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Le Message Islam
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9 décembre 2014

Le Khôl pour les yeux de la femme

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

Enjoliver les yeux d’ une femme avec du Khôl, cela est-il licite ? 

 

Réponse :

Il est autorisé pour la femme de mette du Khôl dans ses yeux, si elle est entre femmes, ou avec son mari et son interdit (une personne qui lui est illicite – avec qui elle ne peut pas se marier). 

 

Mais concernant un étranger, elle ne doit pas montrer son visage, ni ses yeux remplis de Khôl. 
Allah dit :

{…..Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau : c’ est plus pur pour vos coeurs et leurs coeurs……} Les coalisés 53 

 

Il n’ y a pas de mal à utiliser le voile qui laisse apparaître les deux yeux ou un seul, mais sans que les yeux soient remplis de Khôl, et cela concernant les étrangers. 

 

Ce qui est voulu par étranger, c’est : celui qui ne lui est pas illicite, comme le frère de son mari, ou l’ oncle de son mari, le fils de son oncle, le fils de son oncle maternel, etc. 

 

Et cela qu’ ils soient musulmans ou pas. 

 

Ibn Baz رحمه الله a-Taharah wa as-Salat Page 47

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9 décembre 2014

La prière de Tarawih pour la Femme

 

Cheikh Fawzan حفظه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم 

 
gifs puces bullets Question : 

Est-il préférable pour la femme d’exécuter ses prières du Tarawih à la maison ou bien avec les musulmans à la mosquée ? 
 

 

gifs puces bullets Réponse : 

Il est préférable pour la femme d’accomplir ses prières à la maison, et il lui est permis d’accomplir en groupe à la mosquée les prières obligatoires, les prières du Tarawih, la prière de l’éclipse, la prière funéraire. [...] 

 

Source : Fatawa Mra-at Mouslima p 134.

9 décembre 2014

Conseils pour Ramadan de Sheykh Ibn Bâz رحمه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم 

 

de Sheykh Ibn Bâz رحمه الله 

 

De ‘Abdul ‘Aziz Ibn Baz رحمه الله à celui qui le lira parmi les musulmans, qu’Allah me fasse emprunter, ainsi qu’à eux, le chemin de la foi, et qu’Il m’accorde, ainsi qu’à eux, la compréhension de la Sunna et du Coran. Amîn. Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous, ainsi que Sa bénédiction.

 

Ceci dit : ceci est conseil concis sur la vertu du jeûne et de la prière de la nuit du mois de Ramadan, et la vertu de s’empresser à accomplir des œuvres pieuses, et un éclaircissement de quelques règles importantes qui pourraient échapper à certaines personnes.

 

Il a été authentifié du messager d’Allah صلى الله عليه و سلم qu’il annonçait à ses compagnons la venue du mois de ramadan, et les informait que pendant ce mois étaient ouvertes les portes de la miséricorde et du paradis, que les portes de l’enfer étaient fermées et les diables enchaînés.

 

Il صلى الله عليه و سلم dit :

« Lors de la première nuit de Ramadan, les portes du paradis sont ouvertes et on n’en ferme aucune, et les portes de l’enfer sont fermées et on n’en ouvre aucune, et les diables sont enchaînés. Un héraut appelle : « ô toi qui veut le bien, avance, ô toi qui veut le mal, recule ». Et Allah a des affranchis de l’enfer. Et ceci chaque nuit. »

Et il صلى الله عليه و سلم dit  :
« Le mois de ramadan vous est venu, mois de bénédiction de laquelle Allah vous couvre pendant celui-ci, la miséricorde descend et les péchés cessent, l’invocation est exaucée. Pendant ce mois, Allah observe votre concurrence dans l’accomplissement des bonnes actions et s’en vante auprès de Ses anges. Montrez à Allah lequel parmi est le meilleur en bonnes actions, et certes le perdant est celui qui est privé (pendant ce mois) de la miséricorde d’Allah. »

Et il صلى الله عليه و سلم dit  :
« Celui qui jeûne le mois de Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés, et celui qui prie les nuits de Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés, et celui qui prie la nuit d’Al-Qadr avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés. »

Et il صلى الله عليه و سلم  dit  :

« Allah Tout Puissant dit : Toute (bonne) action du fils d’Adam est pour lui, elle est multipliée de dix à sept cent fois, sauf le jeûne car Il est à Moi et c’est moi qui le récompense. Il (le jeûneur) abandonne pour Moi son désir et sa nourriture. Le jeûneur a deux joies : l’une lorsqu’il rompt le jeûne, l’autre lorsqu’il rencontre son Seigneur. Et certes, l’haleine du jeûneur est plus agréable auprès d’Allah que l’odeur du musc. »

Et les hadiths sur les vertus de Ramadan, de passer ses nuits en prière et du jeûne sont très nombreux.

 

Il convient au croyant qu’il profite de cette occasion qu’Allah lui a accordé d’atteindre le mois de Ramadan. Donc, il s’empresse vers l’obéissance, s’éloigne des mauvaises actions et s’efforce d’accomplir ce qu’Allah lui a rendu obligatoire, surtout les cinq prières car elles sont le pilier de l’islam et les obligations les plus importantes après les deux attestations. Il est obligatoire à chaque musulman et musulmane de les préserver et des les accomplir en leurs temps avec recueillement et quiétude.

