dîn Abî Ishaq Ibrâhîm Ibn al-’Allâma Abî ‘Abd-Allâh Muhammad Ibn Muflih al-Maqdissî al-Hanbalî [d.884 H] رحمه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Les Chayâtînes [Satans] enchaînés pendant le mois de Ramadan

 

D’après Abî Hurayrah رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

"Quand arrive le Ramadhân, les portes de la miséricorde s’ouvrent et les portes de l’Enfer se ferment, et les démons sont enchaînés."
Hadîth unanimement reconnu authentique.

Ce qui est connu quant à ce hadîth, c’est que les portes du Paradis sont véritablement ouvertes et les portes de l’Enfer véritablement fermées. 
Un groupe [de savants] ont dit qu’il s’agit des actes de bien, qui représentent le moyen qui permet d’entrer au Paradis, et du fait de délaisser les péchés, ainsi que leur accomplissement qui est la cause de l’entrée en Enfer.

Certains [parmi les savants] ont dit que si cela est véritablement ainsi, les portes du Paradis seraient fermées toute l’année et celles de l’Enfer ouvertes toute l’année sauf le mois de Ramadhân, et de là, ce hadîth n’aurai aucun sens ?

Nous disons plutôt : il faut prendre cela au sens figuré. 

Mais il permis de penser que quelques portes du Paradis soient ouvertes et d’autres fermées à l’exemple des portes des mosquées [al-Massâdjid] qui ne sont ouvertes qu’au moment des heures de prière, et pendant les jours de fêtes, ou comme les portes des palais de roi qui ne sont ouvertes que durant les réunions.

Et selon un hadîth présent dans « al-Djâmi’ » de at-Tirmidhî, d’après Abî Hurayrah رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

"Au premier jour de Ramadhân, les diables et les Djinns rebelles seront enchaînés, toutes les portes du Paradis sans exception seront ouvertes. Un héraut criera : Ô toi qui cherches le bien, avance. Ô toi qui cherches le mal, va-t-en. Ce jour-là, il y aura des gens qu’Allah a affranchit du Feu. Et ceci se répète chaque nuit."  [...]
Rapporté par at-Tirmidhî – Authentifié par SHeikh al-Albânî رحمه الله dans « Sahîh Ibn Mâdja »

Les diables [Chayâtînes] seront pendant le mois de Ramadhân enchaînés et auront les carcans comme le mentionne le sens apparent du hadîth, et cela est soutenu par Abî Hâtim, Ibn Hibbân et d’autres qu’eux parmi les gens de science [Ahl al-‘Ilm].

Mais cela ne signifie pas la disparition totale du mal, mais plutôt sa diminution étant donné qu’ils seront faibles [...] 

Kitâb « Masâ-îb ul-Inssân min Makâ-îd ich-Chaytân » de L’Imâm Taqî ad-Dîn Ibn Muflih al-Maqdissî, p.143-144

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12 décembre 2014

Que devons-nous faire la nuit de « Laylat al-Qadr » [la nuit du mérite] ?

 

Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question : 

Comment devrions-nous observer « Laylat ul-Qadr » ? Doit-on la passer en priant, ou en lisant le Coran et la Sîrah [biographie] du Prophète صلى الله عليه و سلم
, écouter des conférences et des cours, et célébrant cela dans la mosquée [masdjid] ?.

Réponse : 

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 augmentait ses efforts dans l’adoration pendant les dix derniers jours de Ramadhân, plus qu’il ne le faisait en tout autre temps, en priant, en lisant le Qor’ân et en faisant des invocations [du'â]. Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté de ‘Âisha رضي الله عنها que :
« Quand les dix derniers jours de Ramadhân arrivaient, le Prophète صلى الله عليه و سلم veillait la nuit et réveillait sa famille, et il s’abstenait de toutes relations [sexuelles] ».

Ahmad et Muslim ont rapporté :

« Qu’il pratiquait en s’efforçant assidûment dans adoration pendant les dix derniers jours de Ramadhân comme il ne l’a jamais fait en tout autre temps. »

 

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a commandé de rester debout à prier « Laylat al-Qadr » avec foi [imân] et espoir de la récompense divine [ihtisabân]. Il a été rapporté de Abû Hurayrah رضي الله عنه que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Quiconque reste debout à prier « Laylat al-Qadr » avec foi et espoir de récompense divine, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. »
 Rapporté par tous en dehors de Ibn Mâdja. Ce hadîth indique qu’il est prescrit d’observer « Laylat al-Qadr » en passant la nuit en prière.

 

Une des meilleurs invocations [du'â] qui peut être dite durant la nuit du destin [Laylat al-Qadr] est ce que le Prophète صلى الله عليه و سلم a appris à ‘Âisha رضي الله عنها quand elle dit dans un hadîth rapporté par At-Tirmidhî et classé comme sahîh : « J’ai dit : Ô Messager d’Allâh, si je savais qu’elle était la nuit de « Laylat al-Qadr », que devrais-je dire en cette nuit ? – Et le Prophète de répondre : Dis :

اللهم انك عفو تحب العفو فاعفو عنى 

« Allâhumma Innaka ‘afou-oun tuhibou al-’afwa fâ’fou ‘ana » 

« Ô Allâh, Tu es celui qui pardonne, et Tu aimes le pardon, aussi pardonne-moi» [Rapporté par at-Tirmidhî, Ahmad, Ibn Mâdja et al-Hâkim]

 Quant à spécifier laquelle des nuits de Ramadhân est « Laylat al-Qadr », cela nécessite plus de preuves spécifiques , car les dix dernières nuits sont plus susceptibles [d'être celle-là] que les autres, et la vingt-septième nuit [de Ramadhân] est plus probable d’être « Laylat al-Qadr », parce que cela a été mentionné dans les ahâdîth.



