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Le Message Islam
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4 mai 2022

QUIZZ Spécial Coran à Imprimer

السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 AÏD MOUBARAK 
Taqabal Allah mina wa mikoum
Qu’Allah agrée nos bonnes actions et les vôtres

J'espère que vous avez passé une belle journée de l'Aïd ! Qu'Allah fasse que nos bonnes résolutions de Ramadan durent dans le temps !

Si vous êtes intéressés pour imprimer et conserver le QUIZZ Spécial Coran du Mois de Ramadan, vous le trouverez ci-dessous (cliquez sur le lien ci-dessous) :

QUIZZ Spécial Coran

Comme vous pourrez le constater, c'est un PDF de 60 pages. Vous pourrez aisément l'imprimer et le ranger dans un porte-vue de 30 pages, soit 60 vues, afin d'en faire profiter vos amis, frères et soeurs en Allah, lors de vos rencontres !

Belle journée à vous ! 

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12 décembre 2014

Les bienfaits de la lecture du Coran

 

L’Imâm An-Nawawî  رحمه الله

  بسم الله الرحمن الرحيم

 

Saches, que la lecture du Qor’ân constitue la meilleure des invocations.

 

Cette lecture a des règles et des finalités qui lui sont propres. J’ai déjà composé un bref recueil où est étudié l’essentiel des bonnes manières à observer par celui qui lit le Qor’ân, les différents modes de lecture, ainsi que tout ce qui s’y rapporte. Quiconque connaît le Qor’ân par cœur se doit de ne pas ignorer de telles règles. Aussi, celui qui serait désireux de les connaître n’aura qu’à s’y reporter, car j’y ai mis ce qui semble faire l’unanimité. Et la réussite n’est que par Allah.

 

Il convient en un premier temps de lire régulièrement le Qor’ân, de jour comme de nuit, en voyage ou non. En la matière, les habitudes des anciens [salaf] étaient variables : certains lisaient le Qor’ân en entier tous les deux mois, d’autres tous les mois, d’autres encore, tous les dix, huit, ou sept jours ; telles étaient les pratiques les plus grandes chez nos pieux ancêtres [salafs]. D’autres encore en achevaient la lecture en six jours, d’autres en cinq, et d’autres en quatre nuits. Un grand nombre encore le lisaient en trois nuits, et nombreux sont ceux qui le lisaient en trois nuits, et nombreux sont ceux qui lisaient le Qur’ân en entier une fois par jour, voire même en une seule nuit.

 

Il n’y a même qui en faisaient la lecture deux, trois, voire huit fois en un jour et une nuit : quatre fois le jour et quatre fois la nuit, comme l’illustre maître Ibn Kâtib al-sûfîs رضي الله عنه. Selon ce qu’on nous a rapporté, on ne pouvait faire d’avantage en un jour et une nuit. On rapporte que selon l’illustre maître Ahmad al-Dawraqî, suivant un Isnâd [chaîne de transmission] qui lui est propre, Mansûr Ibn Zâdhân, l’un des dévots Tâbi’î رضي الله عنه, récitait le Qor’ân en entier entre le Dhuhr et le Maghrib, et entre le Maghrib et al-’Ishâ, notamment pendant le Ramadhân au cours duquel il faisait deux récitations entières et même un plus entre le Maghrib et al-’Ishâ ; or, à cette époque, les gens retradaient le ‘Ishâ jusqu’au premier quart de la nuit.

 

De même, Ibn Abî Dâwûd rapporte, avec un isnâd Sahîh, que Mudjâhid رضي الله عنه récitait intégralement le Qur’ân entre le Maghrib et al-’Ishâ pendant le mois de Ramadhân. Quant à ceux qui ont récité intégralement le Qor’ân en une raka’a, on ne les compte plus ; c’est le cas notamment de ‘Uthmân Ibn ‘Affân, de Tamîm al-Dârî et Sa’îd Ibn Djubayr رضي الله عنه.

 

Evidemment la lecture du Qor’ân variera en fonction des personnes. Ainsi, celui qui par une méditation appropriée, serait en mesure de tirer de sa lecture des connaissances subtiles, se limitera aux passages sur lesquels il aura reçu une indication [ishâra]. De même, celui qui est occupé à répandre la science ou à trancher les différents entre les musulmans doit limiter sa lecture de façon à ne pas perturber son travail, dès lors qu’il n’y a va de l’intérêt général [maslaha] concernant l’ensemble des musulmans. Quant aux autres, qu’ils lisent le Qur’ân autant qu’ils le peuvent, sans que la lecture ne leur devienne lassante ou qu’ils en arrivent au point où les règles de récitation ne seraient plus respectées.

 

Ainsi, il s’en trouve même parmi nos prédécesseurs qui réprouvent la lecture intégrale du Qur’ân en un seul jour [et une nuit]. Ceci est attesté par ce que nous rapportons des sunan d’Abî Dâwûd, de at-Tirmidhî et an-Nassâ’î et d’autres auteurs avec un Isnâd Sahîh [chaîne de transmission authentique], à savoir que selon ‘Abd-Allâh Ibn ‘Amru Ibn al-’Ass رضي الله عنه : L’Envoyé d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit : « Celui qui lit intégralement le Qor’ân en moins de trois n’y a rien compris. »

 

Quant au moment où il faut commencer et terminer la lecture du Qor’ân, cela relève du choix du lecteur. Ainsi, il peut le faire en une semaine comme le faisait ‘Uthmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qui commençait sa lecture le jeudi soir et le terminait le mercredi soir. L’Imâm Abû Hâmid al-Ghazâlî souligne dans son « Ihyâ’ » :

 

« Il est préférable pour le lecteur d’achever la lecture du Qor’ân une fois la nuit, et une fois le jour. Le jour pourra être le lundi, au cours duquel il terminera sa lecture en accomplissant les deux raka’as surérogatoires de l’aube [al-fajr]. Et il pourra terminer une autre lecture dans la nuit du vendredi, au cours des deux raka’as surérogatoires du maghrib ou après elles, afin d’entamer une journée et une nuit [par la lecture du Qor'ân]. »

 

Ibn Abî Dâwûd rapporte ces propos du Tâbi’î ‘Amru Ibn Murra رضي الله عنه : « [Ceux qui nous ont précédés] aimaient terminer la lecture du Qor’ân au début du jour ou de la nuit. » Son contemporain, l’illustre maître Talha Ibn Musrif, disait de son côté :

 

« Les anges ne cessent de demander pardon [prient] pour celui qui achève la lecture du Qur’ân à une heure quelconque de la journée, et cela jusqu’à ce qu’il s’endorme. De même, ils ne cessent de demander pardon pour qui en achève la lecture de nuit, et ce jusqu’à ce qu’il de réveille. »

 

Mudjâhid رضي الله عنه tenait, quant à lui, des propos semblables.

 

Kitâb « al-Adhkâr al-Mountakhabou min Kallâm Sayd il-Abrâr » de l’Imâm an-Nawawî رحمه الله  p.119

12 décembre 2014

Le prophète صلى الله عليه و سلم à Taif

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Au mois de Chawwâl de l’an 10 de la prophétie (fin mai ou début juin 619 G)., le prophète صلى الله عليه و سلم, en compagnie de son esclave affranchi Zayd ibn Hârithah et marchant à pieds aller et retour, se rendit à Tâif, localité située à environ 111 km de la Mecque. Il appelait à l’Islam les tribus qu’il croisait sur son chemin mais aucune ne lui répondit. Arrivé à Tâif, il choisit trois frères parmi les chefs de la tribu des Tâifiens à savoir Abd Yâlil, Masaoud et Habib les trois enfants de Amr ibn Omair Ath-Thakafi. Il s’installa parmi eux, les appela à Allah et à assister l’Islam. Le premier dit qu’il allait déchirer le voile de la Kaaba si Allah l’avait envoyé. Le deuxième dit: «Allah n’a-t-il pas trouvé un autre messager que toi?». Le troisième dit: «Par Allah, je ne te parlerai jamais. Si tu étais un Messager tu n’aurais pas besoin que je te réponde par la parole. Si tu mentais contre Allah, il ne conviendrait pas que je te parle». Sur ces mots, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم se leva et leur dit: «Puisque vous refusez, taisez-vous à mon sujet».

Le prophète صلى الله عليه و سلم séjourna pendant dix jours parmi les gens de Tâif. Au cours d’une telle période, son appel n’épargna aucun des notables de la localité.

Ceux-ci lui répondirent: «Sors de notre pays!». Ils incitèrent contre lui les sots et les stupides. Au moment où le prophète صلى الله عليه و سلم allait sortir, les sots et les esclaves le suivirent, l’injuriant et lui criant dessus au point d’ameuter les gens autour de lui. Organisés en deux rangs, ils se mirent tous à lui jeter des pierres et à lui adresser des grossièretés. Ils lui jetèrent des pierres aux tendons au point que ses chaussures fussent teintées de sang. Zayd ibn Hârithha s’offrait en bouclier pour le protéger mais fut blessé à la tête. Les sots et les stupides ne cessèrent de le suivre et de l’acculer au point de le contraindre à aller vers un jardin appartenant à Otba et à Chayba les deux enfants de Rabîa à 5,5 km de Tâif. Après que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم se fût réfugié dans ce jardin, les gens s’en retournèrent. Alors, il alla jusqu’à un cep de vigne et s’asseyait à son ombre, adossé à un mur.

C’est là qu’il fit, après avoir retrouvé son calme, sa célèbre invocation qui dénotait que son cœur était rempli de tristesse pour la violence déjà subie et aussi de regret que personne ne crût au message. Il dit:

«Seigneur! Je me plains auprès de toi de ma faiblesse, de mon impuissance et du mépris que j’inspire aux gens. 
O Toi, le plus Clément des Cléments! Tu es le Seigneur des affaiblis. Tu es mon Seigneur.
A qui me confies-tu?
Est-ce à ceux qui me détestent?
Ou bien me laisses-Tu avec mes ennemis?
Tout cela importe peu, si je ne m’attire pas Ta colère car, pour moi, Ton salut est plus vaste que tout.
Je cherche refuge auprès de la lumière de Ton visage par laquelle Tu dissipes les ténèbres et redresse qualitativement les affaires de ce monde et celles de l’au-delà, contre toute décharge de Ta colère sur moi.
Je ne cherche qu’à te satisfaire et il n’y a ni force ni puissance si ce n’est en Toi»
.

Lorsque les deux enfants de Rabîa le virent, ils le prirent en pitié. Aussi appelèrent-ils un garçon à eux, un chrétien nommé Addâs et lui dirent: «Prends de ce cep une grappe de raisins que tu porteras à cet homme»

Addâs s’exécuta. Il posa la grappe.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم, qui, tendant alors la main dit: « au nom d’Allah» avant de manger.

Le garçon dit: «Les gens de ce pays ne prononcent pas une telle parole».

Le prophète صلى الله عليه و سلم dit: «Et toi, de quel pays viens tu?».

Addâs : «Je suis chrétien, originaire de «Ninawâ» ».

Le Messager Allah صلى الله عليه و سلم reprit: «Tu es originaire du village d’un homme vertueux, Younous ibn Mattâ».

Le garçon dit: «Comment as tu connu Younous ibn Mattâ ».

Le prophète صلى الله عليه و سلم répondit: «Celui-là est mon frère. C’était un prophète et moi aussi je suis prophète».

 

Cela dit Addâs se pencha, baisa les mains et les pieds du prophète صلى الله عليه و سلم.

Les deux enfants de Rabîa se dirent alors l’un à l’autre: «Voilà, il a corrompu ton gosse».

Au retour de Addâs ils lui dirent: «Malheur à toi! Qu’est ce que c’est, ce que tu viens de faire? ».

Le garçon répondit: «Maître! Il n’existe pas sur terre meilleur que cet homme. Il m’a informé d’une chose que seul un prophète peut savoir».

Ils lui dirent: «Malheur à toi! Qu’il ne te détourne pas de ta religion car ta religion est meilleure que la sienne».

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم prit la route du retour à la Mecque après avoir quitté le jardin, triste et le cœur brisé.

 

A l’entrée de la ville, Allah lui envoya l’ange Jibril, accompagné de l’ange des montagnes. Celui-ci lui proposa de renverser les deux montagnes sur les Mecquois.

Al-Boukhâri a déjà rapporté cette histoire en détail, la tenant de Orwa ibn Az-Zoubair selon qui, il déclara avoir dit au prophète صلى الله عليه و سلم:

«As-tu connu un jour plus dur pour toi que celui d’Ouhoud?».