 

Et parmi les obligations (de la prière) les plus importantes, pour les hommes, est de les accomplir en congrégation dans les maisons d’Allah, dans lesquelles Allah a permis qu’on évoque Son nom, comme Il dit :

 

{Et accomplissez la prière, et acquittez la Zakât, et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent } [sourate Al-Baqarah : 43]

 

{Soyez assidus aux prières et surtout la prière médiane; et tenez-vous debout devant Allah, avec humilité }  [sourate Al-Baqarah : 238]

 

{ Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur prière, qui se détournent des futilités, qui s’acquittent de la Zakât, et qui préservent leurs sexes [de tout rapport], si ce n’est avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer; alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs; et qui veillent à la sauvegarde des dépôts confiés à eux et honorent leurs engagements, et qui observent strictement leur prière. Ce sont eux les héritiers, qui hériteront le Paradis pour y demeurer éternellement} [sourate Al-Mu'minun : 1-11]

 

Et le prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

«Le pacte entre nous et eux est la prière, celui qui l’abandonne a mécru.»

Et l’obligation la plus importante après la prière est l’acquittement de la zakat, Comme Allah Tout Puissant dit :

 

{ Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la prière et d’acquitter la Zakât. Et voilà la religion de droiture } [sourate Al-Bayinah : 5]

 

{ Accomplissez la prière, acquittez la Zakât et obéissez au messager, afin que vous ayez la miséricorde } [sourate An-Nur : 56]

 

Le Livre d’Allah et la Sunna de Son prophète صلى الله عليه و سلم montrent que celui qui ne s’acquitte pas de la zakat sur ses biens sera châtié par cela le Jour de la Résurrection.

Et la chose la plus importante après la prière et la zakat est le jeûne du mois de Ramadan qui est un des cinq piliers de l’islam cités dans la parole du prophète صلى الله عليه و سلم :

« L’islam est bâti sur cinq : l’attestation qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah et que Muhammad est le messager d’Allah, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la Zakat, le jeûne de Ramadan et le pèlerinage. »

Il est obligatoire au musulman de préserver son jeûne et sa prière de nuit de tout ce qu’Allah lui a interdit comme paroles et actes, car ce qui est visé par le jeûne est l’obéissance à Allah, la glorification de Ses interdits, et le jihad de l’âme contre ses passions dans l’obéissance à Son Maître, afin de la forger à la patience sur ce qu’Allah a interdit. Et le but n’est pas seulement de délaisser la nourriture et la boisson et toute autre chose qui annule le jeûne, ainsi il a été authentifié que le prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Le jeûne est un bouclier, si l’un de vous jeûne qu’il ne tienne pas de propos obscènes et ne crie pas, et si quelqu’un l’insulte ou l’importune, qu’il dise : Je jeûne.»

 

Et il a été authentifié qu’il صلى الله عليه و سلم a dit :

« Celui qui ne laisse pas le mensonge et sa pratique et l’ignorance, Allah n’a pas besoin qu’il laisse sa nourriture et sa boisson. »

 

On sait d’après ces textes et d’autres que le jeûneur doit prendre garde à tout ce qu’Allah lui a interdit et préserver tout ce qu’Allah lui a rendu obligatoire. De cette façon, on espère pour lui le pardon, l’affranchissement du feu et l’acceptation de son jeûne et de sa prière de nuit.

 

Et il est des choses qui peuvent échapper à certains, parmi lesquelles :

Il est obligatoire au musulman de jeûner avec foi et espoir en la récompense, non par ostentation, ni par suivi des gens, de sa famille et du pays. Mais il faut que ce qui l’amène au jeûne soit sa foi qu’Allah le lui a rendu obligatoire, et qu’il espère la récompense auprès de son Seigneur pour cela. De même pour la prière de nuit du mois de Ramadan, le musulman doit l’accomplir avec foi et en espérant la récompense de son Seigneur, pas pour une autre raison.

 

C’est pour cela que le prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Celui qui jeûne le mois de Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés, et celui qui prie les nuits de Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés, et celui qui prie la nuit d’Al-Qadr avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés. »

Et parmi les règles qui peuvent échapper à certains :

 

Ce qui peut atteindre le jeûneur comme blessure, saignement de nez, vomissement ou remontée gastrique involontaire…Toutes ces chose n’annulent pas le jeûne, par contre pour celui qui s’est fait vomir cela annule son jeûne, d’après la parole du prophète صلى الله عليه و سلم :

« Celui qui vomit n’as pas à compenser le jeûne, et celui qui se fait vomir doit compenser le jeûne »

Et parmi ceci : ce qui peut arriver au jeûneur comme retardement du ghusl (grandes ablutions) jusqu’au fajr. Et ce qui peut arriver à certaines comme retardement du ghusl après les menstrues ou les lochies, jusqu’après le lever du fajr. Si la femme voit qu’elle est de nouveau en état de pureté avant le fajr, il lui est obligatoire de jeûner, et il n’y a pas de mal à retarder le ghusl jusqu’à l’arrivée du fajr, mais elle ne doit pas le retarder jusqu’au lever du soleil, au contraire elle doit se purifier et prier avant le lever du soleil. De même pour celui qui est en état d’impureté majeure (après un rapport sexuel ou une éjaculation), il ne doit pas retarder le ghusl jusqu’après le lever du soleil, mais il doit se purifier et prier le fajr avant le lever du soleil. Et l’homme doit se presser de le faire afin de pouvoir accomplir la prière du fajr en congrégation.