Quant aux innovations [al-bida'], elles ne sont pas permises pendant et en dehors du Ramadhân. Il a été authentifié que le Messager d’Allâh صلى الله عليه و سلم a dit :

« Celui qui apporte dans notre religion-ci une innovation qui est étrangère, on doit rejeter tout ce qu’il dit. ».



Pour ce qui est des célébrations tenues pendant les quelques nuits de Ramadhân, nous n’en connaissons aucun fondement. La meilleur des voies est la voie de Muhammad صلى الله عليه و سلم
, et les plus mauvaises choses, sont celles inventées [mouhdathât].

 

Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ, vol-10 p.413

12 décembre 2014

Les félicitations de fin de Ramadan

 

 Al-Imâm SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

QUESTION : 

Concernant les félicitations de la fête « al-’Aîd », est-il de Sounnah pour les gens de dire : « ‘Aîdaka Mubârak » ou ce qui peut ressembler à cela ? Y-a-t-il un fondement dans la Charî’ah pour cela ou pas ? Et s’il existe un fondement dans la Charî’ah en cela, que devrions-nous dire ?

 

RÉPONSE : 

De ce qui peut-être dit comme félicitations le jour de la fête de « al-’Aîd » les uns envers les autres, il y a :

 

تقبل الله منا و منكم و أحاله الله عليك

 

« Taqabal-Allâh minnâ wa minkoûm wa Ahâlahu Allâh ‘alayk »

 

 

Et ce qui peut ressembler à cela. Et cela a été rapporté par un groupe des compagnons [ as-Sahâbah], qui eux ont fait de la sorte, et c’est sur la base d’un texte précis des Imâms, comme l’Imâm Ahmad et d’autres.

 

Ceci dit, l’Imâm Ahmad a dit :

« Moi je ne devance [dans les félicitations] personne, si une personne commence [à me féliciter], je lui réponds. Dés lors, répondre à la salutation est une obligation [wâdjib]. Quant à commencer les félicitations, il n’y a pas dans la Sounnah d’obligation pour cela. Et il n’y a pas aussi, d’interdiction pour cela [ces félicitations]. La personne qui le fait, a un modèle à suivre [un exemple], et la personne qui le délaisse [dire les félicitations], a un modèle à suivre ».

Wa Allâhu A’Lam. 

Madjmu’ al-Fatâwa d’Ibn Taymiyyah رحمه الله, vol-24 p.138

12 décembre 2014

Est-il permis à la femme indisposée d’entrer à la mosquée ?

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

Est-il permis à la femme indisposée d’entrer à la mosquée ?

 

Réponse de Sheykh el Albani رحمه الله :

 

Cela lui est permis sur base d’une preuve passive et une preuve affirmative.

 

Quand à la preuve passive, c’est l’absence de preuve lui interdisant d’entrer à la mosquée, cela relève de la règle juridique stipulant que la base de toute chose est la permission, aussi l’interdiction d’une chose nécessite une preuve particulière.

Mais absolument aucun hadith n’est authentique quand à l’interdiction de la femme indisposée d’entrer à la mosquée.

 

Quand à la preuve affirmative, il s’agit du hadith de Aicha رضي الله عنها dans sahih el boukhary d’après la narration de jabir ibn Abdillah el Ansari : « Lorsqu’elle eut ses règles lors du pélerinage d’adieu, alors que le Prophète صلى الله عليه و سلم s’était arrêté à un lieu proche de la mecque appelé Sarf, lorsqu’il صلى الله عليه و سلم entra auprès d’elle, il رضي الله عنها la trouva en train de pleurer et lui demanda :

« Qu’as-tu ? Es-tu indisposée ? »

Il صلى الله عليه و سلم poursuivit :

« C’est une chose qu’Allah a prescrit aux filles d’Adam. Fais donc ce que fait le pélerin sauf que tu ne fais pas le Tawaf et que tu ne pries pas »
Rapporté par Al Boukhary et Mouslim

C’est un texte soulignant qu’il est permis à la femme qui a ses menstrues d’entrer à la mosquée, même la mosquée sacrée, car le Prophète صلى الله عليه و سلم lui a autorisé de faire ce que fait le pélerin : entrer à la mosquée, le Tawaf, la prière….Tout ceci est accompli par le pélerin. Quand à elle, la seule exception parmi ce que fait le pélerin concerne le Tawaf et la prière.

 

La femme qui a ses règles, donc, peut entrer à la mosquée et lire le Coran ; celui qui prétend le contraire se doit d’avancer une preuve qui l’interdit et établir que cette interdiction a été stipulé après cette permission.