Celui-ci répondit: « J’ai connu de la part de ta tribu ce que j’ai connu, mais le plus dur de ceci a été le jour passé à Al Akaba lorsque j’ai exposé mon message à ibn Abd Yâlil ibn Abd Kalâl et que celui-ci ne me fit pas la réponse que je voulais. Alors, je m’en allai, très affecté et ne récupérai qu’à l’entrée de la ville où, levant la tête, je vis brusquement un nuage qui m’ombrageait. Scrutant dans le nuage, je vis Jibril qui m’appelait en disant: «Allah a entendu ce que ton peuple t’a dit ce que les gens t’ont répondu. Il t’a envoyé l’ange des montagnes pour que tu lui ordonnes ce que tu veux». L’ange des montagnes m’interpella, me salua et dit: «Ô Mouhammad, je fais ce que tu veux. Si tu veux, je renverse sur eux (Al-Akhchabains) les deux montagnes de la Mecque: Abou Kays et la montagne lui faisant face Kouaiykouaân ».

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم répondit : «Au contraire, je prie Allah le Tout Puissant de sortir de leur postérité des gens qui l’adoreront, Lui Seul, sans l’associer à rien d’autre ».

La réponse ainsi fournie démontre la personnalité unique du prophète صلى الله عليه و سلم mais aussi l’incommensurable grandeur de sa moralité.

Du fait de ce secours mystérieux qu’Allah lui apporta du haut des sept cieux, le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم revint de son horreur et retrouva sa quiétude.

Ensuite, il avança en direction de la Mecque et atteignit la vallée Nakhla où il séjourna pendant des jours. Il existait dans cette vallée deux endroits où l’on pouvait séjourner; As-Sayl AI Kabir et Az-Zayma, dans la mesure où il y avait de l’eau et de la fertilité. Toutefois, à notre connaissance, aucune source ne précise l’endroit exact de son séjour dans la vallée.

Au cours de son séjour en ce lieu, Allah lui envoya un groupe de djinns. Ceux-ci, le Très Haut en a fait mention dans deux endroits du Coran:

1. La sourate Ahkâf:

(traduction relative et approchée) :

«Rappelle-toi lorsque nous dirigeâmes vers toi une troupe de djinns pour qu’ils écoutent le Coran. Quand ils assistèrent à sa récitation, ils dirent: «Écoutez attentivement…» Puis, quand ce fut terminé, ils retournèrent à leur peuple, en avertisseurs. Ils dirent: «Ô notre peuple! Nous venons d’entendre un livre qui a été descendu après Moïse, confirmant ce qui l’a précédé. Il guide vers la vérité et vers un chemin droit. O notre peuple! Répondez au prédicateur d’Allah et croyez en lui. Allah vous pardonnera une partie de vos péchés et vous protègera contre un châtiment douloureux» (46:29-31)

2. La sourate de Djinns :

(traduction relative et approchée) :

«Dis: il m’a été révélé qu’un groupe de djinns prêtèrent l’oreille puis dirent: nous avons certes entendu une lecture merveilleuse qui guide vers la droiture. Nous y avons cru et nous n’associerons jamais personne à notre Seigneur» (72:1,2)

Il ressort du contenu de ces versets et de celui des rapports faits au sujet du commentaire de cet événement que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ne savait pas que ce groupe de djinns était venu l’écouter. Cela, il ne le sut que lorsqu’Allah le lui fit savoir en lui révélant de tels versets. On en déduit également que c’était la première fois que les djinns assistaient à la récitation. Le contenu des rapports implique que les djinns sont, à plusieurs reprises, revenus écouter.

Assurément, cet événement était aussi un secours par lequel Allah lui fournit, à partir de ses mystères insondables, ses soldats que personne d’autre que lui ne connaît.

De surcroît, les versets descendus en rapport avec l’événement renfermaient des annonces de la réussite de l’appel du prophète صلى الله عليه و سلم, précisant qu’aucune des forces de l’univers ne pouvait s’opposer à une telle réussite:

(traduction relative et approchée) :

«Et quiconque ne répond pas au prédicateur d’Allah ne saura échapper au pouvoir d’Allah sur terre. Et, il n’aura pas de protecteur en dehors de Lui. Ceux-là sont dans un égarement évident» (46:32)

(traduction relative et approchée) :

«Nous pensions bien que nous ne saurions jamais réduire Allah à l’impuissance sur la terre et que nous ne saurions jamais Le réduire à l’impuissance en nous enfuyant »(72:12).

Ce secours et ces annonces dissipèrent les nuages de tristesse, d’affliction et de désespoir qui suivaient le Messager d’Allah depuis qu’il avait quitté Tâif, chassé et stupéfait. En conséquence de cela, celui-ci était résolu à rentrer à la Mecque, à reprendre son premier plan d’exposition de l’Islam, de communication du message éternel d’Allah, avec un zèle tout nouveau.

Alors, Zayd ibn Hâritha lui dit: «Comment les réintégrer (les kouraichites) alors qu’ils t’ont fait sortir?». 
Le prophète صلى الله عليه و سلم dit: « Zayd ! Allah va décanter la situation que tu vois et lui apportera une solution. Il secourra Sa religion et fera triompher son prophète».

À l’approche de la Mecque, le Prophète صلى الله عليه و سلم resta à Hirâ et envoya quelqu’un des Khouzâaa auprès d’Al-Akhnas ibn Shouraik demandant à ce dernier de le protéger.

 

Celui-ci dit:
« Je suis un allié et l’allié ne protège pas ».

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم envoya alors auprès de Souhayl ibn Amr qui répondit: «Banou Amir ne protègent pas Banî Kaab».

Il envoya auprès d’Al-Moutaim ibn Adi qui dit: «Oui», s’arma puis appela ses fils et son peuple et leur parla en ces termes: «Prenez vos armes et postez-vous aux coins de la maison car j’ai accepté de protéger Mouhammad». 
Ensuite il envoya auprès du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم pour lui dire de venir. A son arrivée, il lui dit «Entre!». En compagnie de Zayd ibn Haritha le prophète صلى الله عليه و سلم entra à la Mecque et alla jusqu’à la sainte mosquée.

Debout sur sa monture, Al-Moutaim ibn Adi appela: «Ô Kouraich ! J’accorde ma protection à Mouhammad. Alors, que personne ne le touche! ».

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم alla jusqu’à l’encoignure, fit le tour du temple accomplit deux prosternations et, escorté par Moutaim et ses fils armés, rentra chez lui.

On raconte que ce jour-là, Abou Jahl ! interrogea Moutaim en ces termes: «Mais, toi, es-tu protecteur ou un adepte : un musulman?».

Celui-ci répondait: «Plutôt protecteur!» Abou Jahl reprit: «Ton protégé est le nôtre».

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم avait gardé en mémoire cet acte de Moutaim.

Aussi, dit-il au sujet des prisonniers de Badr : «si Al-Moutaim » était encore vivant et me demandait la libération de ceux-là, je lui accorderais cette faveur».

Extrait de Ar-Rahiq al Makhtoum – Cheikh Safi ar-Rahman Moubarak Fourri رحمه الله

9 décembre 2014

Salmân Al-Fârisî رضي الله عنه

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

« Salmân fait partie de notre famille. »

[ Parole du Prophète Muhammad صلى الله عليه و سلم Voir Sifât as-safawa d'Ibn al-Jawzî et Tarîkh al-Islâm de Dhahabî ]

 

La vie de ce compagnon رضي الله عنه fut une véritable et inlassable quête de la Vérité. C’est l’histoire d’une âme passionnée et assoiffée de Dieu, qu’elle chercha à travers plusieurs cultes et religions avant de Le trouver dans l’islam, la dernière et ultime Vérité.

Dans un récit émouvant, Salmân nous raconte lui-même les péripéties de son cheminement spirituel qui le mena vers le Prophète de l’islam صلى الله عليه و سلم dont il devint un des plus fidèles compagnons :

 

 « J’étais un persan originaire d’Ispahân. Notre village s’appelait Jayyân. Mon père était un des notables du village et un des hommes les plus en vue par leurs richesses et leurs connaissances dans la religion de Zoroastre. Moi-même, j’étais un adepte de la religion des Mages adorateurs du feu et j’avais tellement de ferveur pour cette religion qu’il m’arrivait de rester des heures durant devant le feu sacré pour attiser ses flammes à chaque fois qu’il risquait de s’éteindre. Mon père possédait, à quelques kilomètres de notre village, une ferme qui lui procurait beaucoup de richesses. Il entretenait lui-même cette ferme et y allait plusieurs fois par mois. Un jour, ne pouvant y aller, il me chargea de cette tâche. Sur mon chemin, je vis une église chrétienne où on célébrait le culte chrétien. C’était la première fois que je voyais une église chrétienne car mon père m’empêchait de sortir de notre village. Ma curiosité était telle que j’entrai à l’intérieur de l’église pour écouter les chants des fidèles. Leurs prières m’attirèrent et je me suis dit que cette religion était meilleure que la mienne. Je restai donc avec eux jusqu’au soir, oubliant et mon père et la tâche dont il m’avait chargé. Je sentis que cette religion m’attirait et me fascinait. Je demandai à ses adeptes d’où elle venait. On me répondit de Damas.

Une fois la nuit tombée, je revins chez moi où je trouvais mon père très inquiet à mon sujet. À sa question de savoir ce que j’avais fait, je répondis que j’avais fait la découverte d’une religion meilleure que la nôtre et que ceci m’avait amené à entrer dans l’église où les adeptes de cette religion faisaient leurs prières, et à rester avec eux jusqu’à oublier d’aller à la ferme.

Ces paroles déplurent à mon père qui essaya de me convaincre de la supériorité de notre religion sur celle des chrétiens, mais en vain, car je persistais à croire que la religion chrétienne était meilleure que la nôtre. Alors en désespoir de cause, et craignant que je n’abandonne ma religion pour celle des chrétiens, il m’enchaîna dans une chambre pour que je ne puisse sortir.

Or, je réussis à transmettre un message aux chrétiens leur disant que j’avais embrassé leur religion et que je voulais partir à Damas. Je les priai donc de m’informer du départ de la prochaine caravane pour Damas afin que je parte avec elle. Quelques jours après, on vint m’informer de me tenir prêt au départ :

Je me débarrassai donc de mes chaînes et m’enfuis en cachette de la maison pour rejoindre la caravane en partance pour la Syrie.

Là-bas, j’ai demandé aux chrétiens de m’indiquer où se trouvait le plus grand de leurs prêtres. Ils me répondirent que c’était l’évêque qui officiait à la grande église. J’allai le trouver et lui demandai la permission de rester dans son entourage et de le servir à condition qu’il m’apprenne les enseignements du christianisme. Il accepta et me permit de demeurer avec lui.

Je me rendis compte, quelque temps après, combien cet évêque était mauvais. Il n’hésitait pas à accaparer les aumônes destinées aux pauvres et à les garder pour lui. À cause de son comportement, je me mis à le haïr et à le mépriser. Mais il ne tarda pas à mourir. Son successeur fut tout à fait différent. C’était un homme bon, pieux, charitable et détaché des plaisirs de ce monde. Je l’ai aimé comme je n’ai jamais aimé quelqu’un d’autre. Je restai avec lui jusqu’à ce qu’il fut sur le point de mourir.

À sa mort, je lui demandai : « À qui me recommandes-tu mon père ? » – « Mon fils, je ne connais qu’une seule personne qui me ressemble et de qui tu peux apprendre. Cette personne se trouve à Mossoul, en Irak. Vas et trouve-la. »

Je me rendis chez la personne indiquée et lui exposai l’objet de ma visite. Elle accepta que je demeure chez elle et que j’apprenne sous sa conduite. Cet homme aussi était bon et pieux. Je demeurai chez lui un certain temps jusqu’à ce qu’il fut sur le point de mourir.

Je lui demandai alors de me confier à quelqu’un d’autre pour parfaire mon éducation spirituelle. Il m’indiqua la demeure d’un moine à Nassibin. Je me rendis à cet endroit et trouvai l’homme que je cherchais. Après avoir écouté l’objet de ma visite, il accepta de me prendre à son service. Au cours de mon séjour chez ce vieux moine, j’eus l’occasion d’apprécier sa bonté et sa piété. Je restai avec lui jusqu’à ce qu’il mourut à son tour. Avant de quitter ce monde, il eut, cependant, l’amabilité de me confier à un autre moine établi à `Ammuriya, du côté de Byzance.