 

Et parmi les choses qui n’annulent pas le jeûne : La prise de sang et l’injection non nutritive, mais le fait de le repousser jusqu’à la nuit est prioritaire et meilleur, si cela est possible, d’après la parole du prophète صلى الله عليه و سلم :

« Laisse ce qui te jette dans le doute pour ce qui ne t’y jette pas. » Et sa parole : « Celui qui délaisse les ambiguïtés a préservé sa religion et son honneur. »

Et parmi les choses dont le jugement échappe à certains : l’absence de quiétude dans la prière, qu’elle soit obligatoire ou surérogatoire, les hadiths authentiques du prophète صلى الله عليه و سلم montrent que la quiétude est un pilier de la prière, sans laquelle la prière n’est pas valide. Et la quiétude est le calme (l’immobilité) dans la prière et le recueillement et l’absence d’empressement, jusqu’à ce que chaque vertèbre revienne à sa place. De nombreuses personnes prient pendant Ramadan la prière du Tarawih sans réfléchir (sur le sens des versets) et sans quiétude, au contraire ils picorent, et la prière accomplie de cette façon est nulle, et celui qui l’accomplit est pécheur et n’est pas récompensé.

 

Et parmi les choses dont le jugement peut échapper à certains : L’opinion de certains qu’il n’est pas permis de prier moins de vingt raka’at pour tarawih, et l’opinion de certains qu’il n’est pas permis de prier plus que onze ou treize raka’at, et toutes ces opinions sont déplacées, et elles sont une erreur qui contredit les preuves.

 

Les hadiths authentiques du messager d’Allah صلى الله عليه و سلم montrent qu’il y a une certaine largesse pour la prière de la nuit, il n’y a pas de limite définie qu’il n’est pas permis de dépasser. Au contraire, il a été authentifié que le prophète صلى الله عليه و سلم priait onze raka’at pendant la nuit, et il a pu en prier moins pendant Ramadan ou en dehors. Lorsqu’il a été interrogé sur la prière de la nuit, il a dit :

« Deux par deux, et si l’un d’entre vous craint que le Subh n’arrive qu’il prie une raka’a qui rendra impair ce qu’il a prié.» (Unanimement reconnu authentique)

 

Et il n’a pas précisé un nombre de raka’at, ni pendant Ramadan ni en dehors, c’est pourquoi les compagnons, à l’époque de ‘Umar رضي الله عنه, ont parfois prié vingt-trois raka’at, et d’autres fois onze raka’at, tout ceci a été authentifié de ‘Umar رضي الله عنه et des compagnons رضي الله عنه à son époque.

 

Certains Salaf priaient pendant Ramadan trente-six raka’at et en ajoutaient trois pour le witr, d’autres priaient quarante et une raka’at, shaykh Al-islam Ibn Taymiyyah رحمه الله et d’autres ont rapporté ceci des gens de science, et comme il l’a rappelé, il y a une certaine largesse dans cette question, et il a également rappelé qu’il est meilleur pour celui qui allonge la récitation, l’inclination et la prosternation, de réduire le nombre (de raka’at), et pour celui qui raccourci la lecture, l’inclination et la prosternation, d’augmenter le nombre (de raka’at). Et ceci est le sens de sa parole.

 

Et celui qui médite sur la Sunna verra qu’il est meilleur de prier onze ou treize raka’at, pendant Ramadan ou en dehors, car c’est là que s’est arrêté l’acte du prophète صلى الله عليه و سلم la plupart du temps. Et c’est ce qui est moins contraignant pour les musulmans et plus proche du recueillement et de la quiétude. Et il n’y a pas de mal à rajouter (dans le nombre de raka’at), cela n’est pas détesté, comme il a précédé.

Il est préférable, pour celui qui prie avec l’imam la prière de nuit de ramadan, qu’il ne s’en aille qu’avec l’imam, d’après la parole du prophète صلى الله عليه و سلم :

« Si l’homme prie avec l’imam jusqu’à ce qu’il parte, on lui écrit la prière d’une nuit (entière). »

Et il est légiféré à l’ensemble des musulmans de faire des efforts dans les différentes adorations dans ce mois béni parmi les prières surérogatoires, la lecture du Coran avec contemplation et réflexion, l’augmentation dans le Tasbîh (Subhannallah), Tahlîl (La ilaha illallah), Tahmîd (Al-Hamdu lillah), Takbîr (Allah Akbar), la demande du pardon, les invocations légiférées, ordonner le bien, réprouver le mal, appeler à Allah Tout Puissant, aider les pauvres et les indigents, faire des efforts dans l’obéissance aux parents, honorer les liens de parenté, s’occuper de son voisin , visiter le malade, et d’autres choses encore parmi les types de bonnes actions. Ceci d’après la parole du prophète صلى الله عليه و سلم citée précédemment :