 

12 décembre 2014

Les dix dernières nuits du Ramadhan

 

بسم الله الرحمن الرحيم

De l’Erudit ibn Rajab el Hanbalî رحمه الله

 

 

Selon ‘Âicha رضي الله عنها :

« Arrivé aux dix derniers jours, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم serrait son Izâr [Pièce d'étoffe qui se porte à la taille  ou pagne. (N. du T.)], veillait ses nuits, et réveillait sa famille. »

Dans une version, il est précisé : « il veillait ses nuits, réveillait sa famille, redoublait d’efforts, et serrait son Izâr. » [ Rapporté par el Bukhârî et Muslim]

Au cours des dix derniers jours du Ramadhan, le Prophète صلى الله عليه و سلم privilégiait de faire certaines œuvres qu’il ne faisait pas le reste du mois. Entre autres, il veillait ses nuits. Il est possible que cela signifie qu’il restait éveillé la nuit entière. Dans un Hadith de ‘Âisha رضي الله عنها en effet, celle-ci explique : « Le Prophète صلى الله عليه و سلم alternait les vingt premiers jours entre la prière et le sommeil, mais lorsque survenait les dix derniers jours, il ‘’retroussait ses manches » et serrait son Izâr. » [ Rapporté par Ahmed].

Cela peut vouloir dire également qu’il faisait vivre la plus grande partie de la nuit. Cette hypothèse se fonde sur le propos que nous rapporte Muslim dans son recueil Sahîh, selon lequel ‘Âisha رضي الله عنها déclare :« Je ne pense pas qu’il صلى الله عليه و سلم ait passé la nuit en prière jusqu’à l’aube. » Par ailleurs, le Prophète صلى الله عليه و سلم veillait à réveiller sa famille au cours des dix dernières nuits indépendamment des autres jours. Sufiân e-Thawrî affirme : « Quand viennent les dix derniers jours, je préfère que quelqu’un prît la nuit, qu’il redouble d’effort, qu’il réveille son épouse et ses enfants pour la prière s’ils se sentent capables de le faire. » Il est certifié à cet effet que le Prophète صلى الله عليه و سلم frappait à la porte de Fatima et de ‘Ali pour leur dire : « Ne devriez-vous pas vous lever pour prier ! » [ Rapporté par el Bukhârî et Muslim]

 

Il avait pour habitude de réveiller ‘Âisha رضي الله عنها avant de faire le Witr, au terme de sa veillée qu’il consacrait à la prière. Les Textes encouragent les époux à se réveiller mutuellement la nuit pour se vouer à la prière et éventuellement asperger de l’eau sur le visage du conjoint dont le sommeil est trop lourd. D’après el Mawatta, ‘Omar ibn el Khattab رضي الله عنه priait la nuit la durée qu’Allah voulait. Au milieu de la nuit, il réveillait sa famille en s’écriant : « La prière ! La prière ! » Il récitait notamment ce Verset :

{Ordonne la prière à ta famille et endure-la} [ Tâ-Ha ; 132]

La femme d’Abû Mohammed Habîb el Fârisî lui répétait la nuit : « La nuit s’est s’effacée alors qu’entre nos mains le chemin est long et nos provisions sont bien maigres. La caravane des pieux est passée devant nous et nous, sommes restés sur place. »

 

Ô dormeur de la nuit ! A quel point tu dors !

Lève-toi mon amour [Le terme Habîb signifie amoureux en arabe, ici en l'occurrence c'est le nom de son mari mais il sous-entend certainement les deux sens (N. du T.)]  ! Le rendez-vous est proche

Prends de la nuit et de ses instants                      

Un passage quand le dormeur a pris sa couche   

Qui dort au terme de la nuit                                     

N’atteint aucun rang ni s’en approche

 

À cette occasion, le Prophète صلى الله عليه و سلم serrait notamment son Izâr. Les avis sont partagés pour expliquer le sens de cette expression. Certains savants prétendent que c’est une façon d’exprimer les efforts intensifs et intenses qu’il consacrait à l’adoration, mais cette hypothèse est sujette à discussion. En réalité, elle signifie qu’il s’isolait de ses femmes ; c’est ainsi que les prédécesseurs et les références anciennes comme Sufiân e-Tawrî l’ont interprété. Une autre hypothèse avance qu’il ne se mettait plus au lit jusqu’à la fin du Ramadhan. Dans le Hadith d’Anas رضي الله عنه en effet, il est précisé : « Il pliait son lit et s’isolait de ses femmes. »

 

Certains anciens assument concernant l’exégèse du Verset suivant :

{maintenant vous pouvez les approcher, et recherchez ce qu’Allah vous a prescrit} [ La vache ; 187]

que cela correspond à rechercher la Nuit du Destin. Cela voudrait dire qu’Allah عز و جل a autorisé d’approcher les femmes pendant les nuits du Ramadhan jusqu’au moment de distinguer entre le fil blanc et le fil noir de l’aube. Il a enjoint avec cela de rechercher la Nuit du Destin, afin que les musulmans ne passent pas toutes les nuits du mois à profiter des relations licites avec leurs femmes au risque de laisser échapper cette nuit. En outre, Il a ordonné de rechercher cette fameuse nuit à travers la prière nocturne, surtout lors des nuits où il est plus propice de s’y trouver. À partir de là, on peut comprendre pourquoi le Prophète صلى الله عليه و سلم voyait ses femmes les vingt premiers jours pour ensuite s’isoler d’elles afin de se concentrer à sa quête de la Nuit du Destin les dix derniers jours.