À la mort du moine de Mossoul, j’allai à la recherche de son coreligionnaire de `Ammuriya. Je le trouvai et lui rapportai les recommandations du défunt moine de Mossoul. Il m’accueillit chaleureusement et m’accepta à son service. Je m’installai donc chez lui en emmenant avec moi les vaches et les brebis que j’avais acquises grâce à mon travail. Lorsqu’il fut sur le point de mourir, je lui demandai :

« À qui me recommandes-tu ô mon père ? » – « Ô mon fils ! Je ne vois personne ayant les qualités que tu recherches mais je sais qu’un prophète va apparaître, prêchant la religion d’Ibrâhîm عليه سلام. Son avènement est imminent. Il sortira du pays des Arabes et émigrera vers une terre plantée de palmiers située entre deux zones couvertes de pierres volcaniques.

Cet homme possède des signes particuliers par lesquels tu peux le reconnaître. Il refuse les aumônes mais accepte les cadeaux. Entre ses épaules, se trouve le sceau de la prophétie. Si tu le vois, tu le reconnaîtras aisément. Si tu trouves le moyen de rejoindre ce pays, n’hésite pas. »

Après la mort de ce moine, je demeurai à `Ammuriya jusqu’à l’arrivée de négociants arabes de la tribu des Kahb en Arabie. Je suis allé les voir en leur proposant de m’emmener en Arabie en échange des vaches et brebis que j’avais avec moi. Ils acceptèrent ma proposition et je partis avec eux. Or, en cours de route, ils trahirent leurs engagements et me vendirent à un juif de Wâdi Al-Qurâ. Je restai chez lui jusqu’à ce qu’un de ses cousins des Banû Qurayda vienne lui rendre visite et m’achète pour me prendre à son service. C’est ainsi que je parvins à Médine.

L’homme qui m’avait acheté possédait une palmeraie à Yathrib. J’étais chargé de son entretien. Un jour, alors que j’étais sur le sommet d’un palmier, j’entendis mon maître, assis dans le jardin, discuter avec un de ses cousins. Ce dernier lui disait : « Maudits soient les Banû Qâhila – les Aws et les Khazraj – : ils se sont rassemblés à Quba autour d’un homme venu de la Mecque qui prétend être prophète… » En écoutant ces paroles, je me mis à trembler et faillis tomber sur mon maître assis sous le palmier. Je descendis précipitamment de l’arbre en demandant à l’homme de répéter ce qu’il venait de dire. Mon audace déplut à mon maître qui me donna un coup de poing en me disant : « Ceci ne te concerne pas, retourne à ton travail ».

Je remontai sur le palmier et repris mon travail. Le soir venu, je pris avec moi une quantité de dattes que j’avais pu économiser et je partis à la recherche du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم. Arrivé à Qubâ où celui-ci s’était établi, je le trouvai avec un groupe de ses compagnons رضي الله عنه. Je me suis adressé à lui en ces termes : « J’ai appris que tu étais un saint homme et que tes compagnons sont étrangers à cette ville et ont besoin d’aide. Voici de la nourriture que j’envisageais de donner en aumône, je crois que vous en avez besoin plus que d’autres. ».

Le Prophète صلى الله عليه و سلم avança le sac de dattes vers ses compagnons رضي الله عنه et leur dit : « Mangez. » Quant à lui, il s’abstint de manger. Voyant cela, je me suis dit : « Voilà un premier signe ». Après son déplacement de Qubâ à Médine, je revins voir le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم en apportant avec moi une autre quantité de dattes que j’avais économisées sur mes parts. Je lui dis : « J’ai remarqué que tu ne mangeais pas les aumônes. C’est pourquoi je t’ai apporté cette quantité de dattes comme cadeau. » Il en mangea cette fois-ci et invita ses compagnons رضي الله عنه à en faire de même. Je fus réjoui par ce geste et me suis dit : « Par Dieu, il mange ce qui lui est offert comme cadeau. C’est le deuxième signe. ».

Quelque temps après, je revins le voir alors qu’il était à Al-Baqî` pour l’enterrement d’un de ses compagnons. Je le vis assis, drapé de deux manteaux, au milieu de ses compagnons. Je le saluai et il me rendit mon salut. Je me mis alors à regarder le haut de son dos, dans l’espoir de voir le sceau de la prophétie, ce qui attira son attention. Devinant ma pensée, il ôta l’un de ses manteaux, et je vis entre ses épaules le fameux sceau de la prophétie, tel que décrit par le vieux moine. Je l’entourai de mes bras et l’embrassai en pleurant. Il m’invita à m’asseoir et me demanda de lui relater les péripéties vécues avant ma venue à Médine. À la fin de mon récit, il me souhaita la bienvenue et m’accueillit parmi ses compagnons رضي الله عنه.

À partir de ce jour, je devins un des familiers des cercles d’enseignement du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم. Je ne le quittai plus. Cependant, n’étant pas encore affranchi de l’esclavage, je ne pus assister aux batailles de Badr et de Uhud. Plus tard, l’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم et ses compagnons رضي الله عنه m’aidèrent à m’affranchir de mon maître en me donnant l’argent nécessaire pour cela. »

Telle fut la quête passionnée de ce compagnon pour la vérité, une quête qui trouvera son aboutissement à Médine où Salmân venait de trouver son maître spirituel. II ne quittait plus l’entourage du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم, maintenant qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps, depuis qu’il avait tout abandonné dans ce bas monde pour écouter les appels de la vérité et suivre la quête de son âme.

À Médine, il sera le compagnon inséparable d’Abû Ad-Dardâ, un autre disciple du Prophète صلى الله عليه و سلم. Il habitera chez lui et partagera avec lui sa vie sobre et ascétique. Les deux hommes étaient célèbres pour leur détachement des plaisirs de ce monde et leur piété. Un jour, Salmân reprocha à Abû Ad-Dardâ son excès de mortification, celui-ci priait la nuit et jeûnait le jour. Il essaya de lui faire rompre son jeûne, mais en vain. Abû Ad-Dardâ s’en défendit en ces termes :

« Voudrais-tu m’interdire de jeûner et d’adorer mon Seigneur ? » Salmân lui répondit par une parole du Prophète صلى الله عليه و سلم: « Tes yeux ont un droit sur toi de même que ton épouse. Jeûne et mange. Prie la nuit et dors. »

Apprenant cela, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم dira : « Salmân a fait preuve de plus de perspicacité. » Salmân Al-Fârisî était très aimé et estimé de l’Envoyé de Dieu qui le considérait comme un membre à part entière de sa propre famille. Un jour, en effet, alors que les Ansârs et les Muhâjirîn revendiquaient les uns et les autres l’appartenance de Salmân à leur communauté, le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم s’adressa à eux en ces termes :

« Salmân fait partie de notre famille. »

 

Salmân Al-Fârisî était devenu un des compagnons les plus proches du Messager de Dieu. Son statut d’étranger et de pauvre l’avait amené à se rapprocher de plus en plus du Prophète qu’il quittait rarement. C’est ainsi qu’il faisait partie des gens de la Sufa (ahl as-suffa), ces pauvres parmi les musulmans qui habitaient une aile de la mosquée et passaient leur temps dans l’adoration du Seigneur. Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم pourvoyait aux besoins de ces hommes parmi lesquels se trouvait notre illustre Salmân Al-Fârisî.

Mais celui-ci n’était pas qu’un adorateur tourné vers la méditation, c’était aussi un homme d’action doué de surcroît d’une très grande intelligence en matière de stratégie militaire. Lors de la fameuse bataille des tranchées, il donnera un magistral aperçu de son génie et de sa tactique inconnue jusque-là chez les Arabes.

Ce jour-là, plus de 20.000 infidèles issus des tribus de Quraysh et de Ghatafân, et dirigés par Abû Sufyân et `Uyayna Ibn Hisn, marchèrent sur Médine qu’ils voulurent prendre d’assaut avec la complicité des juifs des Banû Qurayda. Jamais les musulmans ne furent confrontés à un danger d’une si grande ampleur. Ils en furent tellement surpris qu’une grande frayeur s’empara d’eux et ils en arrivèrent à succomber au désespoir. Le Coran nous a dépeint cette scène en ces termes :

 

{Quand ils vous vinrent d’en haut et d’en bas (de toutes parts), et que les regards étaient troublés et les cœurs remontaient aux gorges, et vous faisiez sur Dieu toutes sortes de suppositions. Les croyants furent alors éprouvés et secoués d’une dure secousse. } [ Sourate 33 - Versets 10-11 ]

 

Cette expédition des « coalisés » comme l’appela le Coran, visait la neutralisation définitive du sanctuaire médinois avant que celui-ci ne se fortifie et ne propage l’islam dans la péninsule arabique. Pour arriver à ce but, les tribus arabes ameutèrent tous ceux qui étaient en mesure de combattre et qui avaient un compte à régler avec cette religion qui venait menacer leurs croyances et leurs intérêts. Les juifs des Banû Qurayda établis à Médine participèrent à ce complot en prenant sur eux la tâche perfide d’attaquer les musulmans de l’intérieur. Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم rassembla alors ses compagnons رضي الله عنه et se concerta avec eux sur l’attitude à adopter en ces circonstances exceptionnelles. La décision fut prise à l’unanimité de résister aux coalisés et de soutenir leur siège. Mais comment ? Et avec quels moyens ? La question taraudait l’esprit du Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم et de ses compagnons. Il est vrai que c’était la première fois que les musulmans se trouvaient confrontés à un siège.

D’habitude, les batailles se déroulaient en plein air avec l’avantage qu’avaient les deux adversaires de se déployer et de se mouvoir comme bon leur semblait :

Là, un seul adversaire pouvait se permettre ce luxe. Quant à l’autre, il n’avait d’autre choix que de se trouver acculé à se défendre. Alors que le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم réfléchissait aux moyens à entreprendre pour défendre la ville, un homme à la taille longue et aux cheveux touffus se présenta à lui et lui dit :

« Ô Messager de Dieu ! La ville est bien protégée sauf certains endroits par où l’ennemi peut s’infiltrer et nous surprendre.

Je crois qu’il serait plus prudent que nous creusions des tranchées en ces endroits afin d’empêcher les assaillants d’arriver jusqu’à nous. C’est ainsi qu’on faisait chez nous en Perse. »

Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم approuva cette idée très lumineuse et donna l’ordre de la mettre en oeuvre. Aussitôt, les musulmans se mirent à creuser avec un enthousiasme et une volonté extraordinaires. L’homme en question n’était autre que notre compagnon Salmân Al-Fârisî. L’idée qu’il proposa au Prophète صلى الله عليه و سلم était inconnue jusque là chez les Arabes. Elle allait surprendre les coalisés et les désarçonner en les obligeant à abandonner leur funeste projet.

Les compagnons se mirent donc à creuser des tranchées afin de dissuader les ennemis d’attaquer leur ville. Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم lui-même se mit à la tâche. Au cours des travaux, certains compagnons découvrirent une roche épaisse et dure qui les empêchait de creuser davantage. Ils tentèrent de la casser mais sans succès. Celle-ci semblait très solide. Salmân s’en alla voir le Prophète صلى الله عليه و سلم pour lui demander l’autorisation de contourner cet obstacle un peu plus loin.

L’Envoyé de Dieu retourna avec son compagnon vers l’endroit indiqué et jeta un coup d’œil sur là roche. Il se fit apporter ensuite une pioche et demanda à ses compagnons de s’éloigner des éventuels éclats qui pouvaient s’en dégager.

Il saisit alors la pioche de ses deux mains bénies, prononça le nom de Dieu et donna un grand coup sur la roche qui se fissura et dégagea des étincelles, ainsi qu’une vive lumière qui se propagea à l’horizon. Salmân témoignera qu’il a vu cette lumière éclairer les extrémités de Médine et le Messager de Dieu de s’écrier :

« Dieu est grand ! On m’a donné Les clefs de la Perse. Je viens de voir les palais de Hirâ et les villes de Chosroês éclairés et ma communauté conquérante. »

Il donna un autre coup de pioche et la roche se fissura davantage. Une autre lumière s’en dégagea et se propagea à l’horizon. Le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم s’écria de nouveau :

« Dieu est grand ! On m’a donné les clefs de l’empire byzantin.  Je viens de voir les palais muges éclairés et ma communauté conquérante. »

Au troisième coup, la roche s’effrita et une lumière très vive s’en dégagea, suscitant les cris de louange et de bénédictions des musulmans. Le Prophète صلى الله عليه و سلم les informa qu’il venait de voir les palais de Damas, de Sanaa et de l’Abyssinie éclairés et sa communauté conquérante. Les musulmans, ajoutera Salmân رضي الله عنه, crièrent avec une grande ferveur :

« Voilà ce que nous a promis Dieu ainsi que Son Messager. Dieu et Son Messager tiennent parole. »

 

      Notre compagnon Salmân vivra longtemps. Il verra l’islam conquérir l’empire perse, les possessions byzantines en Égypte et en Syrie et porter l’étendard du tawhîd (l’unicité divine) dans toutes les contrées du monde. Mieux encore, il sera lui-même le gouverneur d’Al-Madyan, une ville de l’empire perse.