« Pendant ce mois, Allah observe votre concurrence dans l’accomplissement des bonnes actions et s’en vante auprès de Ses anges. Montrez à Allah lequel parmi est le meilleur en bonnes actions, et certes le perdant est celui qui est privé (pendant cemois) de la miséricorde d’Allah. »

 

Et d’après ce qu’on rapporte de lui : « Celui qui accomplit (pendant Ramadan) un acte parmi les actes de bien est comme celui qui a accomplit une obligation en dehors (du mois de Ramadan), et celui qui accomplit une obligation est comme celui qui en accomplit soixante-dix en dehors (du mois de Ramadan). »

 

Et sa parole dans le hadith authentique : « Une ‘Umra accomplit pendant Ramadan est comme (la récompense) d’un hajj -ou il a dit- d’un hajj en ma compagnie. »

 

Et les hadiths et les narrations qui montrent cet empressement et concurrence dans les différents types de bonnes actions pendant ce noble mois sont nombreux.

 

Nous demandons à Allah qu’Il nous accorde, ainsi qu’à tous les musulmans, tout ce qu’il contient comme agrément, et qu’Il accepte notre jeûne et notre prière, et qu’Il améliore nos situations et nous fasse revenir des égarements des tentations, comme nous Lui demandons, gloire à Lui, qu’il améliore les gouverneurs des musulmans, et qu’Il réunisse leurs paroles sur la vérité, Il est certes Celui qui possède cela et Celui qui en est capable.

 

Wasalamu alaikoum wa rahmatullahi wa barakatuh

 

Source : Risâlatân Mawjiztân fi Az-Zakât wa As-Siyâm

9 décembre 2014

Compensation des jours de jeûne du mois de Ramadhân

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

Est-il permis de jeûner les six jours du mois de Chawwâl avant de compenser les jours de jeûne du mois de Ramadhân non jeûnés ? Est-il également permis de jeûner les lundi du mois de Chawwâl, avec l’intention de compenser les jours de jeûne du mois de Ramadhân non jeûnés, et en même temps d’obtenir la récompense liée au jeûne du lundi ?

 

Réponse :

Le jeûne des six jours du mois de Chawwâl n’est récompensé que si la personne a achevé le jeûne du mois de Ramadhân. 

Celui qui doit compenser des jours de jeûne du mois de Ramadhân non jeûnés, ne jeûne les six jours du mois de Chawwâl, que lorsque la compensation est achevée, parce que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Celui qui jeûna le mois de Ramadhân, et qu’ensuite l’a fait suivre par six jours du mois de Chawwâl … » Abû Dawoud 2433.

En fonction de cela nous disons à celui qui a des compensations à accomplir, jeûne d’abord tes compensations, et ensuite jeûne les six jours du mois de Chawwâl.

Et si l’on fait correspondre les six jours du mois de Chawwâl avec le lundi ou le jeudi, on obtient la récompenses des deux :

- la première avec l’intention de jeûner les six jours du mois de Chawwâl,

- et la deuxième avec l’intention de jeûner le lundi ou le jeudi, conformément à ce qu’a dit le Prophète صلى الله عليه و سلم :

« Les oeuvres ne valent que par les intentions ; il ne sera donc tenu compte à chaque homme que de ses intentions… » Al-Boukhari 1

Cheikh Ibn Otheymine رحمه الله

Extrait du livre : Fatawas sur le jeune

 

 

Compensation des jours de jeûne du mois de Ramadhân dans K- LE RAMADAN line6

  

 

Question :

 

Quel est le jugement de l’islam concernant celui qui rompt un jour de jeûne du mois de Ramadhân, et qui à l’arrivé du mois de Ramadhân de l’année suivante, ne l’a toujours pas compensé ?

 

Réponse :

 

S’il a retardé la compensation du jour pendant lequel il a rompu le jeûne, pour une raison valable, comme la maladie ou autre, rien ne lui est imposé excepté de compenser [ce jour] lorsqu’il en aura la possibilité.

Par contre, s’il retarde la compensation du jour pendant lequel il a rompu le jeûne, sans raison valable, il a mal agi et il doit en plus de la compensation, nourrir un pauvre.

Le comité permanent [des savants] de l’Ifta

9 décembre 2014

L’âge de la puberté

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

« la puberté est déterminée par:

 

1- l’émission de sperme due a une excitation sexuelle

 

2- l’apparition des poils pubiens autour des parties intimes

 

3- le fait d’avoir des rêves « mouillés » dans lesquels du sperme est sécrété

 

4- atteindre l’age de 15 ans.

 

Cela est similaire pour le cas de la femme, avec en plus le fait qu’elle ait ses règles.

 

Fataawa al-Lajnah ad-Daa.imah lil-Buhooth al-’Ilmiyyah wal-Iftaa. – Fatwa No. 1787

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9 décembre 2014

Le Paradis et son rappel

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Ibn al-Djawzî رحمه الله a dit :

 

« Par Allah,

 
J’imagine l’arrivée au Paradis et l’éternité du séjour sans maladie, sans salivation [crachat], sans sommeil, sans calamité, mais au contraire, dans une santé permanente, avec des satisfactions ininterrompues et sans troubles, dans un bien-être toujours renouvelé et sans cesse augmenté.