 

En outre, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم prenait son repas du matin juste avant l’aurore. Selon ‘Âisha رضي الله عنها et Anas رضي الله عنه , les dix derniers jours, il صلى الله عليه و سلم prenait son repas du soir avant l’aurore. Les termes de ‘Âisha رضي الله عنها sont les suivants : « Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dormait et priait pendant le Ramadhan. Les dix derniers jours, il serrait son Izâr, s’éloignait de ses femmes, se douchait entre les deux Edhân, et prenait avant l’aube son repas du soir. » [ Rapporté par ibn abî ‘Âsim]. Selon Abû Sa’îd el Khudrî, le Prophète a dit صلى الله عليه و سلم :

« Ne jeûnez pas sans interruption ; quiconque voudrait le faire sans interruption doit s’arrêter au moins juste avant l’aurore.

-  Toi, tu jeûnes bien sans interruption lui a-t-on fait remarquer !

-  Je ne suis pas comme vous a-t-il répliqué, quelqu’un la nuit me nourrit et m’abreuve. » [ Rapporté par el Bukhârî]

 

Visiblement, il صلى الله عليه و سلم continuait de jeûner toute la nuit. Il le faisait probablement pour mieux affronter les dix dernières nuits. Il n’en était pas plus affaibli étant donné qu’Allah le nourrissait et l’abreuvait.

 

De plus, le Prophète صلى الله عليه و سلم se douchait entre les deux prières de la nuit. Comme nous l’avons déjà vu avec le Hadith de ‘Âisha رضي الله عنها, il se douchait entre les deux appels à la prière (Adhân). Autrement dit, entre l’Adhân du Maghreb et celui du ‘Ishâ. Ibn Jarîr a souligné : « Les anciens appréciaient se doucher toutes les nuits des dix derniers jours. E-Nakha’î s’y douchait toutes les nuits. Certains se douchaient et se parfumaient les nuits les plus propices à la Nuit du Destin. Ayyûb e-Sikhtiyânî consacrait sa douche la nuit du vingt-trois et celle du vingt-quatre. Il revêtait deux vêtements neufs, se parfumait à l’encens, et disait : « La vingt-troisième nuit, c’est la nuit des gens de Médine, et la suivante c’est la notre », il entendait par-là les habitants de Bassora. »

 

Il devient clair à travers cela qu’il est recommandé les nuits où l’on espère coïncider avec la Nuit du Destin de se laver et de se faire beau. Cela consiste à se faire propre en se douchant, se parfumant, et en portant des beaux vêtements comme il est légiféré de le faire le vendredi et les jours de fête. Il est légiféré également de se faire beau pour les prières en général. On ne peut embellir pleinement son extérieur sans embellir par-là même son intérieur à travers le repentir et le retour à Dieu عز و جل en se purifiant le cœur des souillures des péchés. Il ne sert à rien d’entretenir son aspect extérieur et de laisser l’intérieur complètement délabré.

Il n’est pas décent de s’entretenir avec les rois en privé sans peaufiner et purifier le corps et l’esprit en même temps. Que dire des relations avec le Roi des rois, Lui qui connaît les secrets les plus cachés. Il ne se contente pas de regarder vos aspects extérieurs, mais Il considère vos cœurs et vos actes. Quiconque se tient devant Lui doit embellir son corps par sa tenue et son cœur par le manteau de la piété.

 

Si quelqu’un ne revêt pas l’habit de la piété,  Il est véritablement nu même s’il est tout habillé

 

Il est propice à l’occasion des dix derniers jours de faire l’I'tikâf (retraite spirituelle). D’après el Bukhârî et Muslim, selon ‘Âisha رضي الله عنهاle Prophète صلى الله عليه و سلم faisait l’I'tikâf les dix derniers jours du Ramadhan, et cela, jusqu’à sa mort. D’après Sahîh el Bukhârî, selon Abou Huraïra رضي الله عنه : « Tous les Ramadhan, le Prophète faisait une retraite de dix jours. L’année où il est mort, il a fait une retraite de vingt jours. »

 

 Il faisait une retraite ces dix fameux jours, au cours desquels chacun est à l’affût de la Nuit du Destin, pour se couper de toute occupation mondaine. Il en profitait pour se vider l’esprit, pour s’entretenir en privé avec Son Seigneur afin de l’invoquer et de l’évoquer.

 

La personne en retraite s’isole pour mieux se soumettre à Allah et se consacrer au Dhikr (l’évocation d’Allah). Elle décide de couper tout lien avec le monde extérieur susceptible de lui perturber l’esprit. Elle se tourne corps et âme vers Son Seigneur et se voue complètement à Allah. Sa seule préoccupation est Son Seigneur et la recherche de Son agrément. Une fois que les liens, les sentiments, et une certaine complicité se créent, la personne peut dès lors s’abandonner pleinement à Allah dans toutes les autres situations.