Mais n’anticipons pas les choses et restons encore à Médine où les musulmans venaient de terminer de creuser les tranchées. En arrivant devant la ville qu’ils voulaient prendre d’assaut, les coalisés restèrent figés en voyant ce moyen de défense inconnu jusque-là parmi les Arabes.

Ils avaient beau essayé de trouver une faille dans le système de défense de la ville, mais en vain, d’autant plus que les juifs des Banû Qurayda, sur lesquels ils comptaient pour les aider de l’intérieur, avaient fini par se désister.

Alors, en désespoir de cause, après un mois de siège, et une nuit de violente tempête qui souleva leurs tentes et dispersa leurs hommes et leurs montures, Abû Sufyân et `Uyayna Ibn Hisn, les deux chefs de l’expédition, décidèrent de lever le siège et de retourner à la Mecque, le profil bas et l’arrogance écorchée.

Après la mort de l’Envoyé de Dieu صلى الله عليه و سلم, Salmân fut l’objet du respect et de la considération de tous les califes. Sous le califat de `Umar, on lui confia le poste de gouverneur d’Al-Madyan dans la province de Perse qu’il connaissait si bien, puisqu’il en était originaire. Mais cette fonction officielle n’était pas pour plaire à Salmân à qui le Messager de Dieu avait appris à mépriser ce bas monde et à ne pas se laisser tenter par ses ornements. Il refusa donc le poste.

Mais `Umar avait aussi ses raisons. Il ne voulait confier le poste de gouverneur qu’à ceux en qui il avait confiance, c’est-à-dire ceux qui étaient dignes. Il insista donc pour que Salmân accepte ce poste.

Hishâm Ibn Hassan rapporte que le salaire de Salmân était de cinq mille dirhams, mais celui-ci n’en prenait rien et préférait manger les fruits de son labeur. Mieux encore, il ajouta qu’on le voyait s’adresser à 30.000 personnes, assis sur la moitié d’un drap et portant l’autre comme habit. »

Notre compagnon parlait de lui-même en disant :

« J’achète pour un dirham des joncs, je les tresse, en fais des paniers puis les vends à trois dirhams. Je garde un seul dirham des ventes pour en acheter d’autres joncs, j’en donne un en aumône et je dépense le troisième pour subvenir aux besoins de ma famille. J’aurais toujours agi ainsi, si `Umar ne me l’avait pas interdit. »

Ainsi était Salmân et ainsi l’avait formé l’école du Prophète صلى الله عليه و سلم.

Un jour, alors qu’il était toujours gouverneur, il rencontra un voyageur venant de Damas qui portait des sacs contenant des figues et des dattes. Voyant l’aspect très modeste de Salmân, l’homme crut avoir affaire à un portefaix ou à un pauvre soucieux de gagner quelques pièces en portant des charges.

II appela donc Salmân et lui dit : « Porte-moi ceci.» Salmân s’exécuta sans rien dire. En cours de route, ils rencontrèrent des gens que Salmân connaissait. Il les salua et ceux-ci lui rendirent son salut en ces termes : « Que la paix soit sur toi ô émir. » Le voyageur crut à une plaisanterie, à une méprise ou à toute autre chose, sauf à ce que son porteur soit émir.

Mais au fur et à mesure que les gens saluaient Salmân en l’appelant émir, il sentit une certaine gène l’envahir et il devint tout confus. Il comprit alors qu’il avait affaire au gouverneur d’Al-Madyan en personne. Ne sachant comment s’excuser, il pria Salmân de le laisser reprendre sa charge mais celui-ci refusa et insista pour la porter à destination. La piété et l’ascétisme de cet homme étaient tels qu’il était difficile de le dissocier du plus modeste de ses administrés.

 

C’était un sage parmi les sages, car seuls ceux qui possèdent la sagesse peuvent résister à l’arrogance et à la condescendance qu’induit l’ivresse du pouvoir. `Umar qui avait une bonne connaissance de la nature humaine ne s’y trompa pas en lui confiant la responsabilité de la province d’Al-Madyan. Sous son gouvernement, cette ville nouvellement conquise prospéra et l’islam s’y propagea à une vitesse extraordinaire. Sa sagesse, sa justice et sa piété y étaient pour beaucoup dans la propagation de l’islam en Perse.

Et les jours passèrent, notre pieux compagnon, devenu un vénérable vieillard aux cheveux et à la barbe blanchis par le temps, s’apprêtait à rejoindre le bien-aimé Muhammad صلى الله عليه و سلم et ses compagnons dont l’absence lui pesait. Et pourtant, le voilà qu’il pleurait sur son lit de mort. À Sa`d qui lui demandait les raisons de son chagrin, alors que le Messager de Dieu صلى الله عليه و سلم est mort satisfait à son égard, il répondit :

« Par Dieu, je ne pleure pas parce que je crains la mort ou parce que j’aime la vie. Mais je me suis souvenu de ce que le Messager صلى الله عليه و سلم nous a dit : « Que chacun de vous prenne de la vie ce que prend un voyageur comme provisions. » Or, me voilà entouré de toutes ces richesses. »

Sa`d dira : « Je regardai autour de moi et je ne vis qu’une grande écuelle et un récipient pour les ablutions. » Le jour de sa mort, il appela son épouse et lui dit : « Apporte-moi le dépôt que je t’ai confié. » Il s’agissait d’un sac contenant du musc qu’il gardait précieusement depuis de nombreuses années avec l’intention d’en être lavé le jour de sa mort. Elle le lui apporta ainsi qu’un verre d’eau selon ses dernières volontés. Il prit le musc le versa dans le verre d’eau et le mélangea avec son doigt. Ensuite, il tendit le verre à son épouse en lui disant : « Répands le musc autour de moi car je vais recevoir des créatures de Dieu qui ne mangent pas de nourriture mais aiment le parfum. » À la fin, il la pria de fermer la porte et de le laisser seul. À son retour, il était déjà mort. La quête passionnée de cette âme venait de trouver son aboutissement final après un long parcours fait de privations et de sacrifices en ce bas monde.

{ Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée. Entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans mon paradis. } [ Sourate 90 - Versets 27 à 30 ]

 

Tiré du livre les compagnons du Prophète (tome 1)

Les premiers hommes de ‘Islam de Messaoud abou Oussama

9 décembre 2014

Réciter le Coran en étant couché

 

 بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

 

Est-il correct de lire le Quran en étant couché sur le lit ? Si ce n’est pas permis, quel est donc le tafsir de ce verset : « … qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah… » {Al-‘Imrân : 191} ?

 

Réponse :

Louange à Allah, 

La lecture du Quran de celui qui est couché ne comporte aucun péché, qu’il soit étendu sur un lit ou au sol. Il n’y a pas de mal à cela, l’homme récite le Quran quelle que soit sa position, debout, assis ou couché, ou qu’il soit en état de pureté, ou de petite impureté s’il lit par cœur. Mais s’il lit à partir du mus-haf, celui qui est en état d’impureté ne doit pas toucher le mus-haf jusqu’à ce qu’il fasse ses ablutions.

Pour conclure, il n’y a pas d’interdiction à lire le Quran dans quelque position que ce soit, sauf s’il est en état de « janâba » auquel cas il lui est interdit de réciter le Quran jusqu’à ce qu’il fasse son ghusl. De même pour les menstrues et les lochies qui ne permettent pas à la femme de lire le Quran sauf en cas de nécessité, comme la peur d’oublier. (NDT : Il existe des avis divergents concernant cette question, comme celui de Shaikh Albâni رحمه الله)

Source : Site du Shaikh Fawzân حفظه الله- Fatwa n°15991 

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12 décembre 2014

Que devons-nous faire la nuit de « Laylat al-Qadr » [la nuit du mérite] ?

 

Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question : 

Comment devrions-nous observer « Laylat ul-Qadr » ? Doit-on la passer en priant, ou en lisant le Coran et la Sîrah [biographie] du Prophète صلى الله عليه و سلم
, écouter des conférences et des cours, et célébrant cela dans la mosquée [masdjid] ?.

Réponse : 

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم
 augmentait ses efforts dans l’adoration pendant les dix derniers jours de Ramadhân, plus qu’il ne le faisait en tout autre temps, en priant, en lisant le Qor’ân et en faisant des invocations [du'â]. Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté de ‘Âisha رضي الله عنها que :
« Quand les dix derniers jours de Ramadhân arrivaient, le Prophète صلى الله عليه و سلم veillait la nuit et réveillait sa famille, et il s’abstenait de toutes relations [sexuelles] ».

Ahmad et Muslim ont rapporté :

« Qu’il pratiquait en s’efforçant assidûment dans adoration pendant les dix derniers jours de Ramadhân comme il ne l’a jamais fait en tout autre temps. »

 

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a commandé de rester debout à prier « Laylat al-Qadr » avec foi [imân] et espoir de la récompense divine [ihtisabân]. Il a été rapporté de Abû Hurayrah رضي الله عنه que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

« Quiconque reste debout à prier « Laylat al-Qadr » avec foi et espoir de récompense divine, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. »
 Rapporté par tous en dehors de Ibn Mâdja. Ce hadîth indique qu’il est prescrit d’observer « Laylat al-Qadr » en passant la nuit en prière.

 

Une des meilleurs invocations [du'â] qui peut être dite durant la nuit du destin [Laylat al-Qadr] est ce que le Prophète صلى الله عليه و سلم a appris à ‘Âisha رضي الله عنها quand elle dit dans un hadîth rapporté par At-Tirmidhî et classé comme sahîh : « J’ai dit : Ô Messager d’Allâh, si je savais qu’elle était la nuit de « Laylat al-Qadr », que devrais-je dire en cette nuit ? – Et le Prophète de répondre : Dis :

اللهم انك عفو تحب العفو فاعفو عنى 

« Allâhumma Innaka ‘afou-oun tuhibou al-’afwa fâ’fou ‘ana » 

« Ô Allâh, Tu es celui qui pardonne, et Tu aimes le pardon, aussi pardonne-moi» [Rapporté par at-Tirmidhî, Ahmad, Ibn Mâdja et al-Hâkim]

 Quant à spécifier laquelle des nuits de Ramadhân est « Laylat al-Qadr », cela nécessite plus de preuves spécifiques , car les dix dernières nuits sont plus susceptibles [d'être celle-là] que les autres, et la vingt-septième nuit [de Ramadhân] est plus probable d’être « Laylat al-Qadr », parce que cela a été mentionné dans les ahâdîth.



Quant aux innovations [al-bida'], elles ne sont pas permises pendant et en dehors du Ramadhân. Il a été authentifié que le Messager d’Allâh صلى الله عليه و سلم a dit :

« Celui qui apporte dans notre religion-ci une innovation qui est étrangère, on doit rejeter tout ce qu’il dit. ».



Pour ce qui est des célébrations tenues pendant les quelques nuits de Ramadhân, nous n’en connaissons aucun fondement. La meilleur des voies est la voie de Muhammad صلى الله عليه و سلم
, et les plus mauvaises choses, sont celles inventées [mouhdathât].

 

Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ, vol-10 p.413

12 décembre 2014

Est-il permis à la femme indisposée d’entrer à la mosquée ?

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

Est-il permis à la femme indisposée d’entrer à la mosquée ?

 

Réponse de Sheykh el Albani رحمه الله :

 

Cela lui est permis sur base d’une preuve passive et une preuve affirmative.

 

Quand à la preuve passive, c’est l’absence de preuve lui interdisant d’entrer à la mosquée, cela relève de la règle juridique stipulant que la base de toute chose est la permission, aussi l’interdiction d’une chose nécessite une preuve particulière.

Mais absolument aucun hadith n’est authentique quand à l’interdiction de la femme indisposée d’entrer à la mosquée.