 
J’imagine tout cela et je m’impatiente. Mon âme éprouverait presque des difficultés à l’admettre si la Loi ne l’avait attesté ! Car on sait que ces demeures ne seront gagnées que dans la mesure de l’effort déployé ici-bas [.] »

 
Kitâb Sayd ul-Khâtir de Ibn al-Djawzî, p.345

 

9 décembre 2014

Divorcer de sa femme en son absence

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

 
Un homme est parti en laissant son épouse depuis longtemps et l’a répudiée en son for intérieur mais ne l’en a pas informée, le divorce a-t-il lieu ?

 

Réponse de Sheykh el-Otheymine رحمه الله :

 
Le divorce a lieu même si l’épouse n’en a aucune connaissance. Ainsi, si la personne prononce le divorce en disant : « Je répudie mon épouse », l’épouse est divorcée, qu’elle soit au courant ou non. C’est pourquoi, en supposant que cette épouse n’est au courant de ce divorce qu’après avoir eu ses menstrues à trois reprises, son délai de viduité sera écoulé malgré qu’elle n’était pas au courant. De même si un homme meurt et que l’épouse n’est au courant qu’après que le délai de viduité se soit écoulé, il n’y aura plus de délai à ce moment-là car le délai de viduité se sera déjà écoulé.
Extrait du livre : recueil de fatwas concernant les femmes 

9 décembre 2014

La circoncision d’un converti

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

 

Si un homme qui n’a pas été circoncis à la naissance et se converti à l’islam à l’âge adulte, lui est-il obligatoire de se faire circoncire après sa conversion ?

 

Réponse :

 
Oui, la circoncision est obligatoire pour l’homme, sauf si cela lui cause un mal quelconque, comme par exemple le fait qu’il soit très âgés et que le docteur pense qu’une circoncision à son âge pourrait lui causer du mal, dans ce cas elle (la circoncision) ne lui est pas obligatoire (il n’a pas à la faire).

Mais si une personne sait que cela ne lui nuira pas et qu’elle est capable de le faire alors cela lui devient obligatoire, car notre prophète صلى الله عليه و سلم nous a ordonnés de nous faire circoncire et il صلى الله عليه و سلم a dit que la fitrah (la prédisposition naturelle de l’homme) est composés de 5 choses et il cita en premier lieu la circoncision.

Le mufti Shaykh Abdul-Azeez ibn Abdullah Aal Shaykh حفظه الله

9 décembre 2014

L’époux doit-il verser les frais du Hadj de sa femme?

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

Il y a une épouse qui ne possède pas les frais du Hadj (grand pèlerinage) tandis que son époux est riche. Est-il obligatoire pour lui, selon les lois islamiques de subvenir aux dépenses du Hadj de son épouse?

 

Réponse :

L’époux n’est pas obligé selon les lois islamiques, de subvenir aux dépenses du Hadj de son épouse même s’il est riche, mais s’il le fait, cela sera un acte de bienséance, tandis qu’elle n’est pas obligée d’accomplir le Hadj, puisqu’elle est incapable de fournir ses dépenses.

 

L'époux doit-il verser les frais du Hadj de sa femme? dans P- FATWAS SPECIFIQUES A L'HOMME li59

 

Question :

Je suis un citoyen égyptien et un chef de famille de deux enfants et d’une épouse. Mon salaire en Egypte me suffit à peine à subvenir aux besoins nécessaires de la vie de tous les jours, et je n’ai aucun autre revenu. J’ai travaillé dans un des pays du Golfe pendant quatre ans, et j’ai pu collecter une certaine somme d’argent que j’ai déposée à une banque islamique afin qu’elle me rapporte un revenu qui m’aidera à satisfaire aux exigences de la vie, de manière à ce que ce salaire et ce revenu nous suffisent, tant bien que mal, moi et ma famille. Est-ce que je suis obligé de retrancher une partie de cette somme pour les dépenses du Hadj (grand pèlerinage)? Et est-ce que je suis obligé d’accomplir le Hadj, en dépit de ces conditions? Sachant que si je retire une partie de cette somme de ma banque pour les dépenses du Hadj, cela affectera mon revenu mensuel et me surchargera au niveau des dépenses.

 Que me conseillez-vous, ô noble cheikh? Puisse Allah vous rétribue par tout le bien

 

Réponse :

Si ton état est comme celui que tu as mentionné, alors tu n’es pas obligé d’accomplir le Hadj, à cause de l’incapacité légitime. Allah عز و جل dit :

{Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui possèdent les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison.}

Il dit aussi:

{Craignez Allah, donc autant que vous pouvez}

et dit :

{et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion}

 

Qu’Allah vous accorde la réussite et que la paix et le salut soient sur notre Prophète Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons

 

Question 4 et 7 de la Fatwa numéro ( 10701 )

Le Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas

Président : Ancre`Abd-Al-`Azîz ibn `Abd-Allah ibn Bâz رحمه الله

9 décembre 2014

Mus’ab Ibn ‘Umayr رضي الله عنه

 

بسم الله الرحمن الرحيم
 

 

« J’ai vu Mus’ab Ibn ‘Umayr à la Mecque alors qu’il n’avait pas son pareil dans la considération et les faveurs de ses parents. Mais il a tout abandonné pour l’amour de Dieu et Son Messager » [ Parole du Prophète Muhammad صلى الله عليه و سلم, rapportée par At-Tabarani, Al-Bayhaqî, Al-Hakîm et Abû Nu'aym sans sa Hilya. ]

 

Dans les cercles de la jeunesse dorée et raffinée de la Mecque, Mus’ab Ibn ‘Umayr رضي الله عنه passait pour être la vedette et la coqueluche. Sa présence égayait l’assistance et sa compagnie donnait un plus aux soirées mondaines.