 

Allah عز و جل dit :

{Nous l’avons descendu la Nuit du Destin. Et qui te dira ce qu’est la nuit du Destin ? La nuit du Destin est meilleure que mille mois.}. [ Le Destin ; 1-3]

Selon Abû Huraïra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit au sujet du mois du Ramadhan :

« Il y a une nuit qui est meilleure que mille mois, quiconque est privé de ses bienfaits, sera démuni. » [ Rapporté par Ahmed et e-Nasâî]

 

Mâlik a confié : « On m’a rapporté qu’il fut montré au Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم les œuvres des générations passées, ou ce qu’Allah a voulu lui montrer. Il eut l’impression que celles de sa communauté étaient trop justes et qu’elles ne pouvaient rivaliser avec celles des prédécesseurs dont la durée de vie était plus longue. Allah lui offrit donc la Nuit du Destin qui est meilleure que mille mois. »

 

Concernant les œuvres liées à cette fameuse nuit, il est certifié que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Quiconque veille la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, il se verra pardonner ses péchés passés. »

« Veiller » consiste ici à la passer dans l’adoration et la prière nocturne. En outre, il a recommandé à ‘Âisha رضي الله عنها de se consacrer aux invocations. Sufiân e-Thawrî a dit : « Cette nuit-là, les invocations sont meilleures à mes yeux que la prière. » Il veut dire par là qu’il vaut mieux multiplier les invocations que de faire des prières comportant peu d’invocations. Néanmoins, si l’adorateur alternait entre les invocations et la lecture cela reste une bonne initiative. Le Prophète صلى الله عليه و سلم se consacrait à l’adoration les nuits du Ramadhan et psalmodiait le Coran. Il ne lisait pas un verset évoquant la Miséricorde sans la solliciter ni un verset évoquant le châtiment sans demander la protection d’Allah. Il alliait la prière avec la récitation, l’invocation avec la méditation. Voici la meilleure combinaison à mettre en pratique au cours des dix dernières nuits ou autre. ‘Âisha رضي الله عنها a demandé au Prophète صلى الله عليه و سلم :

« Si je coïncidais avec la Nuit du Destin, quelle invocation dois-je y consacrer ?

 - Tu n’as qu’à dire : Ô Allah ! Tu es Absoluteur et tu aimes le pardon, alors pardonne-moi ! »

 

 L’absoluteur fait partie des Noms d’Allah, il signifie qu’Allah passe outre les péchés de Ses serviteurs et qu’Il en efface les traces. Il aime qu’on sollicite Son Pardon et aime pardonner à Ses Serviteurs comme Il aime de la part de Ses Serviteurs qu’ils se pardonnent les uns les autres. S’ils venaient à se pardonner entre eux, Il userait de Son Pardon envers eux. Son Pardon a un ascendant sur à Son Châtiment. Le Prophète disait à cet effet صلى الله عليه و سلم :

« Je cherche protection auprès de Ton Agrément contre Ta Colère et de Ton Pardon contre Ton châtiment. » [ Rapporté par Muslim]

 

Il est donc conseillé de demander pardon la Nuit du Destin après avoir redoublé d’efforts dans les bonnes œuvres au cours de cette nuit en question et des dix dernières nuits en général. Cela, parce que les initiés, même s’ils s’appliquent dans les actes de dévotion, ils ne se voient pour autant dans une situation privilégiée. Ils s’en remettent alors à Son Pardon à la manière des pécheurs et des insouciants.

 

Selon Abû Huraïra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit  :

« Quiconque jeûne pendant le mois du Ramadhan avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. Quiconque prie la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. »

 

Toujours selon Abû Huraïra رضي الله عنه, ce dernier صلى الله عليه و سلم a dit :

« Quiconque prie les nuits du Ramadhan avec foi et en aspirant à la récompense se verra pardonné ses péchés passés. » [ Rapporté par el Bukhârî et Muslim]

 

Ce Hadith recense trois moyens de se faire pardonner les péchés commis dans le passé. Autrement dit, il faut jeûner le mois du Ramadhan, prier durant ses nuits, et durant la Nuit du Destin en particulier. À elle seule, la Nuit du Destin efface les fautes qui ont pu se produire au début, au milieu, ou à la fin des dix derniers jours. Que la personne s’en rende compte ou non, l’absolution des péchés n’attend pas la fin du mois pour se voir effective ; contrairement au Ramadhan et à la prière nocturne pour lesquels il faut attendre la fin du mois pour en savourer les fruits. En effet, dès que le mois se termine, le fidèle achève le jeûne et les veillées spirituelles. L’absolution des péchés a lieu tout de suite après l’interruption des deux moyens qui ont permis de l’obtenir. Ces deux moyens sont le jeûne pour les journées et la prière pour les nuits du mois du Ramadhan.