 

Quand à la preuve affirmative, il s’agit du hadith de Aicha رضي الله عنها dans sahih el boukhary d’après la narration de jabir ibn Abdillah el Ansari : « Lorsqu’elle eut ses règles lors du pélerinage d’adieu, alors que le Prophète صلى الله عليه و سلم s’était arrêté à un lieu proche de la mecque appelé Sarf, lorsqu’il صلى الله عليه و سلم entra auprès d’elle, il رضي الله عنها la trouva en train de pleurer et lui demanda :

« Qu’as-tu ? Es-tu indisposée ? »

Il صلى الله عليه و سلم poursuivit :

« C’est une chose qu’Allah a prescrit aux filles d’Adam. Fais donc ce que fait le pélerin sauf que tu ne fais pas le Tawaf et que tu ne pries pas »
Rapporté par Al Boukhary et Mouslim

C’est un texte soulignant qu’il est permis à la femme qui a ses menstrues d’entrer à la mosquée, même la mosquée sacrée, car le Prophète صلى الله عليه و سلم lui a autorisé de faire ce que fait le pélerin : entrer à la mosquée, le Tawaf, la prière….Tout ceci est accompli par le pélerin. Quand à elle, la seule exception parmi ce que fait le pélerin concerne le Tawaf et la prière.

 

La femme qui a ses règles, donc, peut entrer à la mosquée et lire le Coran ; celui qui prétend le contraire se doit d’avancer une preuve qui l’interdit et établir que cette interdiction a été stipulé après cette permission.

 

12 décembre 2014

Trois points dont l’apprentissage est obligatoires à tout musulman et musulmane

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Le grand savant et imâm de la Sounnah Mouhammad bnou ‘Abdel Wahhâb رحمه الله a dit :

 

Saches, qu’Allah te fasse miséricorde, qu’il est obligatoire à tout musulman et musulmane d’apprendre trois points :

 

Le premier point , c’est qu’Allah nous a créés, et ne nous a pas créés sans but, Il ne nous a pas abandonnés à nous-même. Au contraire, Il nous a envoyé un messager avec un livre. Quiconque lui obéit entre au paradis, et quiconque lui désobéit entre en enfer. La preuve de cela est la parole d’Allah عز و جل :

{Nous vous avons envoyé un Messager pour être témoin contre vous, de même que Nous avions envoyé un Messager à Pharaon. Pharaon désobéit alors au Messager. Nous le saisîmes donc rudement.} (Sourate 73 versets 15 et 16)

 

Le deuxième point, la chose la plus importante venue avec ce messager est qu’on ne peut associer aucune chose à Allah dans Son adoration, la preuve de cela est Sa parole عز و جل :

{Et les mosquées sont pour Allah, alors n’invoquez personne avec Allah} (Sourate 72 verset 18)

 

Le troisième point, est que quiconque pratique le monothéisme et adore Allah, il ne lui est pas permis de prendre pour ami celui qui s’oppose à Allah et Son messager, même si c’est son père, ou son fils, ou son frère ou un membre de sa tribu, et la preuve de cela est la parole d’Allah :

{Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leur fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L’agréent. Ceux- là sont le parti d’Allah. Le parti d’Allah est celui de ceux qui réussissent.} (Sourate 58 verset 22)

 

12 décembre 2014

La comparaison entre les bonnes et mauvaises oeuvres

 

Al-Imâm Chams id-Dîn Abî ‘Abdullâh Muhammad Ibn Abî Bakr Ibn Qayyîm al-Djawziyyah رحمه الله

 

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 


[...]

Parmi les règles de la « Chari’ah » et de la sagesse [Hikmah], il y a également le fait que si les bonnes oeuvres [d'un homme] se multiplient et s’amplifient et qu’il possède en Islam une influence évidente, alors on doit lui accorder une indulgence et un pardon qu’on n’accorde pas à une autre personne. Certes, le péché est une impureté. Cependant, l’impureté ne peut polluer une eau qui atteint la quantité de deux grandes jarres [Qullatayn], contrairement à une petite quantité d’eau qui quant à elle ne supporte pas la moindre impureté. Dans le même esprit, il y a la parole du Prophète صلى الله عليه و سلم à ‘Umar Ibn Khattâb رضي الله عنه :

« Que sais-tu ? Il se peut qu’Allah ait considéré des gens ayant participé à la bataille de Badr et ait dit : « Faites ce que vous voulez car je vous ai pardonné. »
[
Rapporté par al-Bukhârî et Muslim].

Ceci est donc la raison qui l’a empêché de tuer celui qui les a empoisonnés, lui et les musulmans, et qui a commis ce grand péché.

Ainsi, le Prophète صلى الله عليه و سلم donna pour les raisons sa participation à la bataille de Badr. Ceci montre donc que la punition est fondée, mais son exécution est annulée, car le coupable participa à un évènement important. Ainsi, cette faute grave lui est pardonnée parce qu’il a à son compte beaucoup de bonnes oeuvres.

Et quand le Prophète صلى الله عليه و سلم exhorta [les musulmans] à la charité [sadaqa], ‘Uthmân رضي الله عنهرضي الله عنه apporta cette aumône. Le Prophète صلى الله عليه و سلم dit : « Aucun acte ne peut nuire à Ibn ‘Affân ‘Uthmân, après l’oeuvre qu’il vient de d’accomplir aujourd’hui. »
[
Rapporté par al-Tirmidhî - Isnâd Dha'îf Djidan - Hadîth très faible]

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a [également] dit à Talha, qui s’était courbé devant lui afin qu’il prenne appui sur son dos pour monter sur la pierre : « Cela est redevable pour Talha. »
[
Rapporté par Ibn Hibbân et al-Baghawî - Hadîth hassan]

C’est également le cas de Mûssa عليه سلام, celui à qui le Tout-Miséricorde a parlé : il jeta par terre les tablettes sur lesquels était écrite la parole d’Allah, au point où elles se brisèrent ; il frappa l’ange de la mort au point de crever son oeil ; il fit des reproches à son Seigneur le Jour où on fit monter le Prophète صلى الله عليه و سلم en disant : « Un jeune a été envoyé après moi et les membres de sa communauté seront plus nombreux au Paradis que ceux de ma communauté. » Il saisit la barbe de Hârun et le tira, alors qu’il [Hârun] est également un des Prophètes d’Allah, l’honore et l’aime.

Certes, ces faits n’affectent pas l’acte accompli par Mûssa face aux ennemis qui s’opposèrent à lui, la patience dont il fit preuve et le mal qu’il endura pour Allah, ne rabaissent pas son rang. C’est un fait reconnu parmi les gens et ancré dans la nature de l’homme, que celui qui possède mille bonnes actions, sera pardonné pour une, voire deux mauvaises oeuvres. Et entre la punition pour ses mauvaises actions et la récompense pour ses bonnes actions, c’est la récompense qui prédomine, comme a dit le poète :

« Si le bien-aimé vient avec un seul péché, Alors ses bonnes oeuvres viennent avec mille intercesseurs ».

Et un autre disait :

« Si l’acte qui a fait mal est un, Alors ses bonnes actions sont nombreuses ».

Allah عز و جل soupèsera le Jour du Jugement Dernier, les bonnes et les mauvaises oeuvres du serviteur. Ainsi, celles qui seront prédominantes influenceront Son jugement. Il accordera à ceux dont les bonnes oeuvres seront nombreuses, ceux qui auront préféré Son amour et Son agrément, mais qui auront parfois été influencés par leurs âmes, il leur accordera la grâce et le pardon qu’Il n’accordera pas aux autres [...] 

 

Kitâb « Miftah Dar as-Sa’âda » de Ibn al-Qayyîm رحمه الله, vol.1 p-319

9 décembre 2014

Lire le Coran le jour ou la nuit ?

 

Cheikh Salih Bin Fawzan Bin ‘Abdillah Al Fawzan حفظه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

 

Est-ce que c’est mieux de lire le Coran la nuit ou dormir et le lire durant la journée après chaque prière ?

 

Réponse :

 

Lire ce qui t’est aisé du coran du jour et de la nuit, le lire la nuit est meilleur.

 

Le lire la nuit est meilleur parce que Jibril عليه سلام l’enseignait au prophète صلى الله عليه وسلم pendant Les nuits du ramadan.

 

Lire le coran la nuit est meilleur .

12 décembre 2014

Le Prophète Ayoub عليه سلام

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

Ibn Is’hâk dit : Job était un Romain et il était Job ibn Moss ibn Razeh ibn Esaii ibn Isaac ibn Abraham. D’autres dirent qu’il était : Job ibn Moss ibn Rawel ibn Esaii ibn Isaac ibn Abraham.

Ibn Asâkîr dît que sa mère était la fille de Loth عليه سلام. Il est aussi avancé que son père était l’un de ceux qui crurent en Abraham عليه سلام le jour où il fut jeté dans le feu et il ne fut pas brûlé. Cependant, la première opinion paraît être correcte, parce qu’il était de la progéniture d’Abraham, comme le dit Allah عز و جل :

 

« Et parmi la descendance d’Abraham ou de Noé, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. » [ Sourate 6 - verset 84 ]

II est l’un des Prophètes qui ont reçu des Révélations d’Allah عز و جل, comme le dit Allah le Tout-puissant dans la Sourate An-Nisâ :

 

« Nous t’avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Aaron et à Salomon, et Nous avons donné le Zabour à David. »  [ Sourate 4 - verset 163 ]

 

Ainsi il paraît plus authentique de dire qu’il était de la progéniture d’Esaii ibn Isaac. Le nom de sa femme était Lia bint Jacob. Mais dans une autre opinion, il est dit que sa femme était Rahma bint Ephraïm. Il est dit aussi qu’elle était Lia bint Manasseh ibn Jacob.

Allah عز و جل dit dans la Sourate Al-Anbiyâ:

 

« Et Job, quand il implora son Seigneur: « Le mal m’a touché. Mais Toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux »! Nous l’exauçâmes, enlevâmes le mal qu’il avait, lui rendîmes les siens et autant qu’eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs » [ Sourate 21 - verset 83 /84 ]

 

Allah عز و جل dit aussi dans la Sourate Sâd:

 

« Et rappelle-toi Job, Notre serviteur, lorsqu’il appela son Seigneur: « Le Diable m’a infligé détresse et souffrance ». Frappe (la terre) de ton pied: voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire. Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doués d’intelligence. « Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment ». Oui, Nous l’avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur! Sans cesse il se repentait ». [ Sourate 38 - verset 41 / 44 ]

 

L’épreuve d’Ayoub عليه سلام

Les exégètes et les historiens dirent qu’Ayoub était un homme riche qui possédait tous les genres de biens. Il possédait un bétail innombrable, des moutons, des esclaves et des domestiques, il possédait aussi de vastes terrains et avait beaucoup d’enfants.

Toutes ces propriétés disparurent. Il fut, en plus, infligé dans son corps avec de différents genres de maladies, au point qu’aucun membre ou partie de son corps n’était sain, à l’exception de son cœur et sa langue avec lesquels il évoquait Allah. Il demeura malade et croyant en la Pitié d’Allah عز و جل.

Ses maladies continuèrent si longtemps que même ses amis l’ont abandonné, et ses parents l’ont laissé. Il fut sorti de sa ville et jeté sur une colline. Autre que sa femme, personne ne sentit la moindre compassion envers lui. Elle prit en charge ses droits sur elle, et se souvint de leur bon temps ensemble. Elle l’aidait à faire les nécessités quotidiennes qu’il ne pouvait faire sans son aide. Elle était si affligée et si dépourvue qu’elle commença à travailler pour gagner un salaire pour manger et nourrir son mari. Qu’Allah عز و جل les agrée. Elle maintint sa patience à côté de son mari pendant leur épreuve dans leur richesse, leur propriété et leurs enfants.

 

Dans un Hadith authentique, le Prophète صلى الله عليه و سلم dit :

« Les plus éprouvés des gens sont les Prophètes, puis les vertueux, et puis ceux de moins en moins ».

Il dit aussi :

 » L’homme est mis à l’épreuve selon la vigueur de sa religion. S’il est fort dans sa religion, son épreuve sera plus dure ». (Mousnad Ahmad)

 

Cependant, toutes ces épreuves ne faisaient qu’accroître la religion d’Ayoub عليه سلام, sa patience, sa gloire et sa gratitude à Allah عز و جل, dans l’attente de Ses récompenses hors de son épreuve. Sa patience était exemplaire.

 

Moujâhid dit que le Prophète Ayoub عليه سلام était tout d’abord affligé par la petite vérole. Combien de temps a-t-il souffert de ses maladies et adversités ? Il y a plus d’une opinion.