Il est vrai que ce jeune homme avait tous les atouts pour plaire. Issu d’une famille noble et aisée de la Mecque, il avait les faveurs de ses parents qui le gâtaient et cédaient à tous ces caprices. On disait à la Mecque qu’aucun jeune homme n’avait été aussi gâté par ses parents autant que le fût Mus’ab.

Toujours élégant, soigné, parfumé, il ne vivait que pour les soirées mondaines et les rencontres joyeuses où il mettait en valeur son charme. L’insouciance marquait la vie de ce jeune homme qui faisait la fierté de ses parents. Toutes les jeunes filles de la Mecque convoitaient son coeur et aspiraient secrètement à le conquérir. On rapporte que lorsque Mus’ab sortait dans les rues de la Mecque, toutes les jeunes filles des familles nobles de Quraysh se mettaient à leur fenêtre dans l’espoir d’attirer son attention. Chacune d’elle rêvait d’être l’heureuse élue.

Comme tous les habitants de la Mecque, Mus’ab avait entendu parler de Muhammad صلى الله عليه و سلم et du message qu’il affirmait recevoir du Ciel. Comme tous les habitants de la Mecque, il connaissait les qualités d’honnêteté et de sincérité par lesquelles se distinguait Muhammad  parmi ses concitoyens. Mais plus que cela, les paroles que Muhammad صلى الله عليه و سلم récitait semblaient avoir une grande influence sur l’esprit du jeune Mus’ab qui découvrait pour la première fois combien était vaniteuse et illusoire la vie qu’il avait toujours menée.

Une véritable transformation s’opéra en lui. Il se mit à fréquenter la maison d’Al-Arqam où le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم se réunissait avec ses premiers compagnons رضي الله عنهen s’imprégnant avidement des paroles que celui-ci prêchait de la part de son Seigneur  عز و جل. Les versets du Coran agissaient sur son âme qui découvrait sa véritable vocation. Elle répondit alors à l’appel émanant de la Vérité éternelle et entra dans la communion des élus.

Mus’ab رضي الله عنه était devenu un musulman convaincu et un disciple fervent du Prophète صلى الله عليه و سلم. Il ne le quittait plus, s’imprégnant de son comportement moral et spirituel et apprenant de lui la sagesse et les vérités révélées.

L’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم avait, de son côté, beaucoup d’estime pour ce jeune homme à la foi si profonde et à la passion si forte, qui avait tout abandonné pour l’amour de Dieu et de Son Messager صلى الله عليه و سلم, supportant toutes les épreuves et acceptant tous les sacrifices.

En effet, la conversion de Mus’ab ne tarda pas à être connue et particulièrement de sa mère, la tendre mais néanmoins terrible Khunnas Bint Mâlik, dont la forte personnalité imposait le respect et la crainte. Autant cette femme aimait son fils et le gâtait, autant elle était capable de le punir et même de le renier. C’est ce qui arriva malheureusement, en dépit des précautions prises par Mus’ab pour garder sa foi secrète.

Un jour, alors qu’il entrait dans la maison d’Al-Arqam, il fut repéré par ‘Uthmân Ibn Talba qui s’empressa de rapporter la nouvelle à sa mère. Celle-ci entra dans une rage folle et promit de lui faire payer cher son sacrilège s’il ne revenait pas à la religion de ses ancêtres. Elle attendit son retour de pied ferme pour déverser sur lui sa colère. L’âme sereine et le cœur débordant de foi, notre pieux compagnon affronta sa mère et tous les dignitaires de Quraysh en leur récitant les versets du Saint Coran qui mettaient en exergue l’unicité de Dieu et les vérités de l’Au-delà.

La mère de Mus‘ab utilisa en vain tous les moyens de chantage pour le faire revenir sur sa décision. Mais Mus‘ab restait inébranlable. En désespoir de cause, elle l’enferma dans une pièce de la maison et le laissa sans boire et sans manger dans l’espoir qu’il revienne à de meilleurs sentiments vis-à-vis de ses divinités. Mus’ab رضي الله عنه demeura ainsi jusqu’à l’arrivée du temps de l’émigration en Abyssinie.

Il trompa alors la vigilance de sa mère et de ceux qui le gardaient et rejoignit ses frères dans la foi, en partance pour l’Abyssinie. Il demeura dans cette lointaine contrée, s’adonnant à l’adoration de Dieu jusqu’à ce que le Messager de Dieu le rappela avec ses compagnons. À son retour à la Mecque, il était métamorphosé. Ceux qui le voyaient ne le reconnaissaient plus.