 

Une fois les limites du mois franchies, les jeûneurs ont rempli leur devoir. Ils n’ont plus qu’à attendre la récompense qui se traduit par le pardon. En allant à la prière de l’Aïd, leurs récompenses leur sont distribuées. Quand ils rentrent chez eux, ils ont déjà perçu leur dû en entier. La récompense est proportionnelle à l’effort requis ; celui qui n’a pas rempli correctement son devoir devra s’en prendre à lui-même. Salmân affirme à ce sujet : « La prière est une balance, celui qui donne la bonne mesure sera pleinement rétribué, et pour celui qui voudrait tricher : vous connaissez pertinemment le sort des tricheurs. »

 

Le jeûne et les bonnes œuvres en général sont de cet ordre. Celui qui s’acquitte de sa dette compte parmi les serviteurs d’Allah les plus loyaux tandis que celui qui veut tricher, alors malheur aux tricheurs ! Honte à celui qui remplit avec soin la mesure de ses passions alors qu’il néglige injustement la balance de  son jeûne et de sa prière !

 

Demain les âmes seront gratifiées de leurs œuvres,

 

Et les laboureurs auront le fruit de leur labeur

 

S’ils font du bien, ils le font pour eux-mêmes,

 

 Et s’ils font du mal alors quel mauvais labeur

 

Les pieux prédécesseurs faisaient en sorte d’achever leur effort avec soin et perfection. Se voir accepter les œuvres étant leur second souci, ils avaient la peur au ventre à l’idée de se les voir refuser, et ils

{font ce qu’ils font le cœur rempli de crainte} [ Les croyants ; 60]

 

‘Ali رضي الله عنه aurait dit : « Soyez plus préoccupés de vous voir accepter les œuvres que de les accomplir. N’avez-vous pas entendu les Paroles d’Allah عز و جل :

{Allah accepte les œuvres des gens pieux} [ Le Repas Céleste ; 27] »

 

Selon el Hasan : « Allah a fait du Ramadhan une arène pour Sa création où ils rivalisent dans Son obéissance pour atteindre Sa satisfaction. Les premiers ont eu la victoire tandis que les retardataires ont tout perdu. » Comment peut-on avoir le sourire aux lèvres le jour où les bienfaiteurs sont les vainqueurs et où les paresseux sont les perdants !

 

Parmi les moyens permettant également de gagner le pardon divin, nous avons le fait de nourrir les jeûneurs et d’alléger la tâche aux esclaves. Il y a de surcroît l’évocation d’Allah et le repentir qui consiste à demander pardon au Seigneur.

 

Les invocations du jeûneur lui sont acceptées aussi bien la journée qu’au moment où il entame son repas. En outre, les anges invoquent le pardon en faveur des jeûneurs jusqu’au soir. Ainsi, il existe de multiples façons de se faire pardonner à l’occasion de ce mois bénit.

 

C’est pourquoi ne pas obtenir à cette occasion le pardon, c’est vraiment être le plus démuni du monde !

 

Quand les péchés seront-ils pardonnés à celui qui n’aura pas profité de l’opportunité ?

 

Quand ses oeuvres lui seront-elles acceptées, si elles ne l’ont pas été au cours de ce mois ?

 

Quand va-t-il se corriger s’il ne l’a pas fait pendant Ramadhan ?

 

Quand va-t-il guérir de son ignorance et de sa négligence ?

 

Toutes les branches qui ne donnent pas de fruits à l’heure de la cueillette sont coupées pour servir de brasier au feu. Si la terre est mal semée à la saison des graines, il y n’aura d’autre labeur le jour de la récolte que la déchéance et le remord.

 

Concernant la fin du mois, les personnes inondées par les fautes et dont les grands péchés leur font mériter l’Enfer, sont affranchies de ses flammes. Le jour de l’Aïd, Allah affranchit de la Géhenne, les grands pécheurs parmi les jeûneurs ; les pervers peuvent rejoindre ainsi les dévots. Etant donné que le pardon et l’affranchissement du feu étaient le fruit du jeûne et des veillées pieuses, le Seigneur a ordonné au serviteur d’achever cette période en exprimant sa reconnaissance et en proclamant Sa Grandeur en disant :

{afin que vous finissiez ses jours et que vous proclamiez la Grandeur d’Allah qui vous a guidé, ainsi serez-vous reconnaissants} [ La vache ; 185]

La façon d’être reconnaissant envers Celui qui par Sa Faveur a permis à Ses serviteurs de jeûner le mois de Ramadhan tout en les soutenant dans leur besogne, c’est de l’évoquer et de le remercier tout en Le craignant comme il se doit ; Lui qui leur a pardonné et qui les a affranchis de l’Enfer.

 

Ô toi dont le Maître a affranchi des flammes ! Méfie-toi de ne pas retomber dans les chaînes de la faute après t’en être délivré. Ton Maître t’éloignerait-Il de l’Enfer vers lequel tu es attiré ? À quoi bon t’en sauver si toi tu y replonges sans y manquer ! Il incombe à quiconque veut délivrer son âme du feu à l’occasion du Ramadhan de se donner les moyens de le faire, en sachant qu’à cette occasion, ils sont plus que disponibles.