Wahb ibn Mounabbih dit qu’il a souffert pendant trois ans exactement. Anas رضي الله عنه dit qu’il a demeuré dans cette situation douloureuse sept ans et quelques mois environ. Il fut jeté sur une colline jusqu’à ce qu’Allah عز و جل le sauva de ses souffrances et lui donna la plus grande récompense pour sa patience.

Houmaid dit : II a souffert dix-huit ans environ. As-Souddi dit que sa chair tombait de son corps, et rien ne resta que ses os et ses muscles. Sa femme apportait des cendres et les mettait sous son corps. Elle lui dit beaucoup de fois:

« Ayoub ! Si tu supplies ton Seigneur, II peut te sauver de cette souffrance. »

Il répondait :

« J’ai vécu soixante-dix ans en étant sain, ne pourrais-je pas supporter celle souffrance pour une même durée ? »

Quand elle fut percée de cette réponse, elle commença à travailler pour gagner un salaire pour manger et nourrir son mari Ayoub عليه سلام.

Les gens arrêtèrent de l’employer pour ne pas être infectés par ses maladies ou mis à la même épreuve. Quand elle n’a trouvé personne pour lui accorder un travail, elle se rendit chez une fille riche et lui vendit une de ses nattes de cheveux pour avoir de la nourriture.

Quand elle revint à Ayoub  عليه سلام avec la nourriture, il l’interrogea d’où elle l’avait obtenue tout en exprimant sa désapprobation. Elle dit : « J’ai fourni mon service aux gens. » Quand il était le jour suivant, et elle ne trouva personne qui pourrait lui accorder un travail, elle lui vendit une autre natte pour avoir de la nourriture et l’apporter à Ayoub. Ayoub refusa d’en manger, et jura de ne pas en manger si elle ne lui dit pas d’où elle avait obtenue la nourriture. Alors, elle enleva son écharpe de sa tête. Quand Ayoub vil sa tête rasée, il fit cette prière :

 

« Le mal m’a touché, mais Toi, Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux. » [ Sourate 21: verset 83 ]

 

Ibn Abi Hâtim rapporta que Abdoullâh ibn Obaid ibn Omair a dit : Ayoub avait deux frères.

Ils se rendirent un jour chez lui, mais ils ne purent pas s’approcher de lui à cause de son odeur répugnante, ainsi ils restèrent loin de lui. L’un d’eux dit à l’autre :

« Si Allah savait du bien en Ayoub, Il ne l’aurait pas mis à cette épreuve. »

Quand Ayoub entendit ceci, il devint plus fâché d’eux que jamais. Il dit : « O Allah ! Si Tu sais que je n’ai jamais passé une nuit en étant rassasié si j’avais su qu’il y avait un seul affamé cette nuit-là, alors approuve-moi. »

Une voix vint du ciel et confirma sa véracité, et ses deux frères l’entendirent. Ensuite Ayoub عليه سلام dit :

 »O Allah ! Si Tu sais que je n’ai jamais porté une chemise si je savais qu’il y avait des gens sans vêtements, alors approuve-moi. » Une voix vint du ciel confirmant sa véracité, et ils l’entendirent. Ayoub dit encore une fois : « O Allah ! Je demande de Ton Honneur », et il se prosterna en disant : « O Allah ! Par Ton Honneur, je ne soulèverai plus ma tête jusqu’à ce que Tu me sauves de ma souffrance », et il souleva sa tête tout en étant en bonne santé.

 

Soulagement de la Souffrance

Ibn Abi Hâlim rapporta que Abdoullâh ibn Abbâs رضي الله عنه a dit : « Allah le vêtit d’un vêtement du Paradis, et il alla de côté et s’assit dans un coin. Sa femme revint et ne put pas le reconnaître. Elle dit : « O serviteur d’Allah ! Où est allé l’homme affligé qui était ici ? J’ai peur que des chiens ou des loups l’aient mangé. » Elle ne cessa de lui parler un bon moment. Ensuite, II lui dit : « Qu’est-ce qui t’arrive, je suis Ayoub ! » Elle dit : « Pourquoi te moques-tu de moi ? » Il dit: « Je suis effectivement Ayoub, Allah عز و جل m’a rendu ma santé »

Ibn Abbâs رضي الله عنه a dit : Allah lui rendit aussi sa richesse et ses enfants, et les a doublés pour lui.

Wahb ibn Mounabbih a dit : Allah عز و جل lui révéla : Je t’ai rendu ta famille et ta richesse en double. Alors, lave-toi de cette eau, en cela est une cure pour toi, et offre un sacrifice de la part de tes compagnons et implore le pardon pour eux, parce qu’ils m’ont désobéi à ton sujet. »

L’imam Ahmad رحمه الله rapporta d’Abi Houraira رضي الله عنه que le Prophète صلى الله عليه و سلم dit;

« Pendant qu’Ayoub se baignait en étant nu, un grand nombre de criquets en or tomba sur lui II commença à les mettre dans ses vêtements. Son Seigneur l’appela : « O Ayoub ! Ne t ‘ai-Je pas donné assez de ce que tu ramasses ? Ayoub dit : Oui mon Seigneur, mais je ne me passe point de Ta Bénédiction.  » (Mousnad Ahmad)

 

 » Frappe la terre de ton pied «  [ Sourate 38 : verset 42 ]

Cela veut dire que tu frappes le sol avec ta jambe. Il fit ce qu’Allah عز و جل avait commandé de faire. Allah fît jaillir une source froide d’eau, et l’ordonna de s’en laver et d’en boire.

Ainsi, Allah عز و جل dégagea sa souffrance, sa peine, les maladies de son corps, et II le fit un homme sain et beau. Allah lui donna aussi un tas de richesse si énorme et si abondante de sorte qu’elle pleuvait dans la forme de criquets en or.

Allah عز و جل lui rendit aussi sa famille.

 » Nous l’exauçâmes, enlevâmes le mal qu’il avait, lui rendîmes les siens et autant qu’eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs «  [ Sourate 21: verset 84 ]

Il est dit qu’Allah عز و جل a ressuscité ses mêmes enfants. Il est aussi avancé qu’Allah lui a donné d’autres enfants au lieu de ceux qui étaient morts, et dans l’Au-delà Allah les rassemblera tous ensemble.

{Par miséricorde de Notre part). Nous avons enlevé sa souffrance et l’avons sauvé de ses douleurs et de l’épreuve de par Notre Pitié et Notre Grâce {et en tant que rappel aux adorateurs}.

La situation critique et l’exemple d’Ayoub عليه سلام sont une leçon pour tous ceux qui sont affligés dans leurs corps, leurs biens, ou leurs familles. On doit suivre l’exemple d’Ayoub, si on est affligé par une adversité quelconque.

Ayoub vécut après sa détresse soixante-dix ans dans le territoire des romains, tout en prêchant la religion d’Allah, mais après sa mort ils ont altéré encore une fois leur religion.

 » Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment. Oui, Nous l’avons trouvé vraiment endurant «  [ Sourate 38 : verset 44 ].

Dans ces Versets, Allah عز و جل parle de Sa Pitié sur Ayoub. Ayoub عليه سلام avait juré qu’il fouetterait sa femme cent fois. Il est dit qu’il a juré de le faire pour motif de sa vente de ses tresses de cheveux. Dans une autre opinion, il est dit que Satan lui vint dans l’apparence d’un médecin el lui prescrit quelques médecines pour Ayoub. Elle informa Ayoub à son sujet, mais Ayoub savait qu’il était Shaytan, ainsi il jura qu’il la fouetterait cent fois.

Quand Allah عز و جل le sauva de ses souffrances, Il lui ordonna de prendre des brindilles, les attacher ensemble, et puis la frapper une seule fois. Ainsi un seul coup monterait à cent, et il aurait honoré son serment. C’était un autre soulagement pour lui, en particulier dans le cas de sa femme qui avait pris soin de lui si patiemment, une femme de piété et de droiture. Qu’Allah عز و جل l’agrée dans Sa miséricorde.

Ibn Jarîr et d’autres historiens ont cité qu’au moment de sa mort, Ayoub  عليه سلام avait quatre-vingt-treize ans. Aussi, il dit qu’il vécut plus que cela.

Il a confié sa mission Prophétique à son fils Haumal, ensuite à son autre fils Bichr que beaucoup de gens considèrent pour être Thoul-Kifl.

 

- Les histoires des Prophètes – Par Ibn Kathir

12 décembre 2014

Le renoncement de ce bas-monde

 

Al-imâm ibn qayyîm al-djawziyyah رحمه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

L’aspiration à l’au-delà [al-Âkhira] ne se réalise que par l’ascétisme [le renoncement de ce bas-monde]. Et une telle rectitude dans l’ascétisme [az-Zuhd] ne se fait voir que de deux véritables manières :


La première :

Est celle de méditer sur le bas-monde [ad-Douniya], sa fin qui prendra terme rapidement, sa futilité cruciale, sa disparition, son imperfection, sa petitesse [par rapport à l'au-delà] et la peine dépensée dans la concurrence de ses intérêts futiles, le désir ardent de ses plaisirs [éphémères] et tout ce qui ressemble à cela, tel que les tourments [dus à ce bas-monde], le trouble [que cette vie cause], au point que celui qui va à la recherche de ce bas-monde, continue dans cette vie à être insatisfait [peiné], à être quand même attristé lors d’un bénéfice [d'un bien matériel ou autre], et à être accablé lors de sa perte ; Voici l’une de ces manières

 

La deuxième :

Est celle de méditer sur l’au-delà [al-Âkhira], la venue définitive de son jour qui sera certaine, sa prolongation qui sera constante, son éternité, la grâce de son bien et de sa joie, et de tout ce qu’il y a de différent de ce bas-monde.   

Et cela est tel que ce qu’Allah عز و جل a dit :

« Alors que l’au-delà est meilleur et plus durable » Sourate al-A’la, v-18

Alors que ce bas-monde a des illusions imparfaites, diminuées et dégradantes. Ainsi, si la personne adopte avec conviction ces deux sortes de méditation, elle se doit de préférer ce que son esprit préfère, et renoncer à tout ce à quoi il est indispensable de renoncer

 [...] Car quiconque désire la vie présente, en la convoitant et en la préférant à celle de l’au-delà, ne croit pas [en réalité] que ce qui existe dans l’au-delà [al-Âkhira] est plus digne, meilleur et plus durable [que ce bas-monde].  

Donc, la personne qui ne croit pas à une telle vérité est certainement considérée comme une personne sans foi, et comme ayant un esprit perverti, et qui n’a pas pu choisir ce qui était meilleur. (…)

C’est pourquoi la préférence de ce bas-monde [ad-Douniya] à celui de l’au-delà, est due soit à la perversion de sa foi [Imân], soit à la perversion de sa raison ['Aql]. Et nombreux sont les effets néfastes de ces deux genres de perversion.  

Ces conséquences, sont les raisons pour lesquelles le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم  et ses Compagnons [as-Sahâbah] ont effacé de leurs cœurs ce bas-monde en le repoussant, en le délaissant, le négligeant, considérant ce bas-monde comme une prison et non pas comme un paradis.  

De fait, ce renoncement [az-Zuhd] est un véritable ascétisme [az-Zuhd].  

De même, si le Prophète صلى الله عليه و سلم avait préféré ce bas-monde, il aurait pu obtenir tout ce qu’il aimait [de ce bas-monde] , ainsi que tout ce qu’il désirait, il aurait pu l’avoir. Car les clés [Miftah] de ce bas-monde lui avaient été offertes, mais il les a refusés. Il en est ainsi de ses Compagnons qui, comblés [de ce bas-monde], l’ont délaissé à la préférence des bénéfices de celui de l’au-delà. [...]

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit : « Je ne trouve aucun intérêt à ce bas-monde. Certes, j’y suis tel un cavalier qui après avoir terminé sa sieste à l’ombre d’un arbre, repart en délaissant ce dernier. »
Rapporté par at-Tirmidhî, Ahmad, al-Hâkim et Ibn Mâdja – Hadîth Sahîh

Et le Prophète صلى الله عليه و سلم dit également : « Ce bas-monde n’est, en comparaison à celui de l’au-delà, que comme est le doigt de l’un d’entre vous qu’il introduit dans la mer. »
Rapporté par Muslim, at-Tirmidhî et Ibn Mâdja

Et Allah عز و جل Créateur des deux mondes a dit :

{ La vie présente est comparable à une eau que Nous faisons descendre du ciel et qui se mélange à la végétation de la terre dont se nourrissent les hommes et les bêtes.