Le jeune homme, élégant et raffiné qu’il était, avait laissé la place à un ascète, vêtu à longueur de journée d’une soutane en haillons, ne se souciant nullement de ce bas monde et de ses plaisirs. Un jour, alors qu’il passait devant le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم et quelques-uns de ses compagnons رضي الله عنه, ceux-ci le virent et baissèrent les yeux. Des larmes coulèrent de leurs yeux. L’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم le regarda avec douceur et compassion, puis dit :

« J’ai vu Mus’ab Ibn ‘Umayr à la Mecque alors qu’il n’avait pas son pareil dans la considération, abandonné de tous pour son amour pour Dieu et Son Messager »

Sa mère, qui avait espéré un renoncement à sa nouvelle foi, avait fini par désespérer en le voyant déterminé dans sa foi et sa ferveur. Elle le chassa alors, le déshérita et le renia, pensant ainsi que cette terrible punition allait le faire fléchir. Mais c’était peine perdue car notre pieux compagnon venait de découvrir sa raison de vivre. Certes, il continuait à aimer sa mère et, de ce fait, fit tout son possible pour qu’elle aussi soit illuminée par la Lumière de l’islam et ne soit pas du nombre des égarés. Mais hélas, en dépit de ses supplications répétées, celle-ci demeura aveugle devant la Lumière qui s’étalait sous ses yeux. Ils se quittèrent alors et chacun suivit son destin.

Mus’ab رضي الله عنه venait de quitter l’aisance et le luxe dans lesquels il vivait. La faim et les privations devenaient le lot quotidien dans sa vie. Mais il avait choisi de son plein gré ce mode de vie et trouvé tout son bonheur. Il avait compensé les privations du corps par l’amour de l’âme pour la beauté divine. Sa foi profonde, sa piété sincère et sa sagesse faisaient de lui un des compagnons les plus proches et les plus estimés du Prophète صلى الله عليه و سلم.

Ce dernier l’aimait beaucoup et admirait sa grande ferveur et son engagement total pour sa foi. Bien qu’il était très jeune par rapport à d’autres compagnons plus âgés et plus éprouvés que lui, c’est à lui que l’Envoyé de Dieu confia la mission, ô combien noble, d’être le premier ambassadeur et le précurseur de l’islam à Yathrib.

En effet, après la première rencontre d’Al-’Aqaba entre le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم et les douze délégués de Yathrib, il fut décidé l’envoi d’un émissaire chargé de prêcher et d’enseigner les préceptes de l’islam aux gens de Yathrib. Notre compagnon fut choisi par le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم pour mener à bien cette mission capitale pour l’islam. Quelques mois seulement après son arrivée à Médine, l’islam avait déjà pénétré la majeure partie des foyers, à tel point qu’à la deuxième rencontre d’Al-’Aqaba, un an après, ils étaient 70 doyens des Ansârs à venir faire serment d’allégeance au Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم.

C’est dans la demeure du compagnon Assad Ibn Zurâra que Mus’ab رضي الله عنه s’installa. Avec cet autre illustre chef chez les Ansârs, il parcourait les rues de Médine, rendait visite aux gens, en prêchant la parole de Dieu et en les appelant au Salut. Ses connaissances du Livre de Dieu et des sentences de Son envoyé, ajoutées à sa sagesse et à ses dons d’orateur, firent grande impression sur les habitants de Médine et les subjuguèrent jusqu’aux plus hostiles d’entre eux. C’est ainsi que l’un de ceux-ci, du nom de Usayd Ibn Hudayr, un des maîtres de la tribu des Banû ‘Abd Al-Ashbal, décida de chasser cet intrus venu de la Mecque avec une nouvelle religion pour détourner les gens de Yathrib de leurs croyances ancestrales. Armé de sa lance, le terrible Usayd partit à la recherche de Mus’ab رضي الله عنه avec la ferme résolution de lui intimer l’ordre de quitter Yathrib et de ne plus y remettre les pieds.

Lorsque les musulmans qui entouraient Mus‘ab virent arriver Usayd, l’air farouche et hostile, ils montrèrent quelques craintes ; notre compagnon les rassura, gardant un air calme et serein, le calme et la sérénité que procurent la foi et la confiance en Dieu. Usayd s’adressa à Mus’ab رضي الله عنه en des termes qui dénotent une grande hostilité. Il lui dit :

« Pourquoi es-tu venu chez nous, trompant et corrompant les plus faibles d’entre nous ?  Va-t-en de notre ville, si tu ne veux pas qu’il t’arrive malheur. »
Et il brandit sa lance en signe de menace. Mais la sérénité de l’ambassadeur du Prophète صلى الله عليه و سلم ne fut nullement affectée par les menaces du terrible Usayd. Il lui répondit imperturbable et le visage souriant :
« Ô frère des arabes ! Assieds-toi d’abord et écoute ce que j’ai à te dire. Si mes paroles te plaisent, tu les acceptes, sinon nous cesserons une fois pour toutes de t’importuner. »

Paroles sages et sensées qui suscitèrent l’accord de Usayd. Il dit à Mus’ab رضي الله عنه :

« Tu dis vrai. »

Il posa sa lance par terre et prit place parmi l’assistance.