 

Dans e-Sahîh d’ibn Khuzaïma, il est dit : « Faites en sorte d’abonder de ces quatre choses : deux d’entre elles servent à satisfaire Votre Seigneur, et vous ne pouvez vous passer des deux autres. Celles dont vous vous servez pour satisfaire Votre Seigneur, ce sont : l’attestation qu’il n’y de dieu en dehors d’Allah et le repentir. Et celles dont vous ne pouvez vous passer, ce sont : quand vous demandez à Allah le Paradis, et quand vous cherchez Sa protection contre l’Enfer. »

 

Chacune des quatre particularités mentionnées dans ce Hadith constitue en elle-même une raison d’être affranchi et pardonné. La parole d’unicité pulvérise et efface les péchés. Elle n’omet aucune faute et rien parmi les œuvres ne peut la devancer en mérite. Elle équivaut à l’affranchissement d’un esclave qui implique l’affranchissement du feu. La parole du repentir quant à elle, constitue l’un des plus grands moyens pour se faire pardonner. Si l’on sait que le repentir consiste à invoquer Allah d’absoudre les péchés, il faut alors garder à l’esprit que l’invocation du jeûneur est exaucée quand il est à jeun et juste au moment de rompre son jeûne. Au demeurant, le plus efficace des repentirs s’avère quand celui-ci est accompagné d’un regret sincère.

 

Quiconque demande pardon du bout des lèvres, avec le cœur attaché à la faute, et la ferme intention à la fin du mois de la retrouver, verra son abstinence lui retourner, et les portes de l’acceptation lui seront fermées. Quant au fait d’implorer l’entrée au Paradis et d’être protégé de l’Enfer, ce sont les invocations, les plus essentielles et au sujet desquelles le Prophète صلى الله عليه و سلم a déclaré :

« C’est autour de cela que nous tournons. » [ Rapporté par Abou Dawûd et ibn Mâja]

 

Serviteurs d’Allah ! Ramadhan a pris l’initiative de partir, il n’en reste pratiquement plus rien. Celui qui parmi vous en a profité pour faire le bien, doit finir ainsi, mais celui qui a gaspillé ses heures peut encore finir bien. La dernière œuvre est celle qui prévaut. Jouissez donc du peu de jours et de nuits qui vous restent et quittez-le sur une bonne action ; elle pourra témoigner en votre faveur auprès du Roi Omniscient. Faites-lui vos adieux au moment du départ avec les meilleures salutations.

 

Ô Ramadhan ! Compatis ! Les larmes des bien-aimés affluent et leurs cœurs devant la douleur du départ se fendent. Un instant au moment des adieux peut étouffer ce que les flammes du désir ont brûlé. Un instant de pardon et de regret peut récupérer des empans entiers de jeûne détruits par le feu. Un cavalier isolé parmi les admis peut très bien regagner la caravane. L’individu enchaîné dans ses fautes peut tout aussi se libérer. Un individu méritant le feu peut autant en être délivré et un rebelle peut certainement être atteint par la Miséricorde du Maître.

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur notre maître Mohammed, ainsi que sur ses proches, et tous ses Compagnons !

12 décembre 2014

Ramadan, un rappel d’unité

 

Shaykh  Muhammad Nasirud-Din Al-Albani رحمه الله

 

 

 بسم الله الرحمن الرحيم

 

 Abû Hurayra رضي الله عنه a rapporté que le prophète صلى الله عليه و سلم a dit : « Jeûnez quand ils jeûnent, rompez le jeûne quand ils rompent le leur et sacrifiez le jour où ils sacrifient. »

 

Sahih : rapporté par At-Tirmidhi (2/37). Shaykh Al-Albani رحمه الله l’authentifié dans As-Sahiha (n°224).

 

Al-Bayhaqi rapporte d’après Abû Hanifa, qui a dit : « ‘Ali ibn Al-Aqmar m’a rapporté, de Masruq, qui a dit : je suis entré chez ‘Aisha le jour de ‘Arafat, et elle a dit : « Servez à Masruq du gruau et faites-le plus doux. » Masruq a dit : « Rien ne m’a empêché de jeûner ce jour si ce n’est que j’ai craint que cela puisse être le jour du Sacrifice. Ainsi, ‘Aisha m’a dit : « Le jour du Sacrifice vient lorsque les gens sacrifient et le jour de la rupture quand les gens finissent leur jeûne. »

Cette chaîne de narration est jayid (bonne) en raison de ce qui a précédé.

 

COMPRÉHENSION DU HADITH

 

L’imam At-Tirmidhi dit après avoir cité ce hadith : « Quelqu’un parmi les gens de science a expliqué ce hadith en disant : Son sens est de jeûner et de rompre le jeûne avec la Jama’a et la majorité des gens. »

 

As-San’ani dit dans Subulus-Salam (2/72) : « Dans ce hadith est une preuve qu’être en accord avec les gens est accepté dans l’établissement du jour du ‘Id et que la personne seule qui croit que c’est le jour du ‘Id – par la vision de la lune – alors il lui est obligatoire d’être en accord avec les gens et que la décision des gens – concernant la prière, la rupture du jeûne et le sacrifice – est obligatoire sur la personne. » 

 