 

Puis, lorsque la terre prend sa parure et s’embellit, et que ses habitants pensent qu’elle est à leur entière disposition, Notre Ordre lui vient, de nuit ou de jour, c’est alors que Nous la rendrons toute moissonnée, comme si elle n’avait pas été florissante la veille.

 

 Ainsi exposons-Nous les preuves pour des gens qui réfléchissent. Allah appelle à la demeure de la paix et guide qui Il veut vers un droit chemin. } Coran, 10/24-25

Telle est l’information [al-Akhbar] sur la bassesse de ce bas-monde [ad-Douniya] afin de s’en éloigner, et l’information sur « Dâr as-Salâm » [la maison de la paix], en appelant à y entrer.

Et Allâh عز و جل dit :

{ Et propose-leur l’exemple de la vie ici-bas. Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel ; la végétation de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de l’herbe desséchée que les vents dispersent.

 

 Allah est certes Puissant en toutes choses ! Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes oeuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance. }  Coran, 18/45-46


Et Allâh عز و جل
 dit :

{ Sachez que la vie présente n’est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l’orgueil entre vous et une rivalité dans l’acquisition des richesses et des enfants.

 

 Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie ; ensuite elle devient des débris. Et dans l’au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d’Allâh. Et la vie présente n’est que jouissance trompeuse. }  Coran, 57/20

Et Allâh عز و جل dit :

{ On a enjolivé aux gens l’amour des choses qu’ils désirent : femmes, enfants, trésors thésaurisés d’or et d’argent, chevaux marqués, bétail et champs ; tout cela est l’objet de jouissance pour la vie présente, alors que c’est près d’Allah qu’il y a bon retour.

 

 Dis : « Puis-je vous apprendre quelque chose de meilleur que tout cela ? Pour les pieux, il y a, auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement, et aussi, des épouses purifiées, et l’agrément d’Allah. » Et Allah est Clairvoyant sur (Ses) serviteurs. [...] }  Coran, 3/14-15

 

Kitâb al-Fawâ-id d’Ibn al-Qayyîm رحمه الله , p.120-122

12 décembre 2014

Lequel des deux a le pire châtiment, le pécheur ou l’innovateur ?

 

 بسم الله الرحمن الرحيم

 

Réponse de Cheykh al Fawzân :

 

«  L’innovateur est le pire des deux ; du fait que l’innovation est pire que la désobéissance.

 

Shaytân en effet, préfère l’innovation à la désobéissance parce que celui qui désobéit se repent alors que l’innovateur ne se repent que dans peu de cas, cela parce qu’il suppose être sur la vérité à l’opposé du pécheur qui sait qu’il désobéit et commet un péché.

 

L’innovateur par contre voit qu’il obéit et croit qu’il se situe dans l’obéissance, c’est pour cette raison que l’innovation demeure, qu’Allah nous en préserve. C’est en vertu de cela qu’elle est pire que le simple péché et c’est pour cela que les salafs (les anciens) mettaient en garde contre le fait de s’asseoir avec les innovateurs ; parce qu’ils ont un impact sur celui qui s’assoit avec eux et parce qu’ils représentent un énorme danger.

 

Il n’y a aucun doute dans le fait que l’innovation est pire que le simple péché et qu’elle est pour les hommes plus dangereuse que le péché, c’est pour cela ( et c’est dans ce sens) que les salafou salîh ont dit : la modération sur la sounnah est meilleure que l’effort dans l’innovation.

12 décembre 2014

Les 12 prières surérogatoires

 

   بسم الله الرحمن الرحيم

 

sheykh el fawzan حفظه الله a dit:

 

les sunan rawatib sont de 12 raka’at:

 

2 avant dhor, et selon la majorité des ‘ulama 4 (dans son recueil de khoutoub, il précise que la parole la plus juste est: 4 avant dhohr; 4/187)

2 après dhohr

- 2 après el maghrib

2 après el ‘icha

2 avant el fadjr après el adhan

 

d’ Après oum el mou-minin ‘a-ichah رضي الله عنها, le messager d’Allah صلى الله عليه و سلم priait 4 raka’at avant dhohr chez moi, ensuite, il sortait priait devant les gens (cad a la mosquée), puis il revenait chez moi et priait 2 rak’at.
muslim:1696; el boukhary l’ a rapporté d’ une autre version: Il ne délaissait jamais 4 rak’at avant dhohr …1182

 

Oum habiba رضي الله عنها a dit: J’ ai entendu le messager d’Allah صلى الله عليه و سلم dire: Il n’ y a pas un muslim qui prie pour Allah 12 rak’at surérogatoires autre que les obligatoires, sans qu’ Allah ne lui construise une maison au paradis (ou: sans qu’ on ne lui construit une maison au paradis)
muslim:728, et cette version est la sienne; abou dawoud: 1250, tirmidhy avec une ziyadah 415: 4 avant dhohr, 2 après 2 après el maghrib, 2 après el icha. authentifiée par el albany

 

Voir: el mawarid 614 et le sahiha: 2347

 

12 décembre 2014

Devancer l’Imam dans la prière

 

بسم الله الرحمن الرحيم

Cheikh ibn Al ‘Outhaymin رحمه الله

 

Le devancement de l’Imam est haram [Interdit], car le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit :

« Ne craint-il pas, celui qui lève la tête avant l’Imam, qu’Allah change sa tête en tête d’âne, ou qu’Il change sa physionomie [corps] en physionomie d’âne. »

[Al Boukhary Chap. Adhan (691) : Mouslim Chap. Prière (427)]

Ce hadith est une mise en garde contre celui qui devance l’Imam, et la mise en garde vient quand on délaisse le haram ou le wajib [Obligatoire].

De même, il a été authentifié que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit :

« L’Imam a été instauré pour être suivi, ensuite quand il fait le takbir [dire Allahu Akbar], faite vous aussi, mais ne faite pas avant qu’il le fasse. Et quand il tombe en ruku’ [se met en position de génuflexion] tombez aussi, mais ne tombez pas avant qu’il tombe. »

[Al Boukhary Chap. Raccourcissement de La Prière (1114)]

 

L’attitude de la Jam’a [le groupe de prieurs derrière l'Imam] vis-à-vis de l’Imam peut-être de quatre sortes durant la prière :

  Devancement

  Synchronisation

  Suivi

  Retardement

 

Le Devancement est quand la Jam’a commence un geste avant l’Imam, ceci est haram. Tel que si le devancement a lieu pour Takbirat-el-Ihram [Le premier Takbir - L'Entrée en prière], on ne considère pas que cette personne a commencé la prière, il a l’obligation de recommencer cette prière.

 

La Synchronisation est le fait de faire les mouvements en même temps que l’Imam, tomber en ruku’ au même moment que lui, tomber en soujoud quand lui le fait, se relever quand lui se relève. La signification des arguments [Hadith] nous explique que cela est aussi interdit car il dit « ne tombez pas en ruku’ avant qu’il tombe » mais certains pense que cela est Makrouh [Détestable] et non haram, à part Takbirat-el-Ihram, si il fait Takbirat-el-Ihram en même temps que l’Imam, on ne considère pas qu’il a accompli la prière et il doit la refaire.

 

Le Suivi est le fait de faire les gestes après l’Imam sans prendre de retard. Ceci est ce qui et recherché [dans la prière]

 

Le Retardement est le fait de retarder les mouvements de la prière de telle sorte qu’on considère qu’il n’est plus entrain de suivre l’Imam. Ceci va à l’encontre de se que l’on recherche [dans la prière].

 

Wa Allahu ‘Alam

Fatawa Arkan al islam wa-l iman

1 décembre 2014

Les enfants touchent au saint coran

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Questions :

 

Est-ce que les enfants doivent faire les ablutions (Wudu’) avant de toucher au Saint Coran?

 

Réponse :

 

Leurs parents doivent les ordonner de le faire, ainsi que leur instituteur, s’ils sont âgés de sept ans ou plus. Car, conformément aux preuves fournies par la Charia, on doit se purifier avant de toucher au Saint Coran. Quant aux enfants qui ont moins de sept ans, ils ne doivent pas toucher au Saint Coran, même s’ils font les ablutions, car ils n’ont pas encore atteint l’âge de la distinction (entre le vrai et le faux).

 

Source de Fatwa : Fatawa l’éminent Cheikh Abdul Aziz Ibn Abdul Allah Ibn Baz رحمه الله

12 décembre 2014

Comment les Coeurs ne tombent-ils pas amoureux…

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Ibn Qayyîm al-Djawziyyah رحمه الله a dit : 


« Comment les Coeurs ne tombent-ils pas amoureux de Celui qui est Seul, qui accorde les bienfaits et efface les méfaits, répond aux invocations, pardonne les péchés, dissimule les parties naturelles ['Awra], et apaise l’affligé ?

 

Il est véritablement Celui qui mérite l’invocation, Celui qui mérité véritablement qu’on lui rende grâce, qu’on l’adore, qu’on lui demande protection. Il est satisfait de celui qui se tourne vers Lui et se repent, Il est le Roi [al-Malik] qui n’a pas d’associé et qui n’a point d’égal.

 

Il est le plus juste, il découvre tous les secrets. Pour Lui, l’invisible est visible, les figures sont soumises à la lumière, toutes les preuves démontrent qu’Allah n’a pas de pareil, qu’Il est sans égal, la nuit devient jour par l’illumination de Sa Face, la terre s’est éclairée à l’aide de sa clarté. Ni somnolence ni sommeil ne l’atteignent, Son voile est la clarté, et s’il [son voile] devait à se lever, il brûlerait tous ceux qu’ils le verraient. »

 

Kitâb al-Dâ’a wal-Dawâ’, p.384

12 décembre 2014

Comment le malade accomplit la prière ?

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

* Il incombe au malade d’accomplir la prière obligatoire debout, même incliné, ou appuyé contre un mur ou à l’aide d’un bâton.


* S’il est incapable de prier debout, il prie assis et de préférence les jambes croisées.


* S’il est incapable de prier assis, il prie sur le côté, dirigé vers la Qibla, le flanc droit étant favorisé.


* S’il est incapable de prier sur le côté, il prie allongé, les jambes dirigées vers la Qibla. Il est préférable de lever légèrement la tête pour se diriger vers la Qibla. S’il en est incapable, il prie dans son état sans devoir refaire la prière.


* S’il est incapable de faire l’inclinaison et la prosternation, il se contente d’hocher la tête en hochant la tête plus bas pour la prosternation que pour l’inclinaison. S’il est incapable de l’un mais pas de l’autre, il en accomplit un et hoche la tête pour l’autre.


* S’il est incapable d’hocher la tête, il dirige ses yeux en les fermant légèrement pour l’inclinaison et de manière plus accentuée pour la prosternation.


* S’il est incapable de tout cela, il priera avec son coeur. Il proclame le takbir, récite le coran et pour tout le reste, il le fait avec le coeur.


* Il incombe au malade de faire chaque prière à son heure.  Si c’est trop dur pour lui, il regroupe Dhor et la Asr et Maghreb avec l’Icha. Quand à la calat de Fajr, elle ne se regroupe pas.


* Il n’est pas permis de délaisser une prière obligatoire de sorte que son heure passe, même si l’on est malade, tant que l’on dispose de toute sa raison.

 

Extrait de : La purification et la prière du malade De Sheykhs ibn Baz et ibn El-Otheymine رحمه الله

1 décembre 2014

Boire l’eau qui reste des ablutions

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

C’est une Sounnah peu connue du commun des musulmans faisant partie des nombreuses Sounnanes que l’éminent Savant et notre Cheikh bien aimé Mouqbil Ibn Hâdî Al-Wâdi’i رحمه الله a fait revivre.

Cette Sounnah est donc délaissée et oublié et il incombe aux musulmans de la pratiquer et de la diffuser parmi les gens et encore plus lorsqu’on sait qu’une parole contraire à la pratique du Prophète صلى الله عليه و سلم est répandue disant que le fait de boire l’eau qui reste des ablutions a pour résultats des pertes de mémoire. Il n’y a aucune preuve sur cette parole mais de plus les preuves sont contraires à cette parole:

Il a été rapporté de Al-Housayn le fils de Alî رضي الله عنه qu’il a dit:

 

« Mon père m’a demandé de venir avec l’eau des ablutions (Al-Wadou à ne pas confondre avec les ablutions elle-même Al-Woudou) et il a rapporté qu’à la fin des ablutions qu’il a faite en faisant chaque mouvement trois fois qu’il (Alî) s’est levé en disant « donne moi le récipient qui contient le reste de l’eau des ablutions » et il but de cette eau debout. Al-Housayn dit: Je fus étonné! Il me dit alors  » Ne sois pas étonné car j’ai vu ton Père (car c’est son Grand-Père) le Messager D’Allah صلى الله عليه و سلم faire comme tu m’as vu faire »: Il a demandé de l’eau pour ses ablutions et en a bu le reste debout. » »

 

Ce Hadith est rapporté par An-Nasai et authentifié par Cheikh Mouqbil رحمه الله dans son : Al-Jâmi‘ As-Sahih : Chapitre de boire le reste de l’eau des ablutions (1/515)

12 décembre 2014

L’obligation de la prière du vendredi

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

La prière du vendredi est une obligation pour tout musulman libre, saint d’esprit, pubère, résident, capable de se rendre (à la mosquée), exempt de toutes les excuses valables. Ceux pour qui elle n’est pas imposée sont :

=> La femme et le petit enfant et ceci fait l’unanimité des savants.