Avant que Mus’ab n’eut terminé son prêche, Usayd était déjà musulman. Les paroles douces et véridiques qui sortaient du coeur de Mus‘ab رضي الله عنه le subjuguèrent et le marquèrent jusqu’aux tréfonds de l’âme. Il s’exclama

« Quelles sont belles et véridiques ces paroles ! Que faut-il faire pour adhérer à cette religion ? »

On lui répondit :  

« Purifie ton corps et tes habits et témoigne qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu et que Muhammad est l’Envoyé de Dieu. »

 

Usayd fit avec une extraordinaire ferveur ce qu’on lui demanda de faire et il revint, mais cette fois-ci le visage souriant et bienveillant, proclamer sa conversion à l’islam. La nouvelle de son adhésion à la foi prêchée par Mus’ab se propagea, telle une traînée de poudre, dans toute la ville. Son exemple inspira d’autres illustres dignitaires de Médine.

Tour à tour, ce furent Sa’d Ibn Mu’âdh puis Sa’d Ibn Ubâda رضي الله عنه qui vinrent proclamer leur conversion, suivis par de nombreux autres habitants de Yathrib. Quelques mois après, la lumière de l’islam illuminait toute la ville de Yathrib, devenue depuis Médine l’Illuminée.

Et les jours passèrent… L’islam triomphait partout et gagnait les coeurs et les âmes grâce à des hommes de la trempe de Mus’ab Ibn ‘Umayr رضي الله عنه. Après Badr et la victoire éclatante des musulmans contre les païens qurayshites, la bataille de Uhud donna lieu à une autre confrontation entre le bien et le mal, entre la vérité et l’aveuglement.

Ce jour-là, de nombreux compagnons tombèrent martyrs sous les coups des païens. Parmi ces bienheureux, notre saint homme Mus’ab donna un bel exemple de sacrifice pour la foi. Avant le début de la bataille, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم lui confia l’étendard, en reconnaissance de sa bravoure et de son engagement. Mus’ab, conscient de cette responsabilité, se surpassa ce jour-là en luttant comme un lion, tenant d’une main l’étendard confié par le Messager de Dieu, et de l’autre, son épée qui donnait du fil à retordre.

En effet, lorsque la panique s’empara des musulmans et que certains d’entre eux s’enfuirent, notre compagnon fut de ceux qui restèrent fermes autour du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم, faisant de leur corps un bouclier pour le protéger. Il dut alors subir les assauts acharnés des infidèles qui voulaient arriver jusqu’au Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم pour le tuer. Mus’ab رضي الله عنه reçut un premier coup qui lui trancha la main qui tenait l’étendard. II retint sa douleur et se mit à proclamer à la face de ses ennemis :

« Muhammad n’est qu’un Messager. D’autres messagers sont venus avant lui… »

Il prit l’étendard de l’autre main, mais un autre coup la lui trancha elle aussi. Il tint alors l’emblème avec les moignons de ses bras et le serra contre sa poitrine en répétant les mêmes propos. Un coup de lance l’atteignit et il tomba par terre avec l’étendard. Une fois la bataille terminée, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم et ses compagnons رضي الله عنه se mirent à sillonner le champ de bataille à la recherche de leurs martyrs. C’est alors qu’ils virent le corps de Mus’ab رضي الله عنه étendu sur le sable, les mains tranchées, serrant contre lui l’étendard de l’islam que lui avait confié l’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم et qu’il refusait de lâcher même dans la mort. Ils pleurèrent tellement à la vue de ce spectacle émouvant que leurs larmes mouillèrent le corps du martyr.

‘Abd Ar-Rahmân Ibn ‘Awf رضي الله عنه dira :

« Lorsque nous cherchâmes à ensevelir Mus’ab, nous ne trouvâmes pour lui servir de linceul qu’une courte cape, tellement courte que lorsque nous lui couvrions la tête, ses pieds apparaissaient et vice versa. »
A la fin, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم leur dira :

« Couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds des plantes de l’idhkhir. »

Ensuite, les yeux pleins de larmes, il regarda avec tendresse son compagnon martyr et lui dit en guise d’adieu :  « Je t’ai vu à la Mecque portant les plus beaux habits, la chevelure bien entretenue, et te voilà maintenant enseveli dans une grossière cape, la tête ébouriffée. »
Il صلى الله عليه و سلم ajouta :

« Il y a parmi les croyants des hommes qui ont été fidèles au serment fait à Dieu »
À la fin, il صلى الله عليه و سلم s’adressa à ses compagnons رضي الله عنه rassemblés autour de lui et leur dit :

« Ô gens ! Rendez-leur visite dans leur tombe et saluez-les. Par celui qui tient mon âme en Sa main, il n’y a pas de musulman qui les salue, jusqu’au jour de la Résurrection, sans qu’ils ne lui rendent son salut. »

 

Depuis ce jour, le corps béni de notre compagnon repose dans la terre de Uhud, là où il s’est si bien distingué par son courage, son héroïsme et son sacrifice pour la cause de l’islam.

 

Tiré du livre les compagnons du Prophète (tome 1)

Les premiers hommes de ‘Islam de Messaoud abou Oussama

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