Ibn Al-Qayim – a mentionné cette signification dans Tahdhibus-Sunan (3/214) et a dit : « Il est dit : Il y a en cela une réfutation de ceux qui disent que quiconque connaît les positions de la lune par les calculs astronomiques, alors il lui est permis de jeûner et de rompre le jeûne, même si d’autres ne le savent pas. Il est aussi dit : que le témoin seul qui voit la lune, mais dont le qadi (le juge) n’a pas accepté le témoignage, alors il n’y a pas de jeûne pour lui, de même qu’il n’y a aucun jeûne pour les gens. »

 

Abul-Hasan As-Sindi dit dans Hashiya ‘ala Ibn Majah, après la mention du hadith d’Abû Hurayra رضي الله عنه qui a été rapporté par At-Tirmidhi : « Et son sens apparent est : qu’il n’y a pas de place pour l’opinion individuelle dans ces questions, ni pour agir seul en cela. Plutôt cette affaire revient à l’imam (le gouverneur des musulmans) et la Jama’a (le groupe des musulmans sous l’imam). Il obligatoire aux gens de suivre l’imam et la Jama’a. C’est pourquoi, si un homme seul voit la lune, mais que le qadi rejette son témoignage, alors l’individu n’a aucun droit en ces questions, mais il doit suivre la Jama’a en cela. »  

Et ceci est le sens évident du hadith et qui est souligné par le fait que ‘Aisha رضي الله عنها l’a employé avec Masruq quand il s’est retenu de jeûner le jour de ‘Arafat, craignant que cela puisse être le jour du Sacrifice. Donc elle lui a expliqué qu’il n’y a aucun poids pour son avis personnel en cela et qu’il doit suivre la Jama’a. Donc elle lui a dit : « Le jour du Sacrifice vient quand les gens sacrifient et le jour de la rupture quand les gens rompent leur jeûne. »

 

Et c’est ce qui convient à la Shari’a facile et tolérante, dont l’un des buts est d’unir les gens, unifier leurs rangs et tenir loin d’eux tout ce qui fendrait leur unité complète – parmi les avis isolés. Donc la Shari’a ne donne pas de poids à l’avis isolé dans des questions concernant les actes collectifs d’adoration (‘ibada jama’iya), comme le jeûne, le  ‘Id et la prière en congrégation – même si l’avis est correct, d’un point de vue. Ne voyez-vous pas que les compagnons رضي الله عنه priaient l’un derrière l’autre. Ainsi, parmi eux, certains ont tenu l’avis que le toucher d’une femme, ou l’écoulement de sang annulait les ablutions, et d’autres n’ont pas tenu cet avis. Parmi eux, certains complétaient la prière pendant le voyage, alors que d’autres raccourcissaient. Ceci et d’autres différences, ne les ont pas empêchés de prier ensemble derrière un même imam et de considérer cela acceptable. Et ceci, parce qu’ils savaient que tafaruq (division) dans la religion est plus mauvaise que l’ikhtilaf (divergence) sur quelques avis. En effet, la question avec l’un d’entre eux a atteint le point qu’il ne considérait pas même acceptable la divergence d’avis avec le grand imam dans les grandes réunions; comme la réunion à Mina (pendant le Hajj), au point qu’il abandonnait totalement la pratique de son avis dans cette réunion – fuyant ce qui pourrait résulter de ce mal, s’il agissait selon son propre avis.

 

Ainsi, Abû Dawud rapporte (1/307) que ‘Uthman رضي الله عنه a prié quatre rak’a à Mina, ‘Abdullah ibn Mas’ud l’a critiqué en disant : « J’ai prié deux rak’a avec le prophète صلى الله عليه و سلم et deux rak’a avec Abû Bakr رضي الله عنه et deux rak’a avec ‘Umar رضي الله عنه et deux rak’a avec ‘Uthman رضي الله عنه au début de son commandement, puis il l’a complétée (c’est-à-dire en priant quatre rak’a). Après cela les voies se sont divisées avec vous tous. Donc j’espère de ces quatre rak’a, que deux d’entre elles seront acceptées. » Puis, Ibn Mas’ud a prié quatre rak’a. Donc on lui a dit : « Tu critiques ‘Uthman, et tu pries quatre ? » Donc il a dit : « La divergence est mauvaise. »

 

Sa chaîne de narration est sahih (authentique) et quelque chose de semblable a été rapporté dans le Musnad (5/155) de l’imam Ahmad, d’après Abû Dharr رضي الله عنه

 

Donc ceux qui continuent à se diviser en ce qui concerne la prière et refusent de suivre les imams dans les mosquées – particulièrement dans la prière du witr pendant Ramadan – donnant comme preuve que c’est contre leur madhab, doivent réfléchir sur le hadith mentionné ci-dessus et les athar. De même, ceux qui revendiquent la connaissance de l’astronomie et qui, en raison de leur avis, jeûnent et rompent leur jeûne seuls – en précédant ou retardant de la majorité des musulmans, et ne voient aucun problème en cela – doivent aussi réfléchir sur les preuves précédemment citées. Tous doivent considérer et réfléchir sur la science qui a été mentionnée. Peut-être trouveront-ils un remède à leur ignorance et aveuglement, pour qu’ils soient un rang unifié avec leurs frères musulmans – en effet la Main d’Allah est avec la Jama’a.

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