=> Le malade qui n’est pas capable d’aller à la mosquée ou qui craint que sa maladie s’intensifie ou que sa guérison se ralentie ou s’attarde. Il en est de même pour celui qui prend soin du malade, si le malade ne peut se passer de lui

=> Le voyageur, s’il est à l’arrêt au moment de la prière. La plupart des savants pensent qu’il n’est pas obligé de s’y rendre car le Prophète صلى الله عليه و سلم n’accomplissait pas la prière du vendredi durant ses voyages.

Extrait du livre : Les règles du vendredi De Sheykh El-Albani رحمه الله

 

12 décembre 2014

La sagesse d’Allah dans l’existence des péchés et de la mécréance

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

On demanda à Shaykh al-Uthaymîn رحمه الله :

 

Où se trouve la sagesse dans l’existence de la désobéissance et de la mécréance?

 

Il a répondu :

Il y a dans cela beaucoup de sagesses [hikam] parmi lesquelles :

 

1- L’accomplissement de la parole d’Allah عز و جلpuisqu’il a promis de remplir l’Enfer :

« Ils ne cessent d’être en désaccord (entre eux,) sauf ceux à qui ton Seigneur a accordé miséricorde. C’est pour cela qu’Il les a créés. Et la parole de ton Seigneur s’accomplit: « Très certainement, Je remplirai l’Enfer de djinns et d’hommes, tous ensemble ». » {Hûd : 118-119}

 

2- La division des hommes en deux catégories : obéissants et désobéissants. Cette répartition montre la sagesse d’Allah. Ainsi, l’obéissance a son propre groupe et la désobéissance le sien. Allah عز و جلa dit :

« Allah sait mieux où placer Son message.» {Al-An’âm : 124}

Et Il a dit :

«Quant à ceux qui se mirent sur la bonne voie, Il les guida encore plus et leur inspira leur piété. » {Muhammad : 17}

Et ceux-là constituent le groupe de l’obéissance [Ahl ut-Tâ'ah]

 

Et Il a dit :

«Mais quant à ceux dont les cœurs sont malades, elle ajoute une souillure à leur souillure, et ils meurent dans la mécréance. » {At-Tawbah : 125}

Et :

«Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs, car Allah ne guide pas les gens pervers.» {As-Saff : 5}

Ceux-là constituent le groupe de la désobéissance.

 

Il a également dit :

Cette division nous montre la puissance d’Allah qui détient a Lui Seul la capacité de faire cela, comme Il a dit :

«Ce n’est pas à toi de les guider (vers la bonne voie), mais c’est Allah qui guide qui Il veut. » {Al-Baqarah : 272}

Et :

« Tu (Muhammad) ne diriges pas celui que tu aimes: mais c’est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés.» {Al-Qasas : 56}

 

3- En observant la transgression des désobéissants, l’obéissant voit clairement la grâce d’Allah qui l’a soumis à son obéissance.

«Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident. » {Âl-‘Imrân : 164}

 

4- Le recours du serviteur envers Allah est de l’invoquer afin qu’il le préserve de l’égarement. L’invocation est une adoration d’Allah.

 

5- Il y a aussi le fait que si le serviteur commet un péché et qu’il se repent, il se rapproche d’Allah et son coeur se radoucit. Et il se peut qu’après le repentir il soit dans un état meilleur qu’avant la désobéissance puisque la vanité et la prétention se dissipent, il se verra alors sentir en lui le besoin de se rapprocher encore plus d’Allah

 

6- [...] (combattre l’ennemi), l’incitation à la bienfaisance et l’interdiction des actes répréhensibles sont aussi des raisons de la sagesse d’Allah puisque ces derniers n’existeraient pas s’il n’y avaient pas de désobéissance ni de mécréance.

 

… Ainsi que d’autres sagesses et bienfaits nombreux…

 

Source : Majmu’ Fatâwa wa Rasâ-il al-Shaykh Muhammad Ibn Sâlih al-‘Uthaymîn رحمه الله (Vol.2 – Partie ‘Aqîdah – Chapitre du Destin et de la Prédestination)

12 décembre 2014

Lire le Coran ou écouter une cassette ?

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

Question : 

Qu’est-ce qui est préférable : la lecture du Quran ou écouter un récitateur sur une cassette ?

 

Réponse :  

Le mieux est qu’il fasse ce qui engendrera le plus de bienfaits et d’effets sur son cœur, que ce soit par la lecture ou l’écoute [de cassettes]. En effet, l’objectif recherché par la lecture est la méditation, la compréhension des sens et la mise en pratique de ce qui indiqué par le Livre d’Allah, comme Sa parole عز و جل:


« (Voici) un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence réfléchissent! » 
(S.38-V.29)


Et :


{Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit
} (S.17-V.9)

 


{Dis: « Pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison »}
 (S.41-V.44)

 

 

Source : Majmu’ Fatâwa Ibn Bâz رحمه الله 4/327

12 décembre 2014

Le mérite de l’apprentissage du Coran

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question : 

J’apprends de nombreux versets du Coran, mais après un certain temps je les oublie. De même lorsque je récite, je ne sais pas si ma lecture est correcte, ensuite je m’aperçois que je faisais des erreurs. Pourriez-vous me conseiller ?

 

Réponse :

Tu dois faire des efforts pour apprendre ce que tu peux du Livre d’Allah et réciter devant des frères pieux que ce soit dans les écoles, les mosquées ou à la maison, et tu dois y être attentif afin qu’ils corrigent ta récitation, d’après la parole du Prophète صلى الله عليه و سلم : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. » (Al-Bukhârî) Les meilleurs des gens sont donc les gens du Coran qui l’ont appris, enseigné aux gens et mis en pratique.

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit à ses Compagnons : « « Qui d’entre vous aimerait se lever tous les jours au bord d’une rivière ou d’une vallée avec deux chamelles pleines, sans commettre aucun péché ni rompre de liens de parenté. » Les gens dirent : « Ô Messager d’Allah, nous aimerions cela. » Il dit : « Venir de bon matin à la mosquée pour enseigner ou réciter deux versets du Coran est meilleur que deux chamelles, trois versets sont meilleurs que trois chamelles, et quatre versets sont meilleurs que leur équivalent en nombre de chameaux. » (Muslim)

Cela nous montre le mérite qu’il y a à apprendre le Coran, il te faut donc apprendre le Coran avec les frères connus pour leur maîtrise de la lecture du Coran, afin que tu profites d’eux et récite correctement.

Quant au fait que tu oublies, tu ne commets aucun péché en cela, car tout homme oublie, comme le Prophète صلى الله عليه و سلم l’a dit : « Je suis un homme comme vous, j’oublie tout comme vous oubliez. » (Al-Bukhârî et Muslim) Et un jour, il a entendu quelqu’un réciter et a dit : « Qu’Allah lui fasse miséricorde, il m’a rappelé un verset que j’avais oublié dans telle sourate. » (Al-Bukhârî et Muslim)

L’homme peut oublier certains versets puis s’en souvenir, ou quelqu’un peut les lui rappeler. Et il est meilleur qu’il dise : « on me les a fait oublier », d’après ce qui est rapporté du Prophète صلى الله عليه و سلم : « Qu’aucun d’entre vous ne dise j’ai oublié tel et tel verset, on lui a plutôt fait oublier. » (Muslim) C’est-à-dire que c’est le diable qui lui a fait oublier.

Quant au hadith : « Il n’y a pas un homme qui apprend le Coran puis l’oublie sans qu’il ne rencontre Allah, au Jour de la Résurrection, mutilé. », c’est un hadith dhaîf (faible) qui n’est pas confirmé du Prophète صلى الله عليه و سلم.

Et l’homme ne choisit pas d’oublier, et il ne peut en être préservé. Mais ce que tu dois faire c’est apprendre ce que tu peux du Livre d’Allah, le réviser et le lire devant quelqu’un qui maîtrise la récitation afin qu’il te corrige. Qu’Allah t’accorde le succès et facilite ton entreprise.

Source : Majmûc Fatâwâ Ibn Bâz رحمه الله (1/368).

12 décembre 2014

La sagesse d’Allah dans les épreuves

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Question :

 

Nous connaissons la sagesse qu’il y a dans le fait qu’un musulman soit touché par un malheur, cela peut être un examen ou une épreuve, ou encore une punition pour ce qu’il a commis comme erreur. Ici la question est de savoir quelle est la sagesse dans le fait qu’un malheur atteigne le mécréant ? Et quelle est la sagesse qu’un malheur touche un petit enfant ? Ainsi cela survient à certains enfants et pas à d’autres ? Et que dire sur les malheurs (maladie, blessure, etc.) qui touchent certains animaux ou les oiseaux.

 

Réponse :

 

La Sagesse d’Allah عز و جل dans Sa création ne peut être entourée d’une généralité. Il y a des raisons que l’on peut atteindre, d’autres que l’on ne peut atteindre. Mais on coupe court [à la réflexion], et l’on croit au fait qu’Allah عز و جل ne fait une chose qu’en vertu d’une Sagesse, car Il عز و جل est exempté de faire une chose sans raison.

 

Et les malheurs qui atteignent le mécréant sont des châtiments qui résultent de leur mécréance et leur désobéissance, Allah عز و جل a dit :

{Nous leur ferons certainement goûter au châtiment ici-bas, avant le grand châtiment afin qu’ils retournent (vers le droit chemin)} (s32 v21)

Et Il عز و جل a dit :

 

{Les injustes auront un châtiment préalable. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas} (s52 v47)

 

Quant à ce qui touche l’enfant, cela peut être une punition ou une épreuve pour son père, afin qu’il manifeste sa patience et son espérance en la récompense et d’autres raisons encore que celles-ci.

Et de même ce qui touche les animaux est un châtiment ou une épreuve pour leurs propriétaires, Allah عز و جل a dit (traduction relative et approchée):

{Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, [156] qui disent, quand un malheur les atteint : « Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons} (s2 v155/156)

 

Source: fatawas al Fawzan حفظه الله (2/104)

12 décembre 2014

Al Hafidh, un des Beaux Noms d’Allah

 

Shaykh Abdur Rahmaan ibn Naasir As-Sa`di رحمه الله

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

Un autre des Beaux Noms d’Allah est le Tout Attentif , Le Tout Protecteur (Al Hafidh). Ceci englobe deux choses :

 

Premièrement Il est Attentif à tous les actes que les êtres humains accomplissent par Sa Sagesse, en enregistrant et en ordonnant à Ses nobles enregistreurs d’enregistrer tout ce que les êtres humains font.

Deuxièmement, Il protège Ses serviteurs de toute sorte de souffrance et de mal. Plus particulièrement que Sa protection spéciale est pour ces serviteurs qui gardent et décrètent ce qu’Il a ordonné, et se protègent eux-mêmes pour Lui en secret en préservant leur foi de n’importe quel défaut ou erreur. Il les protège et les préserve de n’importe quel faute ou erreur. Il protège pour eux leur religion et vie terrestre.

Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit :

« Gardez (les commandements) d’Allah et Il vous gardera et vous protégera. »
(Rapporté par Ahmad, At-Tirmidhi, al-Haakim. Al-Albaani l’a declaré Sahih dans Sahih al-Jami` as-Sagheer n°7957 )

 

C’est à dire, protège Ses Commandements en les accomplissant, protège Ses Interdictions en évitant ce qu’Il a interdit, protège les limites qu’Il a fixé en ne les outrepassant pas, ensuite Allah vous protègera et vous préservera dans votre religion et vos affaires de ce monde.

 

Taudeeh al-Kaafiyah ash-Shaafiyah
cite dans « Le délice de la Foi » par Abdullah al-Jarullah